venezuela12122016

Le chef de cabinet des ministres argentin, Marcos Peña, a exprimé sa profonde inquiétude concernant la situation politique au Venezuela et a nié que le pays dirigé par N.Maduro se montre disposé à reprendre le dialogue avec le Mercosur (une communauté économique qui regroupe plusieurs pays de l’Amérique du Sud) pour annuler sa suspension du bloc sud-américain.

Lors d’une rencontre avec la presse internationale qui a eu lieu à la Casa Rosada, siège de l’exécutif de l’Argentine, Marcos Peña a également souligné l’importance du dialogue pour le gouvernement de Nicolas Maduro pour gérer les dissensions internes avec l’opposition vénézuélienne, mais aussi avec les membres du Mercosur.

Le 2 décembre, l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay et le Paraguay ont informé le Venezuela qu’il cessait d’exercer ses « droits inhérents » en tant que membre du bloc régional, après avoir « échoué » à ses obligations en vertu du Protocole d’accession. Marcos Peña a rappelé que le Venezuela fait face à des « questions humanitaires et sociales », comme le manque de libertés et d’abus institutionnels.

Les neuf pays se sont engagés à ce que le Venezuela « trouve le chemin de la compréhension assurant une stabilité pour l’avenir », la suspension est spécifique, un délai de trois mois avait été accordé par le Mercosur afin qu’il incorpore dans la législation des dispositions commerciales et politiques exigées par les membres du bloc politique, y compris le respect des droits de l’homme.

Le Mercosur avait accordé un délai de trois mois (qui a pris fin le 1er décembre) dont l’échéance était l’adoption par le Venezuela de 112 résolutions du bloc et près de 300 paramètres nécessaires à sa pleine adhésion.

Le Venezuela, qui a rejoint le bloc en 2012 a fait savoir que certains des engagements d’adhésion étaient en contradiction avec la législation nationale et a qualifié sa suspension du Mercosur de « coup d’État ».

Bien que les membres du Mercosur n’aient pas établi un lien de cause à effet entre les sanctions prises et la profonde crise interne qui secoue le pays sud-américain depuis de nombreux mois, cela représente une forme de désapprobation de la part de l’organisme international dans un cadre de tensions politiques et d’une sérieuse crise économique exacerbée par la baisse des prix du pétrole.

Le leader socialiste a fait face cette année à une offensive de l’opposition et à des manifestations musclées de la part de la population visant à l’éviction du successeur d’Hugo Chavez  par le biais d’un référendum de destitution (dont le processus a été suspendu en octobre), ou encore par l’organisation anticipée d’élections présidentielles.

Les tensions entre le gouvernement et les partenaires Maduro ont augmenté depuis l’arrivée au pouvoir des gouvernements de centre libéral en Argentine, où Mauricio Macri a remporté les élections à la fin 2015 et au Brésil, où Michel Temer a pris ses fonctions en mai après l’éviction de la présidente de gauche Dilma Rousseff.

Le chef de l’État bolivien, Evo Morales, a regretté la décision du Mercosur et a déclaré que le bloc régional ne doit pas agir contre l’intégration de l’Amérique latine comme il le fait :

« Le Mercosur est une institution d’intégration économique, d’unité et de prospérité, et pas celle de l’exclusion politique comme l’OEA. Notre région plus que jamais exige l’inclusion de nos peuples pour devenir un bloc de référence dans le monde », a-t-il tweeté.

De son côté le ministre des Affaires étrangères du Paraguay, Eladio Loizaga, a dit qu’il n’y avait pas de crise au sein du Mercosur pour répondre à son homologue du Venezuela, Delcy Rodríguez, sur la cessation des droits inhérents à la pleine adhésion de ce pays.

« Nous ne voyons pas de crise dans le Mercosur », a déclaré le ministre des Affaires étrangères. « En ce qui concerne la cessation des droits du Venezuela, pour violation de la constitution interne de l’acquis juridique du bloc » une décision « en conformité avec les règlements du bloc, conformément à la décision n ° 28 de 2005, qui établit les conditions et les termes spécifiques à suivre par les États qui souhaitent adhérer au traité d’Asunción ».

Le gouvernement vénézuélien est en proie à une profonde crise économique et sociale, les autorités justifient les difficultés que traverse le pays en invoquant une «guerre économique» menée par secteur des entreprises et les pays étrangers pour renverser l’actuel dirigeant.

C’est dans ce contexte que le président vénézuélien, Nicolas Maduro, a signé dimanche un décret d’urgence économique ordonnant le retrait de la circulation du billet le plus fort du pays dans les 72 heures, le but selon lui est de « priver les mafias » qui stockent des millions d’exemplaires en Colombie.

Le président a déclaré que les banques canadiennes étaient « complices » de ce complot qui vise à « déstabiliser » l’économie du pays, le retrait des billets de 100 bolivars qui peuvent être déposés dans des banques publiques pendant 72 heures et pendant 10 jours supplémentaires dans la banque centrale a déclenché un vent de panique sur les réseaux sociaux, le pays s’enlise dans une grave crise économique marquée par un manque de liquidités et une forte inflation. Le bolivar a connu au cours des trois derniers mois une dévaluation de 75 % par rapport au dollar.
Cette mesure restera en vigueur jusqu’à ce que soient mis en circulation les six nouveaux billets, calculés sur la base des plus grosses coupures actuelles, soit de 100 bolivars, dont la valeur pourra être jusqu’à 200 fois plus élevée pour atteindre 20 000 bolivars.

Le président a dit qu’il a pris cette décision après que les autorités vénézuéliennes aient mis fin à une longue enquête qui a révélé des milliards de bolivars « détenus par les mafias internationales dirigées depuis la Colombie ».

Le manque de liquidités complique la vie des Vénézuéliens confrontés à de sérieuses restrictions et pénuries, le billet de 100 bolivars permet juste d’acheter des bonbons ! La Banque centrale vénézuélienne n’a pas donné les chiffres de l’inflation 2016, mais le FMI l’estime à 475  % à la fin de cette année.