equateur13012017

Le président Rafael Correa a publié jeudi 12 janvier, le décret n ° 1294 qui prolonge pendant 30 jours l’état d’urgence dans la province de Morona Santiago. Le document fait valoir que le prorogation se justifie en raison des attaques menées contre des membres de la police nationale et les forces armées (forces armées) dans les cantons de San Juan Bosco et Limón Indanza, des heurts qui ont eu lieu en décembre 2016 et qui ont été menés par des groupes armés illégalement.

En outre, le décret établit la mobilisation de personnel pour assurer l’ordre interne dans ladite province. L’état d’urgence signifie pour les habitants la suspension des droits constitutionnels à l’information, et limite aussi la liberté d’expression et d’opinion, la liberté de mouvement, l’inviolabilité du domicile, d’association et de réunion.

Au mois de décembre dernier, les natifs Shuar ont attaqué le camp minier de La Esperanza, dans le canton de San Carlos Panantza, aux mains de la société chinoise mettant fin à la vie d’un policier. Un total de 14 personnes ont été poursuivies pour ces actes.

Selon un communiqué de presse émis par le coordonnateur au ministère de la Sécurité, la date d’effet du décret a été signifiée à l’Assemblée nationale, à la Cour constitutionnelle, à l’Organisation des États américains et à l’Organisation des Nations Unies. L’administration du président de la République, Rafael Correa, a défendu la légalité de cette concession. La société chinoise est responsable de 41 800 hectares à Morona Santiago avec une concession accordée pour 25 ans.

De leur côté,  les organisations comme la CONAIE ont contesté la répression étatique contre les personnes qui remettent en question ou qui sont lésés par ce projet d’exploitation minière (cuprifère), les natifs font mention de leur droit à « la consultation préalable » et revendiquent leurs droits à vivre librement sur leurs territoires ancestraux conformément à leurs droits (en accord avec l’OIT et les Nations Unies sur le respect des droits des peuples tribaux) sans risque de pollution environnementale et d’impact sur leur santé en raison de l’utilisation de résidus polluants sur les exploitations qui peuvent parfois être à l’origine de véritables tragédies écologiques et sanitaires.

Depuis le mois d’octobre 2016, le gouvernement essaie de maintenir un dialogue avec le peuple Shuar pour balayer les préoccupations des gens, a souligné Paola Pabón ajoutant « ce n’est pas l’attitude générale de la population. C’est un groupe ciblé, violent et minuscule qui n’était pas prêt au dialogue ». L’attaque du mois de décembre aurait impliqué environ 60 personnes avec des armes, selon les autorités. Sur le sujet Marlon Vargas, président de la Confédération des indigènes d’Amazonie équatorienne a déclaré « tenir le gouvernement responsable de tout ce qui peut se produire à Nankints. Nous nous sommes prononcés à plusieurs reprises et avons demandé le retrait de la police militaire ».

Les porte-parole pour les différentes organisations autochtones ont rejeté la qualification « d’actes criminels » de la part des autorités gouvernementales, et défendent les droits ancestraux des natifs et rejettent la tentative de « dénigrer l’image de l’homme guerrier de nationalité Shuar ».

« Les autorités équatoriennes sont tenues de protéger le peuple shuar des attaques qui le visent, et elles ne doivent pas imposer d’états d’urgence ni arrêter des dirigeants autochtones. Ces actes d’intimidation ne font qu’accroître les tensions et menacer les vies d’encore plus de personnes », a déclaré María José Veramendi, chercheuse d’Amnesty International chargée de l’Amérique du Sud.

La direction de la Confédération des nationalités indigènes d’Équateur (CONAIE) a jugé le 22 décembre 2016 l’ordre de détention préventive contre le chef Shuar, Augustín Wachapá,« arbitraire », ce dernier a été transféré au Centre de réadaptation sociale de Latacunga, son placement en préventive a été décidé en raison de son implication présumée dans l’incitation au soulèvement.