chili22012017

La présidente du Chili, Michelle Bachelet, a déclaré samedi que le gouvernement met tout en oeuvre pour lutter contre les incendies de forêt qui assaillent le pays en affirmant que les autorités font « tout ce qui est humainement possible » pour les contenir et les éradiquer.

Cette déclaration intervient alors que la présidente a fait face à des critiques pour avoir tardé à déclarer l’état de catastrophe dans la région d’O’Higgins, une accusation à laquelle elle a répondu en disant « nous avons travaillé avec toutes les forces possibles ».

En outre, cette allocution coïncidant avec la visite d’État du président français François Hollande, la chef d’État Michelle Bachelet a déclaré que la France va apporter son soutien pour aider à la maîtrise des incendies « Le président Hollande est déjà en pourparlers avec le ministre français de l’Intérieur pour voir quels soutiens peuvent exister. Ils ont également eu des incendies majeurs durant l’été et ont beaucoup d’expérience ».

Elle a ajouté « Nous sommes en contact avec plusieurs pays, afin qu’ils puissent nous soutenir avec certains équipements, ainsi qu’avec l’envoi de sapeurs pompiers ». Michelle Bachelet a ainsi confirmé samedi qu’une aide internationale a été demandée comme l’avait préalablement annoncé le ministre de l’Intérieur Mario Fernández.

Depuis juillet 2016,les flammes ont ravagé plus de 150 000 hectares de forêt, des dizaines de maisons ont aussi été détruites et trente pompiers ont subi des blessures plus ou moins graves.

La présidente du Chili a donc déclaré le 20 janvier l’État de catastrophe dans les zones sinistrées par les incendies de forêt qui ont consumé environ 50 000 hectares ces dernières semaines.

Via son compte Twitter, elle a indiqué avoir chargé le ministère de l’Intérieur d’adopter des mesures qui visent à offrir plus de ressources et à mettre un accent particulier sur les lieux qui ont été détruits par les flammes.

Le ministre de l’Intérieur, Mario Fernandez, a déclaré depuis le Palais de la Moneda, siège de l’exécutif, que la mesure a été adoptée pour venir en aide aux provinces de Colchagua et Cardenal Caro dans la région d’O’Higgins et dans les communes de Cauquenes et Vichuquén dans la région de Maule.

« Cela est motivé par les incendies à grande échelle et leur gravité qui ont atteint ces régions au cours des derniers jours », a ajouté le chef de l’Intérieur.

Fernandez a souligné que « les effets de ces incendies sont particulièrement graves au vu des dommages causés sur l’activité agricole. »

Dans son dernier bilan national, Le Bureau national d’urgence (Onemi) évoque 25 incendies actifs dans les régions de Valparaiso, Metropolitana, O’Higgins, Maule, Bio Bio et Los Lagos.

https://twitter.com/rorrocp/status/822900924968484865

L’un des plus grands incendies enregistrés se localise dans la commune de Pumanque, dans la région d’O’Higgins, en seulement 48 heures, le feu a provoqué une perte équivalente à un quart de la surface de la ville de région de Santiago, avec 24 671 hectares touchés dans cette zone, à environ 130 kilomètres au sud de la capitale.

Le ministre de l’Agriculture, Carlos Furche, a déclaré aux journalistes que la catastrophe « est la plus agressive enregistrée au cours des 50 dernières années » avec déjà plus de 40 000 hectares touchés seulement région O’Higgins.

La Direction de la météorologie prévoit de fortes températures dans la région de Valparaiso, une température inhabituelle pour cette zone en face du Pacifique.

En dépit de la taille de la zone dévastée, « il y a peu de sinistrés en terme de logement, mais les pertes économiques sont énormes » parce que la dévastation des ressources agricoles dans la région est totale », a affirmé Josefina Lopez, une fonctionnaire de l’Onemi dans la zone d’O’Higgins. Avec de nombreux petits villages dispersés sur un vaste territoire, la région d’O’Higgins est un domaine complexe pour lutter contre les incendies.

La vague de chaleur qui affecte l’ensemble de la région centrale du Chili, y compris Santiago, couplée à la sécheresse, sont des facteurs aggravants qui facilitent la propagation des flammes entre ravins et collines.

À Santiago, les conséquences des feux sont visibles dans l’air qui est saturé de fumée ces derniers jours, à cela s’ajoutent les problèmes de pollution habituelle dans l’une des villes les plus polluées d’Amérique latine. Plus de 90 % des incendies sont le résultat de l’action humaine (actes de négligence ou criminels).

(vidéo du 22/01/2017)