De fortes précipitations, des inondations et des glissements de terrain affectant 20 des 25 régions du Pérou ont fait au moins 43 morts, 72 blessés, 11 disparus et plus de 56 000 sans-abri, selon un dernier bilan émis par les autorités.

Des intempéries marquées et dévastatrices qui meurtrissent le pays sud-américain et qui sont imputées au phénomène appelé « Niño côtier »; au cours d’un épisode El Niño, l’augmentation de la température de l’eau sur la ceinture équatoriale de l’océan Pacifique a des effets perceptibles dans le monde entier, mais lorsque le réchauffement a lieu uniquement sur la zone côtière du Pérou et de l’Équateur, des anomalies pouvant être extrêmes (fortes pluies) sont limitées à ces territoires. Des experts péruviens appellent ce phénomène spécifique « El Niño costero ».

Ce phénomène climatique a d’ores et déjà affecté plus de 546 000 personnes et détruit environ 6 500 maisons, 27 écoles et un centre de santé, entre autres, les effets des précipitations se font particulièrement sentir à La Libertad, Cajamarca, Ica et Lima.

Par mesure de sécurité, le gouvernement du Pérou a suspendu des classes et a ordonné la restriction de l’eau potable jusqu’à jeudi. Le président de la République, Pedro Pablo Kuczynski, a demandé à ses compatriotes « sérénité et prudence » en soulignant que le gouvernement était « absolument dévoué » pour faire face aux situations d’urgence ajoutant  » il s’agit de quelque chose que personne ne pouvait prévoir. Ayez foi, le gouvernement fait face à la situation d’urgence », des propos tenus à la télévision, sur Le Canal N.

À cette occasion le président a ajouté que le gouvernement mettra à disposition les ressources nécessaires pour faire face au désastre, l’exécutif a annoncé mardi qu’il va allouer 800 millions de soles (environ 242,4 millions de dollars) pour la reconstruction des régions du nord de Piura, Tumbes et Lambayeque.

Des précipitations qui pourraient persister jusqu’à la fin avril selon les experts

Plusieurs rapports régionaux de l’INDECI ont souligné la situation d’urgence dans plusieurs zones du pays sud-américain, en particulier sur la côte nord, durement touchée par des précipitations abondantes. Une telle situation n’avait pas été enregistrée dans les zones touchées en près de deux décennies, le réchauffement anormal de l’océan sur la côte a commencé à la mi-janvier avec des températures maximales pouvant atteindre 29 °C au Pérou, et 28 °C en Équateur.
« La température moyenne en été est de 24 ou 25 degrés Celsius. Elle est maintenant quatre ou cinq degrés au-dessus des normales, ce qui provoque les pluies (par la forte évaporation de l’eau), » a affirmé un responsable du SENAMHI.

Les précipitations devraient se poursuivre en mars avant de décliner seulement à la fin du mois d’avril. L’ingénieur Nelson Quispe, du Service national d’hydrologie et de météorologie, a par ailleurs souligné que les pluies survenues à Arequipa pourraient entraîner dans les prochaines semaines, une hausse du niveau du fleuve Amazone, il pourrait même atteindre un état critique.

Le ministre de l’Intérieur, Carlos Basombrío, a déclaré au Canal N que les autorités ne peuvent pas « cacher » que le pays est confronté à « une aggravation des conditions météorologiques ».

(Vidéo du 17/03/2017)

Dans la région de Lambayeque, 3 décès sont à déplorer tandis que 30 910 se retrouvent sans abri; dans la ville de Piura 6 morts ont été enregistrés, 10 blessés, et 14 933 personnes se retrouvent sans foyer alors que 2 168 maisons ont été détruites tandis qu’à Tumbes (à la frontière avec l’Équateur) les pluies ont laissé un mort et 378 blessés.

Dans la région de La Libertad, on fait mention de 2 morts, 6 blessés, et de 491 sans-abri; à Cajamarca, on dénombre la perte de 4 personnes, un blessé, 269 sans-abri; à Áncash 2 personnes ont perdu la vie, et on compte 620 sans-abri.

À Lima, le dernier rapport lié à l’épisode de mauvais temps fait état de 6 blessés, et de 271 personnes sans toit; à Huancavelica, dans les Andes, on pleure la disparition de 2 personnes, à Ayacucho 3 personnes sans vie ont été enregistrées, à Arequipa 8 personnes ont été tuées et 4 autres blessées et jusqu’à présent, il y a 6 disparus.

À Lima, les pluies ont provoqué la crue de la rivière Rimac, qui a débordé et inondé jeudi le Parque de la Muralla, où se trouve une partie de l’ancienne muraille qui protégeait la ville durant la période coloniale. Le site touristique de Pachacamac, est également impacté par les sévères intempéries.
Le Service national de météorologie et d’hydrologie (SENAMHI) a rapporté que les précipitations de Piura et de Lambayeque ont été les plus intenses au cours des 18 dernières années. À la station Morropón (Piura) et Jayanca (Lambayeque), les précipitations accumulées ont dépassé celles enregistrées durant l’épisode El Niño de 1982-1983.

Le gouvernement central a déclaré une situation d’urgence dans 31 districts de 7 provinces de Huancavelica. La mesure restera valide pendant 120 jours.

(Vidéo du 16/03/2017)