Wikipedia : Situation approximative de la région Gran Chaco (carte provenant du CIA World Factbook).

Ils sont des natifs et vivent encore aujourd’hui isolés du reste du monde, des indigènes qui aspirent à vivre loin de tout et de tous, une communauté d’hommes et de femmes libres néanmoins menacée par des activités humaines…

Ils sont les Ayoreo, un peuple en isolement volontaire évoluant entre la Bolivie et le Paraguay en Amérique du sud, l’un des derniers peuples en dehors de l’Amazonie à rejeter tout contact avec le monde dit « occidental » ignorant les frontières modernes et se déplaçant au gré de leurs besoins de subsistance comme le faisaient leurs aïeuls, mais aussi, parfois, au gré d’autres nécessités… Comme fuir ceux qui s’aventurent sur leur territoire ancestral à des fins mercantiles en se livrant à la déforestation ou encore à l’exploitation minière.

Les Ayoreo forment une communauté (parmi une vingtaine de peuples autochtones vivant au Paraguay) représentant moins de 2 % de la population totale. Selon un rapport de l’organisation Initiative Amotocodie (IA) publié récemment, la déforestation, l’exploitation minière, la construction de routes et des litiges fonciers menacent la vie des natifs.

Selon l’organisation, le territoire Ayoreo comprend environ 33 millions d’hectares situés à la frontière entre le Paraguay et la Bolivie, au nord de la région du Gran Chaco, cette zone est considérée comme la deuxième plus grande zone boisée en Amérique du Sud.
Cette région a énormément souffert entre 2015 et 2016 de la déforestation enregistrant des tristes records, avec une moyenne annuelle de 400 000 hectares déboisés, et le territoire Ayoreo subit le plus grand impact. Avec la perte de leurs terres, ils sont directement menacés, ces intrusions bouleversent leur mode de vie basé sur la pêche, la chasse et la cueillette de fruits et la récolte de miel et induisent de véritables risques sanitaires.
Des zones vitales pour les Ayoreo isolés sont impactées, il peut s’agir par exemple de cours d’eau ou d’étangs.

En outre, la disparition des forêts exacerbe la sécheresse extrême et incite les indigènes à s’approcher de camps de travail pour s’approvisionner en eau, ce qui pose un risque de contact indésirable avec toujours le même danger en ligne de mire, la propagation de maladies parfois mortelles pour ces individus vivant en autarcie.

http://www.iniciativa-amotocodie.org/wp-content/uploads/2017/05/InformeAaisladosZonaFronteraPY-BO-Reduced.pdf (rapport complet en espagnol)

L’exploitation minière est une autre activité qui met en danger les populations indigènes sylvicoles, pour parvenir à leurs fins les travailleurs ouvrent des routes, des accès informels qui menacent l’intégrité même des Ayoreo les privant de leur isolement volontaire. Ces actions interviennent alors que les routes migratoires traditionnelles des communautés autochtones sont de plus en plus sous la pression du progrès de l’agro-industrie.
L’exploitation et le trafic de bois précieux ou encore d’animaux vivants représentent « une menace constante pour ce peuple isolé », peut-on lire dans ce rapport, mais ces activités illicites se poursuivent faute d’un contrôle efficace mené par les autorités.

L’organisation dénonce également les expéditions religieuses de la mission A las Nuevas Tribus, à la frontière entre le Paraguay et la Bolivie, dans le but de rencontrer des Indiens isolés pour les évangéliser et les pousser à vivre hors de la forêt.

La présence de groupes isolés en Bolivie et au Paraguay est connue par les Ayoreo contactés des deux pays, ainsi que par les résidents et les travailleurs de ces régions. En Bolivie, des informations ont été systématiquement et méthodiquement récoltées, même si le processus est difficile. Au Paraguay, Initiative Amotocodie (IA), procède à la surveillance systématique de la présence de groupes isolés dans la région depuis 2002.

La déforestation au Paraguay a fortement augmenté depuis 2007 avec l’ouverture des marchés internationaux pour le bœuf, en Bolivie, les colonies mennonites ont étendu les cultures de soja dans le département de Santa Cruz. La déforestation et la destruction de la végétation dans la région ont monté en flèche, aujourd’hui les Ayoreo avides d’une vie simple au contact de la Nature ne sont plus assurés de pouvoir protéger leur mode de vie, le danger rôde comme une épée de Damoclés. Au XXI siècle comme au temps de la Conquête Espagnole et de la Colonisation, l’appât du gain suscité par l’exploitation des ressources naturelles du territoire sud-américain entraîne, malgré eux, les natifs sur la voie du déclin…