Un attentat a frappé hier la Colombie, le président de la nation sud-américaine, Juan Manuel Santos, a condamné cet acte barbare survenu dans un centre commercial de la capitale, Bogotá, et a ordonné à la police nationale d’engager tous les moyens nécessaires pour trouver les responsables dans le cadre de leur enquête.

L’explosion a été enregistrée dans un quartier aisé situé au nord de Bogotá, un rapport préliminaire fait mention de trois morts et de 11 blessés dont 3 se trouvent dans un état grave. Dans un message posté sur Twitter, M.Santos a exprimé sa solidarité avec les victimes et a demandé aux autorités de la police de le tenir informé à chaque instant des avancées de l’enquête.

L’explosion a eu lieu hier après-midi au centre commercial Andino alors que des centaines de personnes faisaient leurs courses en prévision de ce dimanche de fête des Pères, l’engin explosif avait été placé dans les commodités, il a fauché la vie de trois femmes.

Le maire de Bogotá, Enrique Peñalosa, a rapporté que, parmi les morts, il y a une Française âgée de 23 ans, elle était venue effectuer une mission d’aide sociale de six mois dans les quartiers pauvres de la ville. Le bâtiment a été aussitôt  évacué alors que la police, les ambulances et les pompiers sont arrivés rapidement sur place, un lieu connu pour ses bars, restaurants et boîtes de nuit.

Gautier Mignot, ambassadeur français en Colombie, a dénoncé l’attaque contre le centre commercial Andino, qui a laissé trois morts, parmi lesquelles une citoyenne française.

Le diplomate a déclaré qu’il était « choqué » après l’attentat terroriste et a envoyé ses « condoléances aux familles des victimes et a exprimé sa solidarité avec les blessés # BogotáEstoyContigo via Twitter.

L’attentat a pris la vie à trois femmes, trois blessés se trouvent actuellement dans un état grave

Le président a d’ores et déjà affirmé que l’explosion était bien « une attaque criminelle » et non un accident et a précisé que la police se penchait sur le type de dispositif ayant été utilisé afin d’identifier le groupe criminel.

Le directeur de la police nationale, le général Jorge Nieto, a déclaré qu’une équipe spécialisée de la police judiciaire a commencé la délicate tâche de recueillir des preuves, ils analysent attentivement dans cette optique les enregistrements des caméras de sécurité et d’autres éléments qui permettraient de faire avancer l’enquête.

Il a ajouté que les techniciens antiexplosifs étaient à l’oeuvre pour analyser le dispositif qui a causé l’explosion : « Nous travaillons, soyez assurés que cela va bientôt donner des résultats », a-t-il dit.

Le général Nieto n’a avancé aucune hypothèse quant à la culpabilité d’un groupe précis, et d’ailleurs rejeté les rumeurs de possibles nouvelles attaques terroristes visant d’autres centres commerciaux de la ville afin de calmer les habitants.

« Nous ne pouvons pas générer de la panique, nous renforçons la sécurité dans toute la ville en prenant évidemment toutes les précautions », a-t-il présicé.

Les blessés de cet ultime attentat ont été transportés dans différents hôpitaux du nord de la capitale colombienne. Les soupçons concernant les auteurs de cet acte se sont aussitôt portés sur la dernière guérilla active du pays, l’Armée de libération nationale, avec laquelle le gouvernement a entamé des pourparlers de paix officiels le 8 février. Mais l’ELN a aussitôt nié l’attaque sur son compte Twitter répudiant cette violence « contre la population civile » et a partagé sa douleur avec les victimes.

Le 19 février, le groupe armé avait visé un escadron de police avec un engin explosif au le centre de la capitale, tuant un agent et faisant plus de 20 blessés.

Pour sa part, le chef des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), le principal groupe rebelle qui a signé la paix en novembre dernier avec le gouvernement en place a déploré l’attaque.

« Solidarité avec les victimes d’aujourd’hui (samedi) à Bogota. Un tel acte ne peut venir que de ceux qui veulent fermer les voies à la paix et à la réconciliation », a tweeté Rodrigo Londoño, également connu sous le pseudo de « Timoshenko » au sein de la guérilla.

Selon le directeur de la police nationale, le général Jorge Nieto, responsable de l’enquête, « une bombe » a été placée « derrière l’un des WC des toilettes des femmes ».

Le maire Peñalosa a ajouté qu’il se maintiendrait en alerte face  à toute situation suspecte à Bogotá, « en particulier dans les semaines à venir ».

Pour l’analyste Jorge Restrepo, directeur du centre Cerac (analyse des conflits), cette attaque « reflète la polarisation extrême au sein de la société » après un demi-siècle de conflit avec les FARC et de l’ELN.

En Colombie, le conflit armé a opposé la guérilla, les paramilitaires et les agents de l’État ces dernières décennies, il a laissé au moins 260 000 morts, 60 000 disparus et 7,1 millions de personnes déplacées.