continent13122016

Alors que les questions environnementales sont au cœur de toutes les préoccupations avec des actions et surtout des bénéfices encore limités pour combattre le réchauffement climatique et protéger les espaces naturelles, Walter Garcia, ministre de l’Environnement équatorien, a annoncé une bonne nouvelle relative à la conservation des forêts sur le territoire et à la lutte contre la déforestation.

Au cours de la Conférence sur la diversité biologique (COP13), qui se tient à Cancún (Mexique) jusqu’au 17 décembre, le Secrétaire d’État a déclaré qu’à l’heure actuelle 51 % de la superficie totale de l’Équateur est recouverte par des forêts tropicales. Garcia a rappelé qu’un tiers du territoire national, en vertu de la conservation et de gestion de l’environnement, est occupé par des zones naturelles, ce qui équivaut à 8,2 millions d’hectares. Il a ajouté que les écosystèmes forestiers ont été déclarés, depuis 2008, comme zone protégée nécessitant une attention particulière qui garantit leur conservation.

Il a également tenu à souligner qu’il est possible d’enrayer une déforestation massive, au cours de ces deux dernières décennies, le taux annuel de déforestation nette a en effet été réduit de 49 % en Équateur. Selon les informations publiées par le ministère de l’Environnement, Garcia a déclaré que ces résultats ont été possibles avec la mise en œuvre d’actions de conservation, mais également la gestion durable, la récupération et la surveillance accrue des forêts. La promotion de systèmes de production durables avec un travail coordonné avec l’Autorité nationale agricole est d’ailleurs l’une des clés de voûte de protection des espaces naturelles, grâce à la mise en place du programme « Socio Bosque ».

Le gouvernement équatorien a investi près de 24 millions de dollars depuis 2012 dans des programmes de protection de son environnement. Rappelons néanmoins que selon les études de l’AMF, entre 1990 et 2014, 2,2 millions d’hectares de forêts naturelles ont été perdus à l’échelle nationale. Les provinces ayant enregistré la plus forte déforestation entre 2008 et 2014 étaient Esmeraldas, Guayas et El Oro (sur la côte) et Morona Santiago et Sucumbios.

Et si l’Équateur parvient à limiter les dégâts avec des politiques de préservation, la déforestation reste à ce jour, et malgré les volontés affichées des gouvernements respectifs de combattre ce fléau, un sujet préoccupant en Amérique du Sud. Ainsi l’Amazonie péruvienne a perdu près de deux millions d’hectares de forêts au cours des 15 dernières années, une surface équivalente à celle du Salvador, selon la « Carte de l’Amazonie péruvienne 2016 », divulguée par l’Institut pour le bien commun (IBC).

Les zones présentant la plus forte incidence de déforestation ont été détectées dans les régions de Huanuco et Ucayali, mais aussi dans la région au sud de Madre de Dios essentiellement en raison de l’exploitation minière illégale.

La déforestation frappe de façon spectaculaire au Pérou. On estime qu’en 2015, environ 158 658 hectares de forêts ont été perdus,  la plus forte hausse enregistrée dans le pays depuis 2000. Une véritable tragédie pour l’environnement.

La Carte de l’Amazonie péruvienne 2016 indique que 48,9 % de cette région, ce qui correspond à près de 38,5 millions d’hectares, appartient à des catégories qui offrent pourtant un certain degré de conservation de gestion des forêts,  il s’agit de zones naturelles ou de territoires indigènes protégés reconnus ou non reconnus.

Au Brésil, la déforestation en Amazonie a tristement augmenté de 29 % en 2016, par rapport à l’année dernière, avec près de 8000 kilomètres carrés de forêt rasés, selon un rapport officiel.

L’étude, cependant, montre une baisse de 71 % par rapport à l’année 2004, date de lancement du plan pour la prévention et le contrôle de la déforestation en Amazonie. Dans une analyse des données satellitaires publiées le 29 novembre dernier, l’Institut national de recherche spatiale (INPE) a estimé qu’entre août 2015 et juillet 2016, 7989 kilomètres carrés de terres ont été perdus, une superficie de plus de la moitié la taille de Porto Rico, rapporte naturenews.com.

Ceci est le plus haut taux de déforestation enregistré en Amazonie brésilienne depuis 2008, quand les taux de destruction des forêts a commencé à baisser. Selon les organisations non gouvernementales qui composent l’Observatoire sur le climat, l’augmentation de la déforestation en 2016 représente une croissance supplémentaire de 130 millions de tonnes d’émissions de dioxyde de carbone au Brésil.

En Amazonie colombienne, il y a un département qui occupe les premières places de la déforestation des forêts indigènes. Les chiffres pour 2015, publié par l’Institut d’hydrologie, de météorologie et d’études environnementales (IDEAM) confirment que Caqueta, pendant trois années consécutives, se trouve en tête de la perte de superficie forestière, avec une moyenne de 23 812 hectares de forêts abattus l’an dernier .

Jusqu’à il y a 20 ans, la Bolivie a maintenu un taux modéré de la déforestation; cependant,  il a diminué de façon alarmante depuis 1990, principalement en raison de la production de soja dans la partie nord et l’est du département de Santa Cruz.
À l’heure actuelle, il y a une perte moyenne d’environ 350 000 hectares de forêt par an,  trois millions d’hectares ont disparu au cours de la dernière décennie.

82 % de la déforestation est générée dans le département de Santa Cruz et 80 % des forêts ont été déboisées illégalement, selon l’Autorité de surveillance et de contrôle des forêts et des terres (ABT).

Avec environ 320 mètres cubes par personne et par an, le taux de déforestation par habitant en Bolivie est l’un des plus élevés au monde. Il représente 20 fois plus que la moyenne mondiale. A ce rythme, les forêts de Bolivie pourraient disparaître d’ici 2100…