venezuela16022017

Les États-Unis ont annoncé par la voix du Département du Trésor des sanctions contre le vice-président vénézuélien, Tarek El Aissami, qu’ils soupçonnent de trafic de drogue et de blanchiment d’argent, les réactions ne se sont pas fait attendre du côté du gouvernement de Nicolas Maduro qui a parlé d’une décision « illégale, infâme, sans précédent (…) une agression à laquelle le Venezuela répondra étape par étape avec mesure et force ».

Le Département du Trésor a également sanctionné l’homme d’affaires Samark Jose Lopez Bello pour être une «figure de proue» de Tarek El Aissami et pour fournir « un soutien matériel, financier, des biens et services à l’appui des activités de trafic de drogue international ». Lopez est un économiste vénézuélien et homme d’affaires dans le domaine de l’alimentation et de la construction qui a occupé les fonctions de directeur à la planification du gouvernement de Merida.
Tarek El Aissami a été intégré lundi à la liste des narcotrafiquants de désignation spéciale par le Département américain du Trésor, ce qui implique une série de sanctions économiques.
Dans plusieurs messages postés sur son compte Twitter, El Aissami a qualifié « d’infamie » et « d’agression impérialiste » la décision de Washington et a assuré que sa morale était «intacte» et qu’il maintenait ses «convictions anti-impérialistes» et sa «conscience chaviste».

Pendant ce temps, le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Delcy Rodriguez, a déclaré que le gouvernement de Nicolas Maduro estime que les accusations américaines contre El Aissami constituent une «agression grave» qui «vise à porter atteinte à la sphère souveraine» du Venezuela. Il a également évoqué un « crime international commis par des organismes américains » constituant un événement « sans précédent » dans les relations bilatérales.

Comme indiqué dans un communiqué, John E. Smith, le directeur par intérim du Bureau pour le contrôle des actifs étrangers  l’inclusion du vice-président vénézuélien sur la liste américaine des barons de la drogue « marque l’aboutissement d’une enquête de plusieurs années ».

Selon une déclaration de l’OFAC (Office of Foreign Assets Control des EtatsUnis), El Aissami a facilité l’envoi de grandes cargaisons de drogues, par les airs et par voie maritime en provenance du Venezuela, en plus de fournir une protection à d’autres trafiquants. L’OFAC relie même El Aissami au très violent cartel de drogue mexicain Los Zetas, l’un des cartels les plus puissants et les plus craints au Mexique.

Les actifs d’Al Aissami aux États-Unis ont été gelés et il est interdit d’entrer dans le pays, en outre, il interdit aux citoyens des États-Unis de faire affaire avec des entreprises lui appartenant.

Par ailleurs, la Commission nationale des télécommunications (Conatel) du Venezuela a ouvert mercredi une « procédure de sanction administrative » contre la chaîne d’information en espagnol CNN après la diffusion d’un reportage évoquant le vice-président Tarek El Aissami faisant mention d’un réseau de vente illégale de passeports, avec en ligne de mire des membres du Hezbollah libanais. À ce jour, la chaîne CNN en espagnol , propriété du groupe de médias et de cinéma américain Time Warner, n’était plus diffusée.

Rappelons que sous l’administration du président Obama, plusieurs hauts dirigeants vénézuéliens avaient déjà été visés par des sanctions américaines, avec l’arrivée de Donald Trump au pouvoir, la tension monte encore d’un cran ! Le 4 janvier 2017, Tareck El Aissami, membre dur du parti en place (PSUV) est devenu le vice-président du Venezuela, dans un climat de tensions politiques, sociales, économiques exacerbées depuis des mois dans un pays frappé par une crise majeure marquée par un taux d’inflation record et un niveau de vie très bas, les habitants sont à bout de souffle depuis des mois maintenant. Ce nouveau scandale ne risque pas d’apaiser les tensions internes. L’opposition vénézuélienne réclame des élections présidentielles anticipées, pour l’instant prévues en décembre 2018, mais cette demande est rejetée par le pouvoir en place à Caracas.

D’après les derniers sondages, près de 80 % des Vénézuéliens désapprouvent la politique du président Maduro, des envies de changements portées par la coalition du MUD, une opposition qui tient les rênes du Parlement depuis sa victoire aux élections législatives fin 2015.