bolivie06012017

Elle s’appelait Baji, elle était âgée de 57 ans et elle est morte le dernier jour de l’année 2016, avec sa disparition, sa communauté ne compte plus que 4 membres… Elle était une indigène Pacahuara et vivait en Amazonie bolivienne, en Amérique du sud, elle aurait succombé à un cancer de l’estomac.

Wigberto Rivero, anthropologue, a annoncé la mauvaise nouvelle sur son compte personnel Twitter « Baji, l’une des dernières femmes Pacahuaras d’Amazonie bolivienne, elle est morte dans son village de Tujure, au sud de Riberalta (Sic), dans le département de Beni ».
Le spécialiste des sujets amazoniens a ajouté que la mort de cette femme place, « son peuple en danger d’extinction » ajoutant « Baji était l’une des dernières femmes qui aient été contactées quand elle se déplaçait à pied de façon itinérante dans la foret à avoir survécu. Malheureusement, elle est décédée le 31 décembre ».

Sans Baji, il reste « seulement quatre personnes parlent cette langue et connaissant cette culture: deux hommes, Maro et Buca, et deux femmes, et Bose Pistia y Shaco Pistia (Pistia en Pacahuara signifie « junior ») ».
Historiquement, le peuple Pacahuara a évolué dans la région amazonienne en Bolivie, il constituait « l’un des plus grands groupes indigènes de la fin du XIXe et début du XXe siècle, avec quelque 40 000 ou 50 000 personnes », selon la documentation de l’anthropologue.

En tant que native d’Amazonie, la communauté Pacahuara entretenait « une relation forte et harmonieuse avec la nature » et « étaient des chasseurs, pêcheurs, cueilleurs de fruits », a déclaré Rivero.
Cependant, à ce moment-là, « ils ont été pratiquement exterminés », selon le témoignage de Rivero, les cueilleurs de caoutchouc, parmi eux des « Anglais, des Allemands et des habitants de La Paz et Santa Cruz (est) sont venus en Amazonie pour recueillir, au milieu du 20e siècle, il restait uniquement une famille de neuf personnes, et aujourd’hui ils ne sont plus que quatre Pacahuaras, qui se sont déplacés à travers la jungle pour échapper à la présence étrangère ».

Ils ont vécu de façon nomade jusqu’à ce qu’ils s’installent en 1969, avec le boom du caoutchouc, avec un autre groupe autochtone, les Cachobos vivant dans le département amazonien du Beni, près de la frontière avec le Brésil,« comme ils formaient un petit groupe et qu’ils ne pouvaient pas se reproduire au sein de leur famille, les jeunes se sont mariés et ont eu des enfants qui sont des mestizos Pacahuara-Chacobo« un total de vingt individus », a dit Rivera .

« Les Pacahuaras formaient un groupe important de l’Amazonie, un groupe assez grand, on estime que pendant le boom du caoutchouc, il dépassait 40 000 personnes, mais une seule famille a survécu résultat de la violence de cette époque, la famille de Baji dont les parents étaient Yaku et Caisaco », a expliqué l’anthropologue.
En fait, seulement quatre Pacahuaras parlent encore leur langue maternelle, ils ont adopté la langue des Cachobos, on peut évoquer une assimilation linguistique.

La semaine dernière, une enquête menée par le ministère bolivien de l’Éducation, a révélé que deux des 36 langues répertoriées et protégées par la Constitution, l’guarasug’we et puquina, sont éteintes, et la plupart sont « vulnérables ».

En Bolivie, selon le recensement de 2012, 40 % de la population s’identifie à certaines populations autochtones d’origine, les natifs d’origine quechua et aymara sont les plus importants (50 % de la population constituée de 10 millions d’habitants).

Le mois dernier, l’ONU a déclaré l’année 2019 comme année internationale des langues autochtones afin d’attirer l’attention sur la perte de ces langues et la nécessité de préserver et de les revitaliser, un mouvement principalement impulsé par la Bolivie et son président, Evo Morales.