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L’ELN, la dernière guérilla active de Colombie, avec laquelle le gouvernement négocie actuellement la paix, est la principale suspecte après l’explosion survenue dimanche près de l’arène de Bogotá qui a laissé 26 blessés et fait un mort, c’est ce qu’a déclaré lundi le maire de la ville, Enrique Peñalosa.

« Oui, c’est l’une des hypothèses les plus probables », a déclaré l’élu à la radio nationale RCN Radio, après avoir été interrogé sur la paternité possible de l’Armée de libération nationale (ELN) dans l’attaque de dimanche près de La Santamaría.
Le maire rappelle, pour justifier ses propos, que des explosions présentant des similitudes ont été enregistrées l’an dernier dans la capitale colombienne, où le groupe rebelle avait déjà été incriminé. Un événement tragique qui survient alors que dans le pays voisin, des pourparlers de paix, avec le gouvernement de Juan Manuel Santos, ont débuté à Quito (capitale de l’Équateur) pour mettre fin à un demi-siècle de conflit armé.
« S’ils veulent d’une quelconque manière influer, pour une raison ou une autre, dans le processus de négociation , nous devons tous rester vigilants, car ils peuvent être tentés de commette d’autres attentats », a déclaré Peñalosa.

(vidéo du 19/02/2017)

Pendant ce temps, l’ELN, qui compte environ 1500 combattants dans ses rangs selon les estimations officielles, a déclaré lundi qu’aucune de ses structures n’a revendiqué la responsabilité de l’acte.
L’explosion a eu lieu dimanche à 10 h 30 et les autorités ont déclaré que les forces de l’ordre étaient clairement visées par l’attaque précisant que les groupes anti-corrida n’avaient rien à voir avec l’attaque malgré leur hantise de voir reprendre ces pratiques après quatre ans d’interruption.

L’engin explosif a été activé à distance au moyen d’un téléphone portable, il contenait jusqu’à 1,5 kilo d’ammonal (un mélange de nitrate d’ammonium, de trinitrotoluène et d’aluminium en poudre) avec des éclats de métal, a indiqué la police de Bogotá. « Nous espérons avoir des résultats très bientôt » concernant l’évolution de l’enquête, a ajouté le maire.
Selon le ministère de la Défense, 26 personnes ont été blessées, dont 24 policiers et deux civils. Un policier a succombé le 22 février à ses blessures; regrettant ce lamentable attentat terroriste et faisant part sur Twitter « d’un acte criminel ».

« Nous allons poursuivre ces terroristes. Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour les attraper », a déclaré le maire de Bogotá.
« La mort de notre agent Albeiro Garibello Alvarado est une perte irréparable pour l’institution et le pays. Nous soutenons la douleur de sa famille et nous continuons à travailler pour identifier ceux qui ont ont porté atteinte aux soldats et aux citoyens », a déclaré le directeur police, le général Jorge Hernando Nieto.
Après avoir entendu les nouvelles, le président colombien, Juan Manuel Santos, a également déploré la mort du jeune policier de 23 ans.

Le président colombien Juan Manuel Santos, est intervenu pour condamner l’attaque et a exprimé sa solidarité avec les policiers directement frappés par cet acte barbare.
Avec les négociations avec l’ELN, le gouvernement Santos cherche « la paix complète » en Colombie après l’accord de paix signé en novembre avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), le principal groupe armé du pays et la plus ancienne guérilla œuvrant sur le territoire sud-américain.

L’ancien président colombien, Alvaro Uribe a déjà demandé au chef de l’État Juan Manuel Santos, de suspendre immédiatement les négociations avec l’ELN, si leur culpabilité est avérée dans cet attentat meurtrier.

Dès lundi, le ministre colombien de la Défense, Luis Carlos Villegas, évoquait la forte probabilité que des membres de l’ELN aient perpétré cet acte à La Macarena : « L’hypothèse la plus probable sur les auteurs de l’attentat d’hier à Bogotá, est qu’ils appartiennent à l’ELN », a écrit Villegas sur son compte Twitter, un attentat qui a eu un fort impact sur la population.

(vidéo du 08/02/2017)