bolivie25012017

La Féria d’Alasita, un mot aymara (langue indigène des Andes) qui signifie « achetez-moi », a commencé en Bolivie, et La Paz (Bolivie) est le lieu où il faut être pour s’attirer les faveurs d’Ekeko, dieu andin de la richesse et du bonheur. Les visiteurs, entre traditions et croyances, se rendent sur les étales des nombreux artisans, qui rivalisent de talent et d’ingéniosité, proposent des miniatures de leurs vœux les plus chers, un modèle réduit et factice de ce qu’ils aimeraient posséder en vrai dans leur vie, des objets qu’ils font bénir pour voir leurs rêves se concrétiser.

Les participants acquièrent donc des maisons miniatures, des voitures, des bagages pour les amateurs de voyages, des billets de banque en espérant qu’ils se matérialisent durant l’année à venir, environ cinq mille artisans proposent ainsi leurs services jusqu’au 8 février.

L’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a donné son approbation à la nomination des Alasitas comme patrimoine mondial culturel, des sources locales l’ont annoncé fin 2016.

La féria rassemble des milliers de personnes, qui chaque année, viennent à la foire pour acheter sur le Campo del Bicentenario ces articles, symboles d’espérance.

Après avoir accepté la nomination de la célébration traditionnelle, l’UNESCO va commencer l’examen technique de la demande, a précisé le ministère de la Culture et du Tourisme de la Bolivie. A la fin de 2017, les autorités boliviennes sauront officiellement si cette coutume est déclarée Patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Le maire de La Paz, Luis Revilla a déclaré mardi qu’il continuera à travailler de concert avec le gouvernement national et les artisans pour que la tradition des Alasitas soit reconnue par l’Organisation des Nations Unies en tant que patrimoine culturel immatériel : « Nous allons continuer à travailler ensemble avec nos artisans, avec le gouvernement, de sorte que nos festivités, notre festival se développent et soit reconnu dans le monde entier comme un festival de La Paz en Bolivie (…) et de faire en sorte que cette année, cela soit inscrit au patrimoine mondial », a-t-il dit aux journalistes.

Les Alasitas rendent hommage au dieu Ekeko, allégorie de la fertilité, de la joie, de l’abondance et de la prospérité, dans la mythologie de l’Altiplano, Ekeko est vénéré; dans les Andes péruviennes et en Bolivie, il est représenté par une figurine à l’esprit mercantile, il s’agit d’une manifestation populaire dans toute la région de l’ancien Tiwanaku.

Tous les 24 janvier, « une célébration aussi importe que Noël » rend hommage à la Pachamama. La Feria des Alasitas était à l’origine une fête du monde rural que célébraient les « campesinos » (les paysans) pour que les récoltes soient fructueuses, puis bien plus tardivement les deux manifestations ont été regroupées en une seule célébration, le 24 janvier.

Sa physionomie a beaucoup changé au fil du temps, à l’époque préhispanique il s’agissait d’un petit bonhomme bossu et nu au phallus disproportionné (symbole de fertilité) il a fait place aujourd’hui à un personnage aux traits hispaniques qui assume clairement ses signes extérieurs de richesse. Chez les kallawayas, il existe toujours une figurine représentant un bossu dénudé.

Selon la coutume, Ekeko doit être choyé chaque mardi et vendredi en lui portant un cigare à la bouche pour que rien ne manque à la famille qui l’adule.

Les résidents de Bolivie dans le monde ont répandu cette tradition dans différentes régions, en particulier dans le nord de l’Argentine et le sud du Pérou, une tradition ancienne qui permet d’exalter l’expression de foi.

Et cette année, les Alasitas permettent à la population de coller à l’actualité, ainsi toutes les miniatures de maison possèdent des réserves d’eau, un liquide devenu rare à la capitale depuis le début de la crise en approvisionnement, un phénomène lié à la sécheresse prolongée et au manque de précipitations.