Si les précipitations abondantes qui ont touché la Colombie sont les conséquences d’une saison capricieuse avec des conséquences plus ou moins graves au vu de la topographie de certaines régions (par exemple propices aux glissements de terrain); dans le nord du Pérou et dans une partie de l’Equateur, ces pluies torrentielles sont bel et bien causées par la présence du phénomène « El Niño Costero » comme l’a précisé le Comité interministériel sur l’étude d’El Niño au Pérou ( ENFEN).

Cet événement météorologique survient quand les eaux de l’océan Pacifique se réchauffent près de la côte péruvienne et génère des pluies abondantes dans le désert côtier provoquant des inondations et des glissements de terrain, principalement dans le nord et le centre du pays. Sur la côte de Piura,  des anomalies de +5 degrés ont été enregistrées, ce qui entraîne l’évaporation de l’eau de mer et donc la génération de nuages et de la pluie tropicale sur les villes.

Le phénomène a laissé au moins 106 morts et plus de 980 000 personnes touchées par la destruction partielle ou totale de milliers de maisons, ou encore l’endommagement de routes, de ponts et d’ installations publiques au Pérou, des opérations de reconstruction sont déjà en cours.

Au Pérou, il y a encore 18 personnes portées disparues, 354 personnes ont été blessées, la plupart des victimes se trouvaient sur la côte nord du pays, dans les régions de Piura, Lambayeque, La Libertad et Ancash, 33 morts sont à déplorer et plus de 125 000 personnes se retrouvent sans-abri (600 000 individus touchés).

Par ailleurs, le fleuve Amazone a été placé en alerte rouge en raison de la contribution des précipitations enregistrées dans la selva péruvienne et l’augmentation de son volume, a rapporté le Centre national des opérations d’urgence (COEN),et le rapport du Service national de météorologie et hydrologie (SENAMHI).

(vidéo du 21/03/2017)

En plus de l’Amazonie, d’autres cours d’eau sont en alerte en raison de leur niveau qui augmente, il s’agit des fleuves Maranon et Ucayali, et du Napo, dont la naissance est située en Équateur.

Le flux de l’Amazone s’élève actuellement à une altitude de 117,4 mètres au-dessus du niveau de la mer dans la ville d’Iquitos, capitale de la région de la jungle de Loreto, il est 1,2 mètre au-dessus de son niveau normal, d’après les données du service national de météorologie et d’hydrologie (SENAMHI). Les experts prédisent que le débit de ces quatre fleuves pourrait encore augmenter dans les prochains jours avec les pluies persistantes dans le bassin amazonien du Pérou.

En Equateur, le président Correa estime avoir mieux protégé sa population que le voisin péruvien davantage impacté par les précipitations

En Équateur, la saison hivernale n’est pas passée inaperçue, les intempéries ont tué au moins 26 personnes dont 13 ont perdu la vie au cours de ces 30 derniers jours, selon un rapport émis par le Bureau de la gestion des risques (SGR).

Les provinces les plus impactées sont celles de Guayas (7 morts), suivi de Pichincha (5 morts), el Oro (4 victimes) et Manabi (2 décès). Selon le SGR, 129 982 personnes ont été touchées par la saison des pluies. Un total de 2263 personnes ont été évacuées et 957 personnes sont encore logées dans des hébergements provisoires. Le président Rafael Correa a déclaré mardi sur Twitter que les pluies de cette année ont dépassé la quantité d’eau tombée lors du phénomène El Niño en 1998.

Six provinces côtières d’Équateur, Santa Elena, Manabi, Esmeraldas, Los Ríos, El Oro, Guayas et la région andine de Loja sont en état d’alerte orange, le président Rafael Correa a effectué il y a quelques jours un survol des zones inondées, et à cette occasion il a affirmé que la situation est « grave ». Il a indiqué que des ressources ont été allouées pour remédier à la situation et a demandé à la population de rester calme à la population. Le secteur agricole a été impacté, près de 7 000 hectares de cultures ont été endommagés, avec d’énormes pertes pour les producteurs.

L’Institut national de météorologie et d’hydrologie (INAMHI) a signalé que les pluies devraient se poursuivre jusqu’à la mi-mai, malgré les conditions météorologiques, l’Équateur connait une situation moins catastrophique qu’au Pérou, le chef de l’État a d’ailleurs comparé les deux situations en louant les investissements opérés par son pays pour limiter les dégâts quand les éléments se déchaînent :

« Regardez comment cela se répercute au Pérou, nous subissons le même hiver. Ce n’est pas une question de chance, mais plutôt d’un travail acharné et d’une bonne planification et d’un bon investissement qui constitue le meilleur moyen de faire des économies », a expliqué Rafael Correa.

La Colombie reste sur ses gardes, les pluies persistent…. A Mocoa, le dernier bilan humain fait mention de 316 morts

En Colombie, les fortes pluies ont eu des conséquences tragiques dans le département de Putumayo, qui borde l’Équateur, un glissement de terrain meurtrier a volé l’existence d’au moins 316 personnes, selon un dernier bilan officiel, alors que 103 personnes sont encore portées disparues.

Le drame a eu lieu dans la localité de Mocoa le 1er avril dernier alors que les crues des rivières Mocoa, Sangoyaco et Mulatos ont dévasté plusieurs districts, le président de la Colombie, Juan Manuel Santos, a demandé à tous les gouverneurs de la nation d’activer le système de gestion des risques alors que de nouvelles pluies devraient s’abattre dans le pays dans les jours prochains.

Tout au long de la Semaine Sainte, les précipitations augmenteront dans tout le pays, sauf dans la région des Caraïbes, avec des pluies particulièrement fortes. À Mocoa, mercredi soir et jeudi matin, des pluies abondantes sont attendues « Nous avons tous les dispositifs déployés pour faire face à toute éventualité », a déclaré le président.

Le Gouvernement colombien a promulgué le 7 avril le décret 601, qui déclare pour un délai de 30 jours l’état d’alerte économique, social et écologique pour la commune de Mocoa.