honduras15022017

Quel jeune aventurier en herbe, fan de civilisations perdues, n’a pas lu Tintin et les Sept boules de cristal racontant l’histoire de six des membres d’une expédition scientifique consacrée à la civilisation inca qui sont victimes, les uns après les autres, d’une malédiction et plongés dans une profonde léthargie de laquelle les médecins sont impuissants à les sortir… Cette fois la fiction semble devenir réalité, et l’action a lieu au cœur de la forêt tropicale du Honduras et concerne les scientifiques qui ont découvert les vestiges d’une cité perdue dans la dense végétation de la Mosquitia.

En effet, la presse hondurienne et britannique a révélé que les « explorateurs de la Ciudad del Mono ont contracté une maladie rare », fruit de leur incursion en terre hostile, la Ciudad Blanca ou « Ciudad del Dios Mono », est un site archéologique situé dans l’ouest de la République du Honduras, son nom est lié à de nombreuses légendes, mais ce sont bien des fouilles archéologiques à caractère scientifique qui sont menées sur place.

Et c’est durant les fouilles que certains membres de l’expédition ont attrapé une vilaine maladie appelée leishmaniose, CBS News a recueilli les confidences de Douglas Preston, membre le l’équipe (et surtout auteur qui a illustré la découverte) qui a foulé cette région inhabitée recouverte par une épaisse végétation, royaume, entre autres, des serpents venimeux et des insectes tout aussi inhospitaliers.

« À son retour, M. Preston et ses collègues ont découvert qu’ils avaient contracté une souche virulente de leishmaniose. Une maladie transmise par les mouches de sable qui commencent à dévorer la peau sur le visage, ils ont eu besoin de soins hospitaliers urgents. Tous les membres de l’équipe ont survécu à la maladie sans séquelle ».

« Le parasite migre vers les membranes muqueuses de la bouche et le nez, et les ronge basiquement « , a déclaré M. Preston « votre nez tombe, vos lèvres tombent, et finalement votre visage devient une douleur énorme. C’est trop dangereux. Entrer et sortir de la jungle, c’est dangereux ». Malgré cette mauvaise expérience sanitaire, Doug Preston, auteur du livre « The lost City of the monkey god« , envisage de retourner sur ces terres inhospitalières qui recèlent de secrets archéologiques et de trésors séculaires à révéler.

« Selon les légendes, cette grande cité a été frappée par différentes catastrophes et les habitants pensaient que les dieux étaient en colère abandonnant les lieux en laissant tout derrière eux », alors la contraction de la leishmaniose par les scientifiques laisse d’ores et déjà à penser à une nouvelle « malédiction », un mot qui sonne pour tous les amateurs de mythes !

Mais si l’on oublie la légende pour se consacrer à l’aspect médical, la leishmaniose est provoquée par un parasite protozoaire du genre Leishmania, lequel compte plus de 20 espèces différentes. Elle est transmise à l’homme par la piqûre de phlébotomes femelles infectés. Dans le derme, ces leishmanies sont « avalées » par des macrophages et se transforment en « amastigotes » (filament mobile permettant à certains parasites de se déplacer), les cellules qui les hébergent peuvent ensuite se localiser dans différents tissus ou organes et en fonction de facteurs propres à l’hôte et à l’espèce de leishmanie qui provoque les symptômes de la maladie. Vous l’aurez compris, tout ceci est quelque peu effrayant, mais participe au caractère merveilleux de la mise au jour de cette cité oubliée qui impose des épreuves à ceux qui veulent en percer les secrets !

Selon les rapports initiaux, les ruines de la Ciudad Perdida du Dieu Singe datent d’entre 1000 et 1500 après Jésus Christ. L’an dernier, le site a été visité par le président hondurien Juan Orlando Hernandez, qui a déclaré, subjugué par la nature de cette découverte, « nous sommes bénis de vivre un tel moment particulier dans l’histoire du Honduras. Cette découverte a suscité beaucoup d’enthousiasme pour son importance au Honduras et dans le monde ».

Les experts ont réussi à découvrir des dizaines d’objets cachés dans la cité qui n’aurait accueilli aucune présence humaine avant leur arrivée (en mars 2015) depuis au moins 600 ans !

Cette cité se situe à environ 600 kilomètres du département Copán, dans l’extrême occident du pays où s’est développée la civilisation maya qui s’étendait jusqu’au sud du Mexique et sur les actuels territoires du Belize, Guatemala et du Salvador entre les années 200 avant Jésus-Christ et 950 de notre ère. Des forces de l’armée sont déployées pour protéger ces lieux de toute forme de destruction ou de pillage sachant que de nombreux narcotrafiquants opèrent dans la région.