perou16122016

Pour lutter contre le trafic de drogue, le gouvernement du Pérou sait qu’il faut contrôler la production de feuilles de coca, petite feuille verte qui a toute sa place dans la culture de ce pays sud-américain à des usages traditionnels, mais qui, détournée par les trafiquants, devient, après de nombreuses transformations chimiques, un puissant stupéfiant, la cocaïne, objet de trafic à l’origine d’une forte criminalité.

Celle année, le pays andin a même dépassé son objectif d’éradication de 30 000 hectares de cultures de feuilles de coca illégales en empêchant la production de plus de 200 tonnes métriques de cocaïne, des informations révélées par le ministère de l’Intérieur. Le chiffre est néanmoins un plus bas que celui enregistré en 2015, en effet ce fut l’an passé un record historique avec l’éradication de 30 150 hectares de cultures clandestines, comme a tenu à le préciser le ministère « avec ce chiffre, on a évité la production de 225 tonnes métriques de cocaïne, valorisée à hauteur de plusieurs millions de dollars pour les trafiquants ».

Avec la Colombie, le Pérou figure en tête du classement des plus gros producteurs de cocaïne au monde, il s’agit donc d’orienter les agriculteurs vers d’autres perspectives, avec des cultures alternatives comme le cacao ou le café. Les régions de Pucallpa, Loreto, Huánuco, mais aussi Puno, à la frontière bolivienne sont particulièrement concernées par les politiques de destruction de champs de coca. Avec ces actions, les autorités ont été en mesure de détruire 141 laboratoires de production de cocaïne; 22 428 parcelles de cultures illicites de coca, et 11 236 mètres carrés de plants de coca couverts par d’autres cultures, qui ont été détruites in situ.

Les actions pour réduire les champs de coca illégale dans le pays ont été closes le 12 décembre sous les ordres du vice-ministre de l’Ordre interne, Ruben Vargas, sur la base des opérations du Corah (Proyecto Especial de Control y Reducción de Cultivos Ilegales dans la ville amazonienne de Pucallpa).

Selon l’ONUDC, le Pérou a réduit de 30 % la culture de la feuille de coca depuis 2012, en 2015 le rapport annuel du Département d’État des États-Unis assurait que le Pérou occupait le premier rang dans la production de cocaïne dans le monde, suivi de la Colombie et de la Bolivie.

En 2015, 40300 hectares de plantations de coca ont été plantés au Pérou, ce qui signifiait déjà une réduction de 6,1 % par rapport à 2014. Le chiffre maintient une tendance à la baisse qui s’est amorcée en 2011.

Le VRAEM représentait l’an passé 69 pour cent de la production illégale de coca au Pérou, avec des rendements plus élevés par hectare pouvant atteindre 3,6 tonnes métriques par hectare et par an, par rapport à la moyenne nationale de 2,4 tonnes métriques. Comme les années précédentes, environ 9000 tonnes de la production totale ont été utilisées pour la consommation traditionnelle de la mastication, selon des sources officielles.

Le prix d’un kilo de cocaïne au Pérou a diminué, il était estimé en 2015 à 1133 $ contre une moyenne de 1178 $ en 2014 a atteint. Au Pérou, le prix du chlorhydrate a atteint un pic en 2013 quand il a grimpé à 1310 $ le kilo, selon l’ONU.

Au Pérou, la principale voie de la drogue demeure maritime, une autre préoccupation est la présence de plantations de coca dans des zones naturelles protégées, environ 135 hectares. Bien que ce chiffre soit faible, il représente une augmentation de 23 % par rapport à l’année précédente.

La plupart des cultures de feuilles de coca au Pérou sont illégales, même si une faible proportion d’entre elles sont produites à des fins parfaitement légales comme des pratiques anciennes, à savoir la mastication (chacchado, en quechua) ou encore la consommation de maté de coca, mais aussi l’élaboration de suppléments nutritionnels, et autres produits pharmaceutiques ou alimentaires.

Rappelons que la feuille de coca est usitée depuis des siècles dans les régions andines, bien avant la Conquête espagnole elle accompagnait les rituels précolombiens, puis pendant la colonisation sa consommation s’est répandue parmi les mineurs, en effet la feuille est réputée pour posséder des vertus énergisantes et coupe-faim, un moyen d’affronter des conditions de travail épuisantes dans les profondeurs de la Terre. À ce titre, même l’Église catholique n’a pas pu interdire la consommation de la dite « feuille diabolique ».

Encore aujourd’hui de nombreuses communautés natives, comme le faisaient leurs ancêtres incas, mastiquent la feuille à son état naturel en raison de ses vertus toniques qui permettent de lutter contre la fatigue, le mal des montagnes lié à l’altitude (appelé « soroche »), et la sensation de faim, un usage largement apprécié parmi les populations les plus démunies de l’Altiplano évoluant en altitude.