Ils font fi de l’accord de paix enfin signé après un long processus de négociations (4 ans de pourparlers menés à la Havane), certains dissidents des FARC refusent d’abandonner le combat et de rendre les armes et poursuivent leurs manœuvres de déstabilisation et d’intimidation. Ces rebelles sur le retour se sont regroupés principalement dans le sud de la Colombie, où la guérilla a toujours eu une forte influence, et surtout là même où elle a pris le contrôle des routes du trafic de drogue. Loin des idéaux initiaux des Forces armées révolutionnaires, ces hommes et ces femmes, hors la loi, sont des trafiquants sans scrupule ne souhaitant pas renoncer à la manne financière des trafics illicites… Conserver la main-mise sur les champs de coca, tel est leur leitmotiv, cette petite feuille verte, qui à grand coup de procédés chimique, donne la cocaïne.

Cette volonté de maintenir la pression sur les autorités se manifeste ces dernières semaines avec les différentes actions de ces dissidents qui n’ont pas hésité à enlever, le 3 mai dernier, un fonctionnaire colombien, membre de l’ONU agissant pour le compte du Programme national pour le remplacement des cultures illicites (ISBL), un kidnapping qui a eu lieu dans la zone du Guaviare.

À cet égard, l’ONU a rappelé que le fonctionnaire enlevé est avant tout « un père, un fils et un mari », et que « la priorité est donc son retour en toute sécurité et immédiat auprès de ses proches ».

(Vidéo du 05/05/2017)

Les médias locaux ont rapporté depuis que les FARC dissidents réclament la cessation des opérations militaires dans la région où il est retenu afin de le remettre à un comité de l’organisation internationale. Le système des Nations Unies en Colombie a tenu à souligner que malgré les couacs dans le processus de paix, l’organisation était plus que jamais déterminée à continuer de soutenir la Colombie « dans leurs efforts pour construire une paix durable dans le pays ».

Dans ce contexte, le directeur financier d’un groupe dissident du premier front des FARC, Mauricio de Jesús Medina, alias « Morrudo » a été tué dans une opération menée par la police colombienne dans le département de caqueta (sud), a rapporté le ministre de la Défense Luis Carlos Villegas.

Ce week-end ce sont deux paysans qui ont été séquestrés dans la zone rurale de Cartagena del Chaira, Caqueta, et c’est encore dans cette région qu’un engin explosif a éclaté à San José del Guaviare lors du passage d’un camion militaire, qui, heureusement, n’a fait aucun blessé parmi les militaires.

C’est dans ce contexte de tensions, que le conseiller présidentiel sur la gestion post-conflit, Rafael Pardo, s’est rendu dans le Guaviare pour vérifier la situation de la région et demander la libération de fonctionnaire de l’ONU sans condition, les dissidents réclament au gouvernement la concrétisation du plan de développement apportant une solution au problème social et économique des paysans et des cultivateurs de coca » ; point sur lequel s’affaire justement les représentants du gouvernement dans la région.

Rafael Pardo, a scellé un engagement avec 613 familles du Guaviare ce samedi pour sceller le début de la troisième phase du programme national de remplacement complet des cultures illicites.

« Nous sommes venus ici parce que cela fait partie intégrante de la paix du pays, et ce que vous signez aujourd’hui représente un développement important dans ces régions qui ont historiquement souffert à cause de l’étape de conflit armé », a déclaré Pardo lors de sa visite dans le département. il a également réclamé la libération inconditionnelle du fonctionnaire de l’ONU «  Il y a 10 jours, un officiel de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, Onudoc, a été enlevé par un groupe dissident des Farc Ce que je requiers, et je pense parler au nom de nous tous ici, c’est la libération immédiate et inconditionnelle de ce fonctionnaire ».

« Amnesty International demande la libération immédiate d’Harley López (…) Sa privation illégale de liberté est un appel aux autorités colombiennes à se réveiller au sujet de la nécessité urgente de protection dont ont besoin des milliers de personnes dans le pays », a déclaré Amnesty dans un communiqué.

L’organisation considère comme « inquiétant » cet enlèvement au cours de la mise en place du plan de restructuration territorial et a ajouté se sentir « préoccupée par le silence du gouvernement et des FARC au sujet de cet incident grave et, en général, sur la situation critique de la sécurité du pays », a déclaré la directrice pour les Amériques à Amnesty International, Erika Guevara-Rosas.

Le programme a été créé le 27 janvier de cette année et, par ce biais, le gouvernement cherche à soutenir les producteurs qui opèrent un changement de culture avec un dédommagement financier mensuel par famille pendant un an et 19 millions $ ont été alloués à un projet de production ou d’assistance technique.

Le gouvernement et les FARC ont signé un accord de paix le 24 novembre dernier mettant fin à 52 ans de conflit armé, des groupes dissidents opèrent actuellement dans des départements tels que Guaviare, Vichada et Guainia, les deux derniers bordant le Venezuela et Nariño, qui borde l’Équateur, en particulier dans la ville de Tumaco.