C’est dans la province amazonienne d’Orellana, et précisément dans la localité de Nuevo Rocafuerte, un écrin qui abrite une biodiversité rare et unique au monde, que le président de la république équatorienne,  Lenín Moreno, a ratifié samedi le Traité de Paris témoignant de sa détermination à protéger l’environnement au niveau national et international. Un engagement écologique également mis en avant par la ministre des Affaires étrangères, María Fernanda Espinosa :

« Cet accord signifie un engagement visant à réduire nos émissions de gaz à effet de serre et cela doit passer par un changement de notre politique énergétique. Nous devons réduire la déforestation, favoriser la réduction des émissions causées par l’utilisation de la voiture. C’est un engagement de la société équatorienne pour contribuer à la lutte contre le changement climatique ».

Le représentant des Nations Unies en Équateur, Arnaud Peral, a souligné l’importance de la volonté politique du pays andin. Via le réseau social Twitter, le président Moreno a déclaré que « les engagements mondiaux d’aujourd’hui sont renforcés pour contrer les effets du changement climatique », ajoutant que l’Équateur « s’engage à ne pas augmenter la température de la planète ».

« La ratification de l’Accord de Paris constitue une grande nouvelle. Le fait que l’Équateur se joigne à la lutte contre le changement climatique qui nous touche tous sur la planète constitue un message très important », a déclaré le membre de l’ONU, alors que pour Tarcisio Granizo, ministre de l’Environnement, la signature de l’accord témoigne de la volonté du pays sud-américain de prendre part aux efforts internationaux en matière de préservation de l’environnement déclarant « nous avons tous une responsabilité partagée concernant le soin de notre maison commune, à savoir la planète ».

Le Président Moreno récemment élu à la tête de l’Équateur a profité de sa visite à Nuevo Rocafuerte pour annoncer une collaboration avec la communauté dans le but de créer une extension universitaire ayant pour objectif l’étude des sciences de la vie, de l’environnement et des savoirs ancestraux. Durant sa venue dans la région amazonienne, le chef d’État a effectué une visite sur des installations d’un centre de santé de type A, dans la ville de Coca. Le centre de santé, situé à San Sebastián de Orellana, répond aux besoins de la population en matière de médecine générale, d’obstétrique, de soins dentaires et de soins infirmiers.

L’accord de Paris a été ratifié à ce jour par 115 pays, c’est un accord dans le cadre de la Convention des Nations Unies sur le changement climatique, il établit des mesures visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre, une mise en oeuvre dès 2020, année qui coïncidera avec la fin du protocole de Kyoto.

L’accord de Paris a été signé par l’Équateur le 26 juin 2016, l’Assemblée nationale a approuvé sa mise en application le 22 juin 2017, il ne manquait plus que la ratification de l’Exécutif. Grâce à cet accord, les pays s’engagent à lutter avec des mesures concrètes contre le changement climatique.

Pour sa part, la ministre des Affaires étrangères, María Fernanda Espinosa, a rappelé que l’Équateur « renforce  son engagement pour l’avenir et a noté que la ratification de l’accord fait partie de ce que l’on appelle dorénavant la diplomatie verte » , c’est -à dire que les questions d’ordre écologique sont au cœur des réflexions et des attentes.

C’est dans ce contexte que les autorités ont choisi d’alerter la population sur le changement climatique en évoquant un exemple frappant, à savoir le sort du glacier d’Antisana qui perd 25 m par an, il a ainsi reculé d’environ 350 mètres au cours des 20 dernières années.

« Pour ceux qui ne pensent pas que le changement climatique constitue un problème, ils doivent venir ici et observer, vous verrez en fait qu’il se passe quelque chose, nous devons agir », a déclaré l’ambassadrice de l’Union européenne en Équateur, Marianne Van Steen, dans une vidéo diffusée aux médias par le ministère de l’Environnement, après une visite du volcan.

Lors de la visite, les ambassadeurs ont félicité l’Équateur pour la ratification de l’Accord de Paris et ont réitéré leur engagement à continuer à travailler avec le pays sur l’action climatique fondée sur la science et la recherche, des informations délivrées dans un communiqué du Service européen.

Les pays signataires de l’Accord de Paris se sont engagés à prendre des mesures pour maintenir la hausse de la température globale en dessous de deux degrés Celsius et idéalement à faire en sorte que l’augmentation ne dépasse pas 1,5 degré.

Ce qui se passe avec l’Antisana témoigne d’un réchauffement de la planète, ce qui peut avoir de graves conséquences à court terme, a affirmé le chercheur à l’Institut national de météorologie et d’hydrologie, Luis Maisincho.

Des représentants de l’Union européenne, dont plusieurs États membres (France, Allemagne, Espagne et Royaume-Uni) ont fait le déplacement en Équateur pour sensibiliser l’opinion sur les conséquences du réchauffement climatique, un dégel du glacier qui pourrait avoir, entre autres, un impact direct pour l’approvisionnement en eau des habitants de Quito.

Ils ont grimpé jusqu’à 4 800 mètres d’altitude, là où le dégel est perceptible , et ont planté un drapeau avec le slogan suivant: « Make the planet green again » (« Faisons reverdir la planète »).