Le bilan s’est encore alourdi au Venezuela dans le cadre des manifestations organisées contre la politique du président N. Maduro, cinq personnes ont ainsi perdu la vie lors d’une grève civique organisée en fin de semaine dernière par l’opposition. Un dernier bilan humain fait mention de 103 tués au cours de ces quatre derniers mois, une période marquée par de profonds heurts entre opposants au gouvernement en place et forces de l’ordre.

Par ailleurs, si l’on en croit des informations données par Alfredo Romero, directeur de l’ONG Penal Foro Venezolano, 261 personnes ont été arrêtées à l’occasion de ces deux jours de grève civique.

La MUD a déclaré que la grève avait été suivie à 85 %, alors que Nicolas Maduro et d’autres dirigeants ont affirmé qu’elle avait été un échec.

Rappelons que Nicolás Maduro fait face à une vague de protestations demandant son éviction du pouvoir, ses opposants rejettent l’élection prévue le 30 juillet visant la mise en place d’une Assemblée constituante pour réformer la Constitution.

L’opposition affirme que l’Assemblée constituante ferait du pays sud-américain Venezuela « un autre Cuba » en aggravant la crise économique qui oppresse la population avec de graves pénuries de nourriture et de médicaments les obligeant à patienter des heures dans des files d’attente pour éventuellement obtenir les produits recherchés.

L’Assemblée constituante sera formée pour un tiers de représentants d’organisations sociales et pour les deux tiers restants d’élus venant de municipalités, mais via cette procédure Maduro chercherait surtout contourner l’Assemblée nationale dominée par l’opposition depuis décembre 2015.

Maduro, quant à lui, soutient que la Constituante apportera la paix et la prospérité, et donnera un statut constitutionnel aux programmes sociaux, au contrôle des prix contre l’inflation et à la distribution des denrées alimentaires subventionnées. Le FMI estime que l’inflation est de 720 % cette année dans ce pays.

La principale force d’opposition du pays, la MUD a refusé de participer à l’Assemblée constituante, en faisant valoir qu’aucun référendum n’a été convoqué et que le système électoral est une « fraude », un moyen pour le président Maduro de se maintenir au pouvoir avec le soutien des pouvoirs militaires, électoraux (le Tribunal Suprême électoral) et judiciaires.

Les images de ces violences font le tour du monde, et la répression des mouvements protestataires vaut à Maduro de subir une forte pression internationale, le président américain Donald Trump, a d’ores et déjà menacé d’imposer des sanctions économiques au Venezuela si le chef d’État socialiste poursuit sur cette voie.

Les gouvernements d’Amérique latine, l’Union européenne et le Secrétaire général de l’OEA, Luis Almagro, ont sollicité Maduro pour qu’il abandonne ce projet d’Assemblée constituante.

Au cours de ce Sommet qui s’est tenu à Mendoza en Argentine, le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay), a demandé instamment à Maduro, vendredi, d’ouvrir un dialogue avec l’opposition ou de risquer une suspension, cette fois, permanente du bloc.

A Strasbourg, un groupe d’experts en droit constitutionnel du Conseil de l’Europe a estimé que l’Assemblée constituante remettrait en question la « crédibilité démocratique » au Venezuela.
Il est absurde que le gouvernement, dans son obstination à établir une constituante rejetée par la majorité, puisse conduire le pays à un drame international », a déclaré Luis Vicente León, président de la firme Datanalisis, selon laquelle ce désaccord au sein de la population vénézuélienne atteint 70 %.

Le gouvernement de Maduro a qualifié ce sommet d' »illégal » et a considéré comme « alarmant » le recours du bloc « au service d’une politique de harcèlement » contre le Venezuela.

Confronté à ce climat de tension croissante, un diplomate vénézuélien aux Nations Unies, Isaías Medina, a démissionné, en invoquant la violation des droits de l’homme dans son pays, mais le gouvernement se targue de l’avoir suspendu pour son comportement « malhonnête ».

Le ministre de la Défense, le général Vladimir Padrino a déclaré vendredi que les militaires feraient en sorte que l’élection de l’Assemblée constituante dirigée par Maduro ait lieu. Selon le ministre, les protestations de l’opposition exigeant le départ de Maduro et le rejet de l’Assemblée constituante font partie d’un plan visant à renverser le gouvernement, mais cette issue n’aura pas lieu, a-t-il affirmé.

Le député de l’opposition, Simon Calzadillalors, a lancé un appel à une marche protestataire le 28 juillet samedi prochain au nom de la coalition politique la Table de l’unité démocratique (MUD) pour réclamer l’abandon de l’assemblée constituante. Deux jours de grève civique sont également prévus les 26 et 27 juillet.

(vidéo du 23/07/2017)