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L’organisation Survival a publié des images aériennes bouleversantes d’une communauté indigène contemporaine isolée évoluant au cœur de la forêt amazonienne qui pourrait réunir une centaine d’habitants.
La communauté a été localisée sur le territoire indigène Yanomami (au nord du Brésil), près de la frontière avec le Venezuela. 22 000 Yanomami vivent du côté brésilien de la frontière, et au moins trois groupes n’ont aucun contact avec le monde extérieur. Ils sont extrêmement vulnérables à la propagation de maladies véhiculées par des étrangers.

L’ONG, qui depuis 1969 défend les droits des peuples autochtones dans le monde entier, a déclaré dans un communiqué que la présence de mineurs pourrait constituer une menace fatale pour ces natifs, ils pourraient périr entre autres du paludisme, une maladie contre laquelle les Yanomami sont très vulnérables.

Sur certaines images aériennes diffusées par Survival vous pouvez voir un groupe d’Indiens dans un village Yanomami au milieu de la forêt en train d’observer l’avion qui les survole.
La présence d’un millier de mineurs illégaux d’or sur le territoire ancestral des Yanomami est une épée de Damoclès qui pèse sur cette communauté fragile, les travailleurs illégaux n’hésitant pas à utiliser du mercure qui contamine les cours d’eau et impacte fortement les ressources en poissons, principale source alimentaire de la communauté.

Plus tôt cette année, une enquête a indiqué que 90 % des Indiens d’Amazonie au Brésil souffrait d’un empoisonnement au mercure en raison des activités minières réalisées au milieu de cet espace naturel exploité avec déraison.

En septembre dernier, les natifs ont pu être enfin localisés près de la frontière avec le Venezuela, un moment chargé en émotion pour l’équipe en charge de leur surveillance. « Ce sont de bonnes nouvelles parce que nous avons pu voir qu’ils vont bien », a expliqué à la BBC, Sarah Shenker de Survival International.
« Si le contact des mineurs avec les Yanomami a lieu, ce serait une catastrophe », a souligné la militante précisant « Et cette communauté se trouve seulement à quelques dizaines de kilomètres de l’exploitation minière clandestine ».
Les photographies ont été prises à bord d’un avion du gouvernement brésilien qui recherchait des mineurs illégaux, la structure habitable que l’on voit sur le cliché s’appelle « Yano », chaque section du Yano accueille une famille différente et offre un espace pour accrocher les hamacs, mais aussi stocker et préparer de la nourriture. On croit qu’un total d’environ 100 personnes vivent dans la structure.

Ce territoire est officiellement protégé depuis 1992, et est censé être un foyer sûr au cœur du poumon vert  où de nombreuses tribus, dont au moins trois restent isolés du monde, évoluent, selon Survival International.
Selon le directeur de Survival International, Stephen Corry , »ces images extraordinaires prouvent l’existence de tribus isolées inconnues. Ils ne sont pas sauvages, ce sont des sociétés complexes et contemporaines dont les droits doivent être respectés […] Toute tribu isolée s’expose à la catastrophe si son territoire n’est pas protégé. Nous faisons tout notre possible pour sécuriser leurs terres et leur donner la chance de déterminer leur propre futur… leurs droits doivent être respectés ».

Les Indiens Yanomami représentent une population d’environ 32 000 personnes qui évoluent dans les forêts tropicales et montagneuses du sud du Venezuela et du nord du Brésil. Selon certaines sources, le nombre des orpailleurs qui travaillent illégalement sur leur territoire ne cesse d’augmenter.

L’exploitation illégale de l’or dans cette région, tout spécialement du côté brésilien, introduit parmi les membres de la tribu des maladies qui depuis 1980 ont causé la mort de 20 % de la population. Il est donc temps pour les gouvernements concernés de mettre en oeuvre des politiques efficaces pour protéger les derniers Hommes libres vivant en parfaite autarcie et autonomie sur Terre, ainsi que leur habitat naturel indispensable à leur survie et à leur pérennité.