C’est un site emblématique du Pérou, et probablement celui qui fait le plus rêver le visiteur étranger en raison de sa charge historique, mais aussi de part son emplacement au cœur d’une végétation dense dans un cadre naturel privilégié, à une altitude qui donne le vertige et rappelle la splendeur des temps passés, celui qui s’aventure sur ses hauteurs marche sur les traces de l’une des civilisations anciennes les plus fascinantes au monde… On parle bien sûr de la cité archéologique du Machu Picchu à 2 438 mètres d’altitude, occupée il y a des siècles par les Incas, anciens habitants du Pérou précolombien qui ont façonné un pays aujourd’hui riche de son histoire et de son patrimoine, le pouvoir d’attractivité de ces vielles pierres constituent un véritable atout pour le pays sud-américain, mais ce succès s’accompagne de contraintes relatives à la préservation et à la gestion de la fréquentation touristique.

Selon les données officielles, le Machu Picchu reçoit 1,7 million de visiteurs par an dont plus de 800 000 touristes étrangers, une aubaine pour l’activité économique du Pérou, mais les autorités ne perdent pas des yeux que la citadelle précolombienne doit être protégée pour assurer sa pérennité, un objectif également défendu par les organismes internationaux comme l’UNESCO qui veille à ce que toutes les mesures soient prises en faveur de la protection du site.

Ainsi, le gouvernement péruvien envisage l’opportunité de construire un téléphérique en direction de la citadelle inca du Machu Picchu afin d’étendre de manière significative la zone de visite, un projet évoqué début août par le ministre du Commerce et du Tourisme.

« Nous sommes en train d’étudier et d’évaluer la possibilité de permettre un accès grâce à un téléphérique, non pas via la partie proche d’Aguascalientes parce qu’il y a des conditions pour ne pas boucher la visibilité de la citadelle, mais nous prévoyons de développer d’autres entrées, dont l’une par Santa Teresa. L’idée est d’avoir davantage de voies d’accès et d’étendre la zone de visite », a affirmé le fonctionnaire dans une interview avec le Pérou TV.

À l’occasion d’une prise de parole publique, Eduardo Ferreyro a déclaré : « Nous travaillons sur différents points d’accès, nous analysons l’opportunité d’un téléphérique et d’une entrée par voie terrestre via Santa Teresa » ajoutant « nous voulons que Machu Picchu reste vivant pour les 50 prochaines années, puis voir ce qu’il faudra faire, mais pour cela nous avons besoin d’élargir les routes d’accès et d’élargir la zone à visiter ».

L’objectif serait d’éviter le « confinement » des touristes sur un petit espace, une meilleure répartition des visiteurs sur une superficie environ huit fois plus grande que ce qu’elle est aujourd’hui pourrait être ainsi rendue possible.

À l’heure actuelle, la citadelle de Machu Picchu est essentiellement desservie par un système de bus et par le chemin de l’Inca fréquenté par les promeneurs.  « Nous estimons la possibilité de pénétrer par la route de Santa Teresa, puis d’effectuer une belle promenade sur zone avant d’accéder aux ruines avec le téléphérique ». Ferreyros a rappelé que ce processus n’allait pas se mettre en place « du jour en lendemain », un tel projet nécessite en effet la concertation de plusieurs portefeuilles gouvernementaux.

Ce projet de nouveaux points d’accès a été bien accueilli par la Chambre nationale du Tourisme. « Il y a deux entrées, la classique avec le bus d’Aguas Calientes, et l’autre par les randonneurs le Camino del Inca, l’idée est d’avoir au moins quatre accès », a déclaré Freddy Gamarra, président de Canatur.

Les ministères du Tourisme, de la Culture et de l’Environnement évaluent cette possibilité d’améliorer considérablement l’accès aux ruines pour les touristes nationaux et étrangers.

Le ministre Eduardo Ferreyros prévoit qu’en 2017, le Pérou recevra plus de 4 millions de touristes étrangers, en dépit de l’impact causé par la présence du phénomène Niño côtier plus tôt cette année dans les régions du nord du pays.  « Nous avons eu un problème avec le Niño côtier dans le nord. Il y a eu de très importantes annulations et le tourisme a diminué de façon spectaculaire dans cette partie du pays. Bien qu’il ait eu un impact immédiat et effectif sur les infrastructures, en particulier sur les zones balnéaires, les sites archéologiques n’ont pas été gravement touchés », a-t-il dit.

La citadelle de Machu Picchu célèbre dans le monde entier depuis le voyage d’exploration du chercheur et « aventurier » américain, Hiram Bingham, en 1911, a été reconnu en 1983 comme un site du patrimoine culturel par l’UNESCO et, depuis 2007, il est aussi considéré comme l’une des 7 nouvelles merveilles du monde.