Les présidents de Colombie, Juan Manuel Santos, et des États-Unis, Donald Trump, ont eu leur première réunion diplomatique la semaine dernière à la Maison-Blanche. L’entretien entre les deux chefs d’État a duré 50 minutes et le président colombien était accompagné de certains membres de son administration. À la fin cette rencontre bilatérale, les deux chefs d’État ont donné une conférence de presse durant laquelle ils ont donné les conclusions de cet entretien qui s’est voulu cordial.

M.Trump avait prévu que le dialogue avec M.Santos se concentrerait sur deux questions spécifiques, à savoir la lutte contre le trafic de drogue et la situation au Venezuela avec les affrontements entre forces de l’ordre et opposants au pouvoir chaviste incarné par le président Maduro.

Après la réunion, Trump a confirmé l’engagement des États-Unis conjointement à la Colombie pour mettre fin à « des crimes terribles » liés au trafic de drogue, il a fait référence dans cette optique à l’augmentation des cultures illicites en Colombie, point sur lequel il a tenu a manifesté ses inquiétudes. « L’année dernière, la culture de la coca a atteint des niveaux record, » a déclaré le président Santos ajoutant que les autorités souhaitaient résoudre le problème le plus rapidement possible, le président nord-américain a alors mentionné son soutien à son homologue : « Dans cette tâche, nous allons nous battre ensemble. »

Donald Trump a affirmé : « Je me réjouis de travailler avec le président Santos pour lutter contre le trafic de drogue. La Colombie et les États-Unis ont une relation très forte. Ensemble, nous allons lutter contre les réseaux criminels parce que nous avons un grand engagement ».

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Au-delà des manifestations de soutien réciproques, les questions autour de l’éradication des champs de coca illégaux ont été au cœur des préoccupations, des interrogations demeurent autour des stratégies de destruction des cultures illicites. Le ministère de la Défense colombien a souhaité témoigner de son engagement dans cette lutte et a fait part de la destruction de 15 000 hectares illégaux au cours du premier trimestre 2017. Une action de contrôle des cultures de coca qui s’inscrit également dans un contexte de volontariat avec l’incitation et l’aide de l’État pour que des paysans acceptent de s’adonner à d’autres cultures.

Le président Trump a également évoqué la question du Venezuela dans un contexte de crise politique et économique majeure et de tensions sociales qui ont fait des dizaines de morts au cours de manifestations anti-gouvernement, il a affirmé sur ce point vouloir « un Venezuela, libre, stable et pacifique » évoquant « un véritable problème humanitaire » au sein du pays sud-américain.

Devant les journalistes, le président américain a admis qu’il avait été honoré de rencontrer le Président Santos et son équipe « talentueuse » de collaborateurs, et a félicité son homologue colombien pour avoir reçu cette année le prix du prix Nobel de la paix pour son engagement à mettre fin au conflit armé avec les FARC.

Il a déclaré que le président Santos avait fait un excellent travail, s’est dit très fier de le connaître précisant que le processus de paix « a été long » car « il n’y a rien de plus difficile à concrétiser que la paix ».

Santos a ajouté qu’il était parvenu à ce que « les États-Unis et le président Trump ratifient le soutien à la paix et au post-conflit et que ce soutien est très important alors que beaucoup spéculaient que ce soutien serait remis en question ».

Le chef d’État colombien a lui aussi évoqué l’importance des liens avec les Etats-Unis « Nous resterons partenaires » et a remercié les États-Unis pour leur engagement dans le cadre du Plan Colombie visant à « défendre la démocratie » qui a été menacé par le terrorisme et le trafic de drogue. « Les États-Unis ne nous laissent pas seuls…pour gagner cette bataille », a-t-il ajouté.

Le président colombien a assisté à un dîner mercredi soir, la veille sa rencontre avec D. Trump, avec le conseiller à la sécurité nationale du Congrès , R.H. McMaster. Le Congrès a approuvé un programme d’aide de 450 millions de dollars pour la Paix en Colombie , une annonce faite l’an dernier par le président Barack Obama.

Dans son allocution Santos a souligné que la Colombie souhaitait rester la meilleure destination pour les entreprises américaines souhaitant investir à l’étranger et a confirmé que le géant du nord « restera un ami et un allié stratégique ».

Juan Manuel Santos est devenu le troisième président latino-américain à être accueilli par Donald Trump à la Maison-Blanche. Le président des États-Unis avait déjà reçu l’Argentin Mauricio Macri, et le président du Pérou, Pedro Pablo Kuczynski.

La rencontre entre Santos et Trump avait été précédée par trois appels téléphoniques, le premier ayant eu lieu dès le 11 novembre dernier, deux jours après la victoire-surprise du magnat américain aux élections.