bolivie23012017

Les ministres du gouvernement en place du président Evo Morales ont présenté leur démission collective « tous (les ministres) vont signer et soumettre notre lettre de démission pour donner la pleine liberté au président afin qu’il nomme ses partenaires », a déclaré le corps ministériel, une équipe dirigeante qui l’accompagne majoritairement depuis 2015. Il s’agit une tradition établie durant l’administration de Morales, qui, depuis son entrée en fonction, a ratifié l’ensemble du Cabinet à deux reprises, en 2013 et 2016.

« Le président va faire des ajustements en fonction de la nécessité de renouvellement ainsi que pour donner la possibilité à d’autres de relever de nouveaux défis avec de nouveaux profils », a déclaré Carlos Romero, ministre du Gouvernement.

Depuis qu’il est arrivé au pouvoir en 2006, les ministres Affaires étrangères, David Choquehuanca, et de l’Economie et des Finances, Luis Arce Catacora, étaient en place.

« Avec humilité et un engagement ferme de continuer à travailler, nous abandonnons nos fonctions, convaincus que notre processus permettra de surmonter tout obstacle antipatriotique et de consolider l’unité et la souveraineté du peuple bolivien », peut-on lire dans la lettre. Dans ce document, les ministres ont exprimé leur « soutien militant » à la « direction révolutionnaire » de Morales, exprimant leur « respect, gratitude et satisfaction d’avoir eu l’honneur de l’accompagner dans ce processus historique ».

La démission de l’exécutif est survenue le 22 janvier lorsque le président Morales a délivré son rapport annuel de gestion. Il est prévu que le nouveau gouvernement prenne ses fonctions dès aujourd’hui.

Pendant cette journée, le président a appelé à l’unité, soulignant les progrès accomplis durant ses onze années de son mandat : « Ce qui n’avait pas été fait en 180 ans, nous l’avons fait en 11 ans grâce à l’unité du peuple bolivien (…) Maintenant, la Bolivie est dans la ligne de mire du monde comme un pays modèle, nous pouvons tous y contribuer. Nous avons le droit d’observer, de critiquer, de nous (…) corriger, la chose la plus importante est de penser (…) à la façon dont nous allons finir avec la pauvreté ».

Le président Evo Morales a par ailleurs annoncé la création du nouveau ministère de l’Énergie, avec deux sous-ministres. Morales a dit que la décision a été prise avec le vice-président Alvaro Garcia Linera.

Morales a justifié les changements dans son cabinet en disant qu’il veut offrir des opportunités aux « nouvelles générations », ces derniers mois, divers secteurs sociaux, y compris certains liés au gouvernement, ont fait pression pour que des changements aient lieu au sein du gouvernement.

Le président bolivien a déclaré jeudi que le nouveau cabinet ministériel sera formé par des profils politiques et techniques; au cours des 11 années du gouvernement de Morales, 97 employés des deux sexes sont passés par le palais du gouvernement, un chiffre qui pourrait dépasser 100, mardi 24 janvier 2017, avec la formation du nouveau cabinet.

Evo Morales a assumé son premier mandat le 22 janvier 2006, après avoir remporté l’élection générale de 2005 avec 54 pour cent des voix, alors qu’il a remporté le référendum de rappel (2008) et deux réélections (2009 et 2014) avec plus de 60 pour cent des voix.

Depuis 2010, le 22 janvier a été officiellement institué comme la Journée de l’État plurinational de Bolivie en l’honneur de l’arrivée aux plus hautes fonctions de l’État du premier président indigène du pays.

https://twitter.com/mincombolivia/status/823263972585447424

Le Président de la Bolivie bénéficie d’un taux d’approbation de 58 % pour sa gestion, malgré tout 63 % de la population rejette l’idée qu’il puisse se présenter pour la quatrième fois à la présidence, selon un sondage réalisé par Equipos Mori et publié dimanche par le journal El Deber.

Dans le cadre de ses 11 ans à la tête de la Bolivie, Evo Morales a même reconnu dans ce même journal dans une interview que ce fut une erreur d’accepter le référendum de 2016 pour approuver un amendement constitutionnel qui permettrait sa réélection pour un quatrième mandat (2020-2025). Il a ajouté en interview « qui sait, nous aurions dû attendre. En 2014 et 2015, il y a eu des élections, en 2016 ainsi. Les gens étaient fatigués des campagnes et des sondages, ce qui était une erreur, nous n’avons pas réfléchi », le parti Mouvement vers le socialisme (MAS) de Morales étudie tous mécanismes constitutionnels pour permettre d’étudier sa candidature pour un quatrième mandat.

Morales a perdu en février l’année dernière un référendum national pour modifier la constitution et permettre d’accéder à un quatrième mandat 2020-2025, mais aujourd’hui ses partisans, qui rejettent ce résultat, sont à la recherche d’un moyen d’y parvenir.

Selon la Constitution bolivienne en vigueur, Morales ne peut pas être candidat à une autre élection, raison pour laquelle le chef de l’État et son parti, le Mouvement vers le socialisme (MAS), ont fait la promotion des mécanismes constitutionnels permettant sa candidature pour un quatrième mandat, des tentatives qui jusqu’à présent ont échoué.

En février 2016 la possibilité de permettre Evo Morales en tant que candidat à participer aux prochaines élections a été rejeté via un référendum ouvert, mais le « Non » a gagné avec 51,3 % des voix, contre 48,7 % de « Oui « .

En décembre 2016, le MAS a mis plusieurs options pour changer la donne comme l’organisation d’un autre référendum, certains ont même pensé à la démission précoce de Morales pour qu’il puisse se présenter comme candidat en 2019. Le meilleur choix pour le parti au pouvoir sera défini à la fin de 2018, un an avant les élections.

(vidéo du 18/12/2016)