La mauvaise qualité de l’air a volé la vie à plus de 10 000 personnes en Colombie au cours de ces deux dernières années, des chiffres émis dans un rapport du Département national de planification (DNP). La principale cause de ces décès est la pollution émise par les véhicules et les foyers en raison de l’utilisation de bois et de charbon pour le chauffage.

Ce chiffre de 10 527 décès est donc plus élevé que celui rapporté en 2010 par la Banque mondiale, il était alors de 6000 décès. Medellín est l’une de villes les plus impactées par cette pollution meurtrière avec 12,3 % des cas enregistrés, Bogotá englobe 10,5 % des cas et la ville de Cali 9,5 % du total des décès enregistrés. Il y a également une situation préoccupante dans des régions comme Boyacá et Cesar.

Le secteur de la santé (maladies associées à la pollution de l’air) a dû investir « 20,7 billions de pesos » pour traiter ces malades, un montant équivalent à 2,6 % du produit intérieur brut.

Les coûts des décès et des maladies connexes à la dégradation de l’environnement, en particulier en ce qui concerne la pollution de l’air urbain et de l’air intérieur, et les lacunes relatives à la couverture en eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène, sont pris en compte dans le rapport officiel .

« Sur ce montant, la pollution atmosphérique urbaine représente 75 %, avec 15,4 billions de pesos associés à 10 527 décès », a déclaré le directeur de la DNP, Simón Gaviria, dans le rapport.

Compte tenu de la situation, l’une des recommandations visant à réduire la pollution atmosphérique urbaine en Colombie consiste à « explorer, dessiner et compléter les instruments économiques et réglementaires pour le contrôle de la croissance du parc automobile, la congestion du trafic, la restructuration technologique de l’industrie et de la promotion des moyens de transport alternatifs », a suggéré le directeur de la DNP.

La qualité de l’air n’est pas le seul facteur déterminant de mortalité prématurée, elle peut être associé à d’autres facteurs qui augmentent les risques de maladies respiratoires comme le tabagisme, la cuisson des aliments avec du bois, un faible poids à la naissance, un manque d’hygiène, une surpopulation, ou encore une insalubrité des logements, des points qui doivent aussi être analysés dans les études sur la morbidité et la mortalité liées à la qualité de l’air.

La plupart des décès et des maladies associées à la dégradation de l’environnement sont des problèmes respiratoires, des cancers, des infections cardio-vasculaires et de l’intestin.
En ce qui concerne la répartition des décès, le pourcentage le plus élevé est attribué à la pollution de l’air urbain (77 %), suivi de la pollution de l’air intérieur (17 %) et enfin les problèmes liés au manque d’accès à l’eau potable, à l’assainissement de base et à l’hygiène (6 %). En ce qui concerne les problèmes liés à l’absence de services publics, le DNP intègre les maladies infectieuses intestinales, la malnutrition, la diarrhée, le paludisme, la rougeole et la malnutrition protéique, entre autres.

En ce qui concerne les cas de mortalité attribuables à des lacunes relatifs à l’accès à l’eau potable et à l’assainissement de base, la plus forte proportion de cas est enregistrée dans la région amazonienne et celle de l’Orénoque, les moins de cinq ans étant les plus fragiles.

Environ trois millions de personnes meurent chaque année de maladies causées par la pollution atmosphérique dans le monde. En 2016, Medellín était en état d’alerte rouge pour la mauvaise qualité de l’air, le 23 mars dernier, l’alerte a été répétée, mais cette fois elle a été déclarée dans toute la vallée d’Aburrá.

En Colombie, la qualité de l’air que la population respire dans les villes est l’un des plus grands défis de santé publique, il s’agit de mettre en place des initiatives menant à une amélioration de l’environnement urbain.