La situation au Venezuela est tendue depuis plusieurs mois maintenant sous fonds de crise économique et sociale et de profond désaveu de la politique socialiste menée par le président, Nicolás Maduro, défenseur de la ligne chaviste qui ne fait plus vraiment recette auprès d’une population en proie à une inflation incontrôlée et dramatique, et à des problèmes constants d’approvisionnement dans ce pays où les importations règnent et où la rente pétrolière ne permet plus de subvenir aux besoins de la population.

Nicolás Maduro, a dû mettre sa fierté de côté en lançant vendredi un appel à l’ONU pour « régulariser » l’approvisionnement en médicaments dans le pays sud-américain et faire face ainsi à la crise économique en raison principalement de la baisse des prix du pétrole qui ne permet plus d’importer dans un pays peu industrialisé et dépendant de l’extérieur .

« J’ai demandé de l’aide (…) pour régulariser la question des médicaments, l’Organisation des Nations Unies possède les plans les plus avancés, et complets dans le monde, pour récupérer la capacité de production de l’industrie pharmaceutique », a ainsi affirmé Maduro sur la chaine d’État VTV pendant l’ouverture d’un groupe de résidences à Caracas.

Maduro qui finit par solliciter l’aide internationale après avoir longtemps nié tout problème de pénurie a dit qu’il faisait confiance au Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) pour stabiliser la distribution des médicaments, une situation sanitaire qui a empiré au cours des deux dernières années. Il a également demandé « le soutien » de l’ONU « pour faire face aux blessures économiques et sociales » qui ont frappé « le peuple vénézuélien » se dédouanant de la situation en évoquant une nouvelle fois « la guerre économique » contre laquelle son gouvernement doit lutter et « la forte baisse des prix du pétrole ». Rappelons que le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a été créé le 1er janvier 1965, il fait partie du réseau des Nations Unies, et son rôle est de contribuer à l’amélioration de la qualité de vie des nations.

Le Parlement du Venezuela, tenu majoritairement par l’opposition, a déclaré l’existence d’une crise humanitaire nationale et a demandé au gouvernement d’autoriser l’accès aux médicaments et à la nourriture pour faire face à la situation. 51 % des salles d’opération des hôpitaux publics vénézuéliens ne sont pas opérationnelles et 78 % de ces centres de santé souffrent de pénuries de médicaments, selon l’Enquête nationale auprès des hôpitaux de l’année 2017 , qui a été présentée à l’Assemblée législative la semaine dernière.

(vidéo du 25/11/2016)

Le 8 décembre dernier, le ministre des Affaires étrangères du Venezuela, Delcy Rodríguez, a annoncé que le gouvernement acceptait d’étendre les programmes de coopération avec l’ONU pour l’aide médicale, cependant, un mois après, le député de l’opposition José Manuel Olivares s’est plaint que le pays n’avait toujours pas obtenu de médicaments.

Le nombre de personnes touchées par le manque de médicaments est considérable, selon la Fédération pharmaceutique du Venezuela, la pénurie a atteint 85 % au mois de janvier, les traitements qui ne se trouvent pas dans les pharmacies sont parfois achetés à prix d’or sur le marché noir ou encore grâce à des appels aux dons réalisés sur les réseaux sociaux.

Paradoxalement, cette sollicitation auprès des Nations Unies est intervenue le même jour où les autorités vénézuéliennes ont fait parvenir au Pérou, pays actuellement impacté par de violentes intempéries; deux avions chargés d’aide humanitaire pour aider le pays andin affrontant les pires glissements de terrain et inondations de ces deux dernières décennies.

Cependant, les adversaires de Maduro, pour justifier cette démarche, ont insisté sur le fait que la générosité ne doit pas être réservée aux Vénézuéliens, qui, de leur côté, souffrent de pénuries généralisées et d’une inflation à trois chiffres depuis que l’actuel président a accédé au pouvoir en 2013 après la mort du président Chavez, avec qui il n’a jamais réussi, entre autres, à rivaliser en matière de charisme.

L’inflation au Venezuela a augmenté de près de 500 % en 2016 et devrait poursuivre encore sa progression selon le Fonds monétaire international (elle pourrait encore doubler !).

Des centaines de travailleurs de la santé et d’autres Vénézuéliens ont protesté ce mois-ci pour exiger un meilleur accès aux médicaments et aux traitements. De nombreux manifestants étaient munis d’ordonnances avec des médicaments impossibles à trouver dans les pharmacies locales. La situation est telle que les gens meurent à cause de la pénurie de médicaments de base.

Alors que la moyenne en Amérique latine est d’un établissement pour 3000 habitants, au Venezuela ce chiffre passe d’un établissement pour 7000 habitants. Pour sa part, la Fédération médicale vénézuélienne soutient que les hôpitaux fonctionnent avec seulement 3 % des médicaments et des fournitures nécessaires, un constat terrible pour les médecins qui se sentent impuissants à venir en aide à leurs patients (voir la vidéo ci-dessus).

Ces dernières années, les Vénézuéliens ont lutté contre des pénuries de nourriture et de médicaments, des produits de base tels que du papier toilette n’étant plus accessibles !

(Vidéo du 17/03/2017)