bolivie02012017

Des centaines d’habitants de la ville bolivienne de Caracoles, située à environ 250 kilomètres de La Paz, ont été évacués samedi 24 décembre après de fortes pluies qui ont provoqué des crues soudaines et ont balayé 85 maisons. Les autorités ont fourni des vivres, des tentes et des lits aux sinistrés impactés par le phénomène météorologique. Au niveau national, au moins huit personnes ont été tuées dans les intempéries qui ont frappé la Bolivie en cette fin d’année. 614 familles ont vu leur maison totalement ou partiellement détruite par les inondations et glissements de terrain depuis le mois de novembre, principalement à cause du débordement des rivières.

« Nous devons pleurer la mort de huit personnes en raison des orages et des crues soudaines provoquées par des précipitations dans plusieurs régions du pays », a déclaré le sous-ministre de la Défense civile, Oscar Cabrera, cité par l’agence de nouvelles officielle ABI.

En raison des inondations, quatre personnes ont été tuées dans le village de Tomina (sud-est), trois à Tiquipaya et à Villa Tunari (centre) et une dans la ville minière d’or de Tipuani (nord-ouest), selon le rapport. En outre, 614 familles ont été affectées par les crues de rivières engendrées par de fortes pluies, selon Cabrera.

Le gouvernement de La Paz a ordonné fin décembre la mise en place de l’alerte orange dans cinq départements (La Paz, Santa Cruz, Cochabamba, Tarija et Beni) en raison de fortes pluies. L’alerte affecte un total de 25 provinces boliviennes et durera jusqu’à mardi matin, selon les premières estimations.

(vidéo du 02/01/2017)

Les précipitations pourraient atteindre leur plus haut niveau dans les prochaines heures, avec environ 100 millilitres de précipitations attendues dans les provinces de Ichilo et Santiesteban (Santa Cruz), Chapare et Norte Ayopaya (Cochabamba), Ballivian et Yacuma (Beni), Franz Tamayo et Iturralde (La Paz).

« L’alerte orange indique un niveau significatif de menaces induites par des phénomènes inhabituels avec « un certain degré de danger pour les activités humaines habituelles », précise le SENAMHI.

La saison des pluies dure de novembre à mars en Bolivie, le pays sud-américain vient de connaitre l’une d’une des pires sécheresses de son histoire, ce qui a engendré à un rationnement drastique de l’eau potable dans sept grandes villes. En 2016, le rationnement de l’eau a commencé à La Paz en novembre, affectant plus de 350 000 personnes, en particulier à l’est et au sud de la ville.

Il y a quelques jours, le président Evo Morales a déclaré qu’il devrait analyser comment fait face au problème de la sécheresse pour l’année 2017. « L’année prochaine peut être pire encore, nous devons être prêts », a déclaré le chef d’État dans un discours.

Carlos Quino, un membre de l’Unité d’urgence et des catastrophes, a confirmé que « le déficit d’eau reste important en Bolivie », ajoutant « le problème causé par le changement climatique, a des conséquences pour 173 municipalités (51 pour cent des 339) réparties dans huit départements.

Il a dit que ce phénomène a affecté cette année 2016 considérablement le pays parce que la période a été très longue.

« Il y a 30 ans, ce fut une sécheresse qui a duré sept mois, mais cette année cela fait déjà un an », a déclaré Quino cité par le journal Página Siete.

Le spécialiste a expliqué que la période de déficit hydrique a commencé en 2015 et n’a toujours pas pris fin dans certaines régions telles que Potosi et Oruro, le Chaco et la partie sud de La Paz.

Il y a presque deux mois, le président de la Bolivie, Evo Morales a publié la déclaration d’urgence nationale par manque de ce précieux liquide.

Vous l’aurez compris, malgré des phénomènes d’inondations isolés, le manque d’eau devrait se poursuivre et l’année 2017 sera caractérisée par une faible pluviométrie et la persistance de la sécheresse, en particulier dans l’ouest du pays. Un météorologue argentin nommé Juan Minetti, dans un discours à Santa Cruz, a souligné que l’ouest du pays, comme l’Argentine, est sujette depuis 1980 à des épisodes récurrents de sécheresse. « La situation est alarmante et restera alarmante », a déclaré Minetti, en signalant que dans l’est, la quantité de pluies tend à se normaliser.

(vidéo du 22/11/2016)