bolivie17022017

Le Directeur général de l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO pour son sigle en anglais), José Graziano da Silva, a souscrit un accord avec le Président Evo Morales pour l’obtention d’un financement de 250 millions de dollars destinés à lutter contre le changement climatique avec des programmes liés à l’approvisionnement en eau et à la sécurité alimentaire.

« Le projet avec la Bolivie est un exemple clair de l’accès aux ressources du Fonds vert qui servira de modèle pour la mobilisation des ressources avec d’autres pays membres dans des situations similaires (…) 250 millions $, une partie subvention, et une autre en prêt, et nous attendons avec impatience une réponse positive dans les six prochains mois », a déclaré da Silva aux médias.

La FAO financera des programmes de gestion de l’eau potable et d’irrigation dans les zones les plus touchées par la sécheresse prolongée qui sévit dans le pays sud-américain, pour sa part, Morales a souligné la nécessité pour le pays d’accéder à ces fonds an ajoutant  : « La Bolivie est une victime du réchauffement climatique ».

« Il y a une énorme préoccupation concernant la sécheresse et le manque de pluie et nous sommes venus voir avec la FAO comment le Fonds vert peut aider à atténuer ce problème. Assurer l’approvisionnement en eau et de l’irrigation pour nos paysans autochtones, cela revient à libérer nos communautés de la pauvreté », a précisé le président.

« Le président (Evo) Morales et Jose Graziano (directeur de la FAO) ont convenu d’un délai de six mois pour réaliser cette opération en Bolivie afin d’aborder le réchauffement climatique », a déclaré la ministre du Développement, Mariana Prado, qui a accompagné le président bolivien lors de son déplacement à Rome, en Italie.

L’accord comporte deux volets, le premier est social et il concerne l’eau potable dédiée à la consommation humaine dans les zones rurales des hauts plateaux, tandis que le second est lié à la production de systèmes d’irrigation, à la rénovation et à la modernisation des équipements.

Le Fonds vert est un mécanisme de financement mis en place lors de la 16e Conférence menée dans le cadre des Nations Unies sur le changement climatique en 2010.

Les pays peuvent accéder à ces fonds directement ou par des entités telles que la FAO avec des projets défendus comme la construction de puits ou de prêts dans le cas de travaux plus complexes tels que les systèmes d’irrigation.

La sécheresse et les pénuries d’eau sont devenues un phénomène récurrent en Bolivie au cours de la dernière décennie et la situation est particulièrement préoccupante depuis 2015.

Compte tenu de sa localisation et sa diversité géographique, la Bolivie subit les effets du changement climatique sous forme d’épisodes de sécheresse récurrents plus ou moins longs, entrecoupés de précipitations intenses et de tempêtes de grêle plus fréquentes tout comme le gel. Cette situation est aggravée par la situation de la dégradation des ressources naturelles.

Dès lors, la restitution des cycles hydrologiques locaux est essentielle pour assurer des sources d’eau efficaces. Grâce à ces projets, la FAO encourage l’utilisation de ces technologies pour aider les pays à respecter leurs engagements en matière d’atténuation et d’adaptation au changement climatique.

Au cours des trois dernières années, la FAO a mis en œuvre en Bolivie environ 40 projets d’une valeur de 20 millions de dollars qui ont porté sur des questions telles que celles liées à la sécurité alimentaire, à l’agriculture familiale, au développement rural et à l’adaptation au changement climatique.

Le Fonds vert pour le climat soutient les activités de préparation des pays dont l’objectif est de favoriser leur autonomisation. Les financements destinés à la préparation des pays font partie d’un programme intersectoriel qui tend à améliorer l’efficacité du fonds en habilitant les pays en développement.

Rappelons que le président Evo Morales, avait annoncé, lundi 21 novembre 2016, l’approbation du décret suprême 2987 déclarant une situation d’urgence nationale en raison de la sécheresse qui frappe différentes régions du pays. Morales a informé la population que le pays sud-américain a vécu la saison la plus chaude de ces 100 dernières années, précisant que la sécheresse est la plus forte jamais enregistrée en Bolivie.

En 2015, le phénomène El Niño particulièrement puissant (qui se manifeste par le réchauffement des eaux de l’océan Pacifique) a fortement impacté le pays, s’ajoute à cela l’intensification des périodes de sécheresse. Comme exemple tragique, le lac Poopó, situé dans les montagnes d’Oruro, s’est asséché et a été réduit à une petite zone humide.

(vidéo du 23/11/2016)