perou14122016

Voilà un projet qui ne fait guère l’unanimité parmi les défenseurs des peuples autochtones et de l’environnement, il s’agit de la construction d’une route qui devrait relier la ville péruvienne de Puerto Esperanza avec la voie interocéanique qui traversera le pays, l’impact négatif sur les différents peuples indigènes d’Amazonie fait frémir certains secteurs de la société comme l’a déjà dénoncé l’ONG Survival International, qui a averti que la route pourrait menacer des tribus isolées de la région.

L’organisation, qui a déposé une plainte à ce sujet auprès de l’ONU affirmant que la situation mettrait en danger les communautés tribales isolées, a exhorté le gouvernement péruvien à rejeter l’initiative. Bien que le Congrès se soit opposé à la route en 2012, la construction a continué illégalement au cours des dernières années.

« Si le projet se poursuit, c’est la fin des Indiens isolés. Survival a passé des décennies à la lutte contre la construction de routes dans cette partie de l’Amazonie. Si le Pérou manifeste une forme de respect envers les droits humains et la primauté du droit, cela doit cesser immédiatement« , tels sont les propos sans concession tenus par le directeur de l’ONG, Stephen Corry.

Survival a averti que les Indiens isolés sont les plus vulnérables de la planète. Au Pérou, il y a quinze communautés natives isolées, dont beaucoup sont situées dans la région amazonienne, où il est prévu de construire un tronçon routier d’une longueur d’environ 270 kilomètres de long. 80 % de la population de la région, essentiellement des indigènes, s’opposent à cette construction, ils affirment qu’ils n’en tireront aucun bénéfice, mais que cela facilitera les activités illégales des trafiquants de drogue et des mineurs clandestins, une alerte lancée par le président de l’organisation des Droits des indigènes (FECONAPU), Emilio Montes .

« Cela compromettrait la vie des tribus isolées comme les mashco piros. Elle implique un épuisement de nos ressources naturelles telles que la flore et la faune. Nous voulons respecter notre territoire ancestral, qui est celui de nos enfants », a-t-il affirmé.

« Nous avons besoin d’un autre développement, une économie durable qui protège nos ressources. De cette façon, nous pouvons vivre une existence pleine d’espoir et des perspectives pour l’avenir », a-t-il ajouté.

Le projet routier, proposé principalement par le prêtre catholique Miguel Piovesan, qui a décrit les peuples autochtones de la région comme « préhistorique », a reçu le soutien de l’ancien président péruvien Ollanta Humala et a été présenté au Congrès par Carlos Tubino, député du parti des Forces populaires.

La route relierait Puerto Esperanza avec la route interocéanique qui traverse le Pérou et le Brésil. La section impacterait une région qui se trouve le long de la frontière péruvienne-brésilienne et réunit la plus forte concentration de populations autochtones isolées.

Des communautés isolées comme les Mashco-Piro, les Chitonahuas, les mastanahuas ou sapanawas pourraient être détruites si la route est construite. Ils ont vécu dans la région depuis des générations. Au cours des dernières années, les missionnaires et les bûcherons étrangers ont aussi forcé le contact avec plusieurs groupes, leur système immunitaire n’est pas apte à lutter contre des maladies véhiculées par « les étrangers » ce qui menace clairement leur intégrité physique. Un simple contact peut être synonyme d’un véritable génocide pour ces communautés écartées du reste du monde qui, au contact du moindre virus, peuvent être décimées, car ne bénéficiant pas d’immunité contre des maladies « inconnues ».

Pour rappel, la Loi de consultation préalable adoptée au Pérou stipule que les communautés indigènes doivent être préalablement consultées concernant toute implantation sur leur territoire, cela concerne essentiellement les projets de prospection du sous-sol (prospection minière, pétrolière ou bien gazière) menés, la plupart du temps, par des entreprises internationales sur des terres où résident les natifs depuis plusieurs décennies, mais aussi des projets d’infrastructures. Outre cette loi adoptée par le congrès péruvien en août 2011, une telle initiative va également à l’encontre de la résolution 169 de l’Organisation internationale du travail (OIT) concernant les peuples indigènes et tribaux, souscrite en 1989 à Genève.