mexique23022017

Nouvelle hypothèse quant à la disparition de la population aztèque de Méso-Amérique, les infections à Salmonella pourraient avoir été l’un des facteurs majeurs qui ont conduit à la mort de la grande majorité des Aztèques qui vivaient au Mexique après l’arrivée des Espagnols. C’est l’information surprenante qui ressort de deux études internationales menées par Johannes Krause, de l’Institut Max Planck (situé en Allemagne) dont les conclusions ont été révélées sur bioRxiv en attendant une publication plus formelle.

On savait déjà que l’impact épidémiologique avait été un motif majeur du déclin de la population native avec un nombre d’habitants estimés à 25 millions avant l’arrivée des conquistadors espagnols en 1519 (au Mexique), un nombre qui a chuté à un million en 100 ans seulement. Cependant, il restait à connaître la maladie à l’origine d’une véritable hécatombe parmi les autochtones, différentes hypothèses étant émises, mais cette fois les chercheurs évoquent précisément une souche de salmonelle appelée Salmonella enterica, également connu sous le Paratyphi C, elle est assimilée au typhus, et à l’époque moderne, elle tue encore environ 10 à 15 pour cent des individus infectés.

Dans une étude préliminaire, les scientifiques de l’équipe ont séquencé l’ADN issu des dents de corps aztèques qui sont décédés sur une période noire marquée par une forte mortalité appelée « Cocoliztli », une grande peste qui s’est développée entre 1545 et 1576, tuant environ 80 pour cent de la population.

Des preuves ADN témoignent de la présence d’une souche mortelle de Salmonella enterica appelée Salmonella Paratyphi C

Sur les 29 échantillons prélevés, 24 étaient associés à « Cocoliztli », les chercheurs ont rapporté que des traces de Salmonella enterica avaient été trouvées dans plusieurs échantillons.
Dans la seconde étude, les chercheurs ont étudié les restes d’une femme décédée il y a environ 900 ans (300 ans avant la « Cocoliztli ») en Norvège, et ils ont également trouvé des traces de salmonella enterica, ce qui laisse à penser que la souche de salmonelle retrouvée sur les dépouilles aztèques a pu être importée d’Europe avec la colonisation espagnole.

Les humains contractent habituellement l’infection après avoir consommé de l’eau ou des aliments contaminés ou après avoir été en contact avec des excréments contaminés, des animaux ou des humains infectieux ou de la nourriture pour animaux contaminée. Chez l’humain la maladie peut se propager aussi longtemps que la bactérie est excrétée dans les matières fécales, la Salmonella enterica peut causer quatre manifestations cliniques différentes : la gastro-entérite, la bactériémie, la fièvre entérique et l’état de porteur asymptomatique.
Aucun des articles ne démontre de façon concluante que la salmonelle est la maladie qui a décimé la plupart des Aztèques, mais de nouvelles preuves suggèrent qu’elle a probablement joué un rôle dramatique dans leur disparition.

Avant l’arrivée des Européens sur les terres du « Nouveau Monde » l’Amérique a été peuplée par de grandes civilisations qui ont été littéralement anéanties en quelques décennies. Les chroniques des missionnaires catholiques faisaient mention de guerres fratricides ayant eu raison des communautés, mais il s’avère aussi que ces peuples furent victimes de maladies qui n’étaient pas connues avant l’arrivée des premiers conquistadors puis l’installation des colons sur le territoire.

Une enquête menée par l’Université du Mexique suggérait antérieurement que la cause des décès était une fièvre hémorragique virale. Mais ces hypothèses n’ont jamais vraiment reçu le soutien de la communauté scientifique. Par conséquent, la nouvelle découverte révèle que la salmonelle a été l’un des principaux facteurs qui ont influé sur le déclin de cette civilisation. Bien qu’il y ait eu également d’autres causes.

D’ailleurs, les chroniques de ce peuple faisaient mention d’une pandémie mortelle décimant des centaines de milliers de personnes entre 1545 et 1550. Mais les historiens ont toujours cru qu’il pouvait s’agir d’une épidémie de typhus ou d’une variante de la peste, avec les prélèvements des scientifiques allemands, la présence de Salmonella Paratyphi C s’avère désormais plus que crédible.