Les États-Unis ont averti l’ONU, mercredi, que le Venezuela pourrait suivre le chemin de pays comme la Syrie si l’instabilité continue de croître et si les droits de l’homme continuent à être bafoués, rappelons que des manifestations anti-gouvernement ont fait 43 morts au cours des sept dernières semaines, des tensions qui ont éclaté dans un contexte de crise socio-économique sans précédent dans un pays où la colère gronde.

Le Venezuela, avec à la tête du pays, le président chaviste, Nicolas Maduro, a rejeté comme à son habitude l « ingérence » des États-Unis et a assuré l’ONU que son pays résoudra ses problèmes sans intervention internationale.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies s’est réuni hier à portes closes pour évoquer la situation au Venezuela à la demande des États-Unis. Pour le Venezuela ou encore d’autres pays comme la Bolivie et de l’Uruguay, proches du pouvoir incarné par Maduro, la discussion au sein du Conseil n’est pas nécessaire, car, qu’il n’y a aucun risque pour la paix ou la sécurité internationale.

« Il est clair que nous commençons à voir une grave instabilité au Venezuela », a déclaré aux journalistes l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, ajoutant « la crise ne s’améliore pas, elle ne fait qu’empirer et ce que nous essayons de dire c’est que la communauté internationale doit faire respecter les droits de l’homme de son peuple ou alors nous assisterons à un dénouement auquel nous avons déjà tant assisté ».

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a pour la première fois fait mention de sa profonde préoccupation concernant les violences au Venezuela et a dit qu’il a contacté plusieurs médiateurs pour apporter une solution à la crise qui secoue le pays sud-américain.

 » Le Venezuela constitue ma grande préoccupation, non seulement au sujet des difficultés d’ordre politique et de la violence, mais aussi en raison  des graves difficultés économiques et sociales », a déclaré António Guterres mercredi lors d’une conférence de presse donnée à Strasbourg en présence du Président du Parlement européen.

L’ambassadeur des Nations unies du Venezuela, Rafael Ramírez s’est plaint après la réunion du Conseil de  « la position interventionniste » de Washington, les États-Unis, encourageant selon lui « les groupes violents ». Il a ainsi affirmé à la presse « Le Venezuela va résoudre ses problèmes en interne (…) Nous allons le faire nous-mêmes ».

Haley a souligné que la population vénézuélienne se trouvait « au bord de la crise humanitaire » et que la communauté internationale devait travailler de façon conjointe pour faire en sorte que le président Nicolás Maduro « redonne la démocratie au peuple ».

L’opposition politique vénézuélienne appelle à des élections générales et rejette l’instauration d’une Assemblée constituante « populaire » convoquée par Maduro, considérant cette tentative comme frauduleuse, comme un moyen de se maintenir au pouvoir contre vents et marées.

(Vidéo du 14/05/2017)

« Des manifestants pacifiques ont été blessés, arrêtés et même tués par leur propre gouvernement. Ils n’ont pas des médicaments, les hôpitaux n’ont pas de fournitures et il est difficile de trouver de la nourriture », a ajouté Haley.

Les manifestations se multiplient au Venezuela depuis le 1er avril dans un climat de profonde détérioration économique et sociale, dans un pays riche en pétrole impacté par la baisse du cours du brut et ne pouvant plus subvenir à ses besoins à coup d’importations (l’or noir représente près de 96% de ses exportations et les deux tiers de ses recettes), une situation engendrant de graves pénuries de nourriture et de médicaments, la plus haute inflation du monde (qui devrait atteindre 720% cette année selon le Fonds monétaire international), et un taux de criminalité endémique.

Caracas affirme que le manque de médicaments et de nourriture est le résultat d’une « guerre économique » menée par l’opposition, sous fonds de spéculation et d’accaparement de produits, cela dans le but de déstabiliser le gouvernement.

Le secrétaire d’État américain, Rex Tillerson, a dénoncé une  « véritable tragédie » au Venezuela.

Le Venezuela, se jugeant harcelé, a décidé de se retirer de l’Organisation des États américains (OEA) évoquant son droit à la souveraineté, les ministres des Affaires étrangères des Amériques se réuniront le 31 mai pour discuter de la situation.

L’ambassadeur de l’Uruguay, qui préside actuellement le Conseil de sécurité, a expliqué que le Venezuela ne devrait pas être une question à l’ordre du jour : « Le Conseil n’a pris aucune décision sur le Venezuela » a déclaré l’ambassadeur Elbio Rosselli, « la question n’est pas à l’ordre du jour et à mon avis, elle ne doit pas l’être. L’Uruguay préfère traiter cela (…) dans le cadre des organisations régionales », a-t-il déclaré.

L’ambassadeur de la Bolivie à l’ONU, Sacha Llorenti, qui intègre également le Conseil en tant que membre temporaire est allé plus loin en dénonçant l’attitude nord-américaine « ceci témoigne d’une nette intention interventionniste » précisant « les États-Unis ne sont pas un médiateur », et évoquant leurs liens avec l’opposition.

Plus de 18 000 Vénézuéliens ont fait une demande d’asile aux États-Unis en 2016, le chiffre le plus élevé par nationalité de cette année, selon les données officielles américaines.

Mardi, huit sénateurs américains ont présenté un projet de loi visant à sanctionner des fonctionnaires vénézuéliens. Une autre initiative à la Chambre des représentants vise à faciliter l’obtention du statut de réfugié aux Vénézuéliens qui vivent déjà aux États-Unis.

(Vidéo du 17/05/2017)