Après les inondations au Pérou, la Chambre de commerce de Lima a estimé que 721 000 personnes pourraient se retrouver sous le seuil de pauvreté.

Les habitants les plus impactés par les pluies et les inondations dévastatrices qui ont suivi sont ceux des régions de La Libertad, Piura, Lambayeque, Tumbes et Ancash, des dommages qui ont été causés ces dernières semaines par la présence du phénomène météorologique, appelé le « Niño côtier » par les spécialistes.

Des routes détruites, des quartiers dévastés par l’eau, des villes inondées… La liste des dégâts est longue, le « Niño côtier » se manifeste lorsque le réchauffement des eaux de l’océan Pacifique au large de la côte péruvienne génère des pluies intenses et inhabituelles sur la côte du désert, elles entraînent alors des inondations et des coulées de boue connues au Pérou sous le terme quechua (langue des natifs des Andes) de « huaicos ».

Le MAAP (suivi du projet Amazonas), en collaboration avec l’Association de la conservation de l’Amazonie ont publié plusieurs images satellites éloquentes témoignant des dégâts que les inondations ont causé dans le pays. Les autorités ont déclaré que plus de 21 000 maisons se sont effondrées et que 20 000 autres se trouvent inhabitables. En outre, 172 écoles ont subi des dommages importants.

Ce phénomène météorologique a débuté dans le pays sud-américain en décembre et continue d’affecter certains endroits avec des inondations, de la grêle, de la pluie, des orages, des tempêtes de neige et des glissements de terrain.

Le gouvernement péruvien a, quant à lui, a estimé les dégâts à 9 milliards de dollars (un plan sur cinq ans, mais 3 milliards devront être investis à court terme pour répondre à l’urgence) et a d’ores et déjà annoncé que la croissance sera affectée dans les prochains mois en raison de la faible productivité sur pratiquement l’ensemble du littoral du pays.

Le phénomène « El Niño Costero » a laissé un tragique bilan humain, 114 morts ont perdu la vie selon les derniers chiffres émis par la Défense civile entre décembre 2016 et le 12 avril dernier, les individus impactés sont au nombre de 1 010 208.

Parallèlement aux travaux de reconstruction qui s’annoncent aussi coûteux que gigantesques, la population doit maintenant faire face à une autre urgence, elle est sanitaire et concerne la prolifération des maladies endémiques causées par les pluies. En effet, dans cette région tropicale, le moustique Aedes aegypti, qui transmet la dengue, le chikungunya et Zika, prolifère, et les conditions météorologiques de ces dernières semaines constituent un terrain plus que favorable à son développement.

Le risque de transmission de la dengue préoccupe plus particulièrement les autorités sanitaires du Pérou, la maladie provoque une forte fièvre, des éruptions cutanées, des douleurs articulaires, et musculaires, mais aussi des nausées et vomissements douleur, et une grande fatigue. Dans les cas les plus graves, la dengue peut causer la mort. Selon les chiffres préliminaires, cette année il y a eu plus de 5 600 épisodes de dengue dans le pays. Dans la seule région d’Ica, à 300 kilomètres au sud de Lima, 500 cas ont déjà été confirmés. Le ministère de la Santé a réitéré les mesures de prévention, comme l’évacuation des points d’eau stagnante, même les récipients les plus petits comme des vases ou encore des écuelles pour les animaux , mais aussi une vigilance accrue concernant les dépôts d’ordures.

Au début du mois, le gouvernement du Pérou a déclaré un état d’urgence national pour le nord du département de Piura, où près de 300 000 personnes ont été déplacées par les inondations, ce qui correspond à environ 30% de la population touchée dans le pays.

Par ailleurs, l’agence météorologique des Nations Unies affirme que certains modèles prédisent qu’un phénomène mondial El Niño pourrait se développer dans les prochains mois, il est encore trop tôt pour se prononcer avec certitude, mais une tendance devrait se détacher dans les prochaines semaines. Selon les modèles en cours et les avis d’experts, « la probabilité d’un évènement El Niño dans la seconde moitié de l’année a augmenté entre 50 % et 60 % ».

En proie au changement climatique global, le Pérou devrait recevoir le soutien de la Banque mondiale (BM), cette dernière vient d’annoncer l’approbation d’un prêt de 40 millions de dollars dans le but d’améliorer la gestion des ressources en eau, un investissement qui devrait bénéficier à près de 4 millions de citoyens après les multiples catastrophes enregistrées cette année.

Le projet, intitulé « Gestion intégrée des ressources hydriques de 10 bassins du Pérou », vise à prévenir et atténuer les catastrophes naturelles comme les récentes crues qui ont frappé la côte péruvienne.

Le système des Nations Unies au Pérou travaille avec les autorités nationales et locales pour affronter la crise provoquée par les pluies et les inondations.

La Coordonnatrice des Nations Unies au Pérou, María del Carmen Sacasa a déclaré la semaine dernière que plusieurs organismes des Nations Unies travaillent avec le gouvernement national dans les régions les plus touchées, principalement à Piura, dans le nord du Pérou.