colombie09012017

L’ancien président colombien Alvaro Uribe, devenu aujourd’hui sénateur, a eu des mots très durs à l’encontre du président de la République française et a critiqué dimanche la visite que devrait réaliser au cours du mois François Hollande dans l’une des zones rurales de désarmement des FARC où les anciens guérilleros doivent se rendre dans le cadre du processus de paix signé avec le gouvernement pour mettre fin au conflit armé.

« Hollande, le président français qui n’a pas réussi à faire face au terrorisme djihadiste, visite la Colombie remise aux Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), » a tweeté l’ancien président qui s’oppose avec véhémence à l’accord signé entre la guérilla et le gouvernement colombien.

En outre, le sénateur Ernesto Macías, membre du parti dirigé par Uribe, a déclaré sur le même réseau social que cette visite n’est pas « amicale envers la Colombie ».

« Ce n’est pas très amical pour le peuple colombien que le président de la France ait accepté l’invitation d’une organisation qui est toujours armée et disposée à commettre des délits, » a souligné Macías.

Ce samedi, le ministère colombien des Affaires étrangères a confirmé que le chef de l’État français se trouverait dans le pays sud-américain entre le 22 et le 24 janvier pour une visite officielle avec son homologue colombien, Juan Manuel Santos, qui a signé l’accord final avec le haut dirigeant des FARC, Rodrigo Londoño, en novembre dernier et qui a reçu le prix Nobel de la paix pour son engagement à conduire un cessez-le-feu définitif avec l’organisation terroriste la plus ancienne du continent latino-américain.

Le sénateur de la U, Ángel Custodio Cabrera, a déclaré à RCN Radio que « la visite du président français est très importante dans le soutien de la mise en œuvre des accords, en particulier dans ces moments où il y a tant de doutes. »
Le parlementaire rappelle que la France a été parmi les pays plaçant des ressources pour la gestion postconflit, « la visite a donc également pour but d’évaluer la façon dont les ressources ont été investies ». La France a contribué à hauteur de 17 millions d’euros au fonds européen de 95 millions d’euros d’aide pour le processus de paix, lancé le 12 décembre à Bruxelles.

À son tour, la sénatrice de Cambio Radical, Daira Galvis, a déclaré que « dans le cadre des protocoles de vérification des accords de paix, il est important de recevoir la visite d’un président qui a joué un rôle très important dans ce processus »Du point de vue de la parlementaire, la visite pourrait également aider à apaiser les tensions qui ont éclaté après le scandale qu’ont suscité des observateurs de l’ONU en dansant avec des membres des FARC lors de la célébration de la nouvelle année, des individus qui ont été destitués de leurs fonctions.

L’ambassadeur français en Colombie, Jean-Marc Laforêt, a confirmé la présence de François Hollande, Pablo « Catatumbo », membre du commandement des FARC a affirmé qu’il s’agissait d’« un événement historique ».

Pendant ce temps, on a appris que quelque 2 000 guérilleros des FARC ont entrepris leur voyage vers l’une des 26 zones de rassemblement et de désarmement établis dans l’accord de paix, qui doit s’étendre le 31 mai, le déplacement a commencé dans le département de Putumayo (sud).

Quelque 5 800 guérilleros doivent remettre leurs armes avant cette date butoir. Le président Hollande devrait se rendre dans le village de La Elvira, municipalité de Buenos Aires, dans le département de Cauca, ce point de regroupement a été visité ces derniers jours par l’ambassadeur français en Colombie, Jean-Marc Laforêt.

Après plus d’un demi-siècle de conflit armé interne, le pouvoir exécutif national et les FARC-EP ont signé l’accord de paix à Cuba en 2016, après près de quatre ans d’un dialogue bilatéral qui s’est tenu à Cuba.

Par ailleurs, le leader maximo des FARC, Rodrigo Londoño, connu sous le nom de « Timoshenko » a déclaré dans une interview qu’en tant que mouvement politique, aucun candidat à la présidentielle ne sera présenté pour 2018 au nom de son parti, mais qu’il cherchera un consensus national pour la construction de la paix. Il a affirmé « le candidat ne sera pas un FARC, mais une figure de consensus pour assurer la mise en œuvre des accords conclus à La Havane ».