En déplacement en Colombie, le vice-président des États-Unis, Mike Pence, a rencontré le chef d’État Juan Manuel Santos, le Nord-Américain a ainsi donné le coup d’envoi à une tournée dans la région sud-américaine sous fond de tension croissante entre Washington et Caracas.

Hier, depuis la ville de Carthagène, le chef d’État colombien a affirmé qu’il est nécessaire de faire « le maximum » pour « restaurer la démocratie » dans le pays sud-américain voisin en insistant sur le fait que « l’option militaire ne doit pas être envisagée », une référence directe aux propos tenus par le président Donald Trump qui n’a pas exclu une possible « intervention militaire » contre la crise vénézuélienne.

« Le spectre des interventions militaires en Amérique latine a disparu il y a longtemps et nous ne voulons pas qu’il réapparaisse », a par ailleurs ajouté Manuel Santos qui a insisté sur le fait que le territoire sud-américain est une terre de paix. Cependant, le dignitaire a souligné la nécessité de maintenir et d’augmenter la pression sur le « régime vénézuélien ».

« Une assemblée constituante constitue le coup de grâce aux institutions démocratiques. Nous soutenons les mesures prises par le gouvernement américain et nous soutiendrons des mesures additionnelles – mais toujours dans la perspective de trouver une solution, que j’espère négociée-, mais quoi qu’il en soit pacifique », a déclaré le président colombien.
De son côté, Mike Pence a tenu durant son allocution à rendre hommage aux Vénézuéliens « courageux » qui ont perdu la vie au cours des derniers mois (113 morts) lors de mouvements protestataires sévèrement réprimés par les forces de l’ordre.

« Nous avons beaucoup d’options pour le Venezuela, mais le président (Trump) est confiant quant au travail à mener avec nos alliés en Amérique latine, nous trouverons une solution », a-t-il déclaré en précisant, pour apaiser les esprits, que toute décision sera prise « conjointement » avec les pays de la région : « Le président m’a envoyé ici pour continuer à chercher le soutien de l’Amérique latine afin de permettre la restauration pacifique de la démocratie au Venezuela », a-t-il lancé.

Le vice-président doit également se rendre au Panama, au Chili et en Argentine dans le cadre de sa tournée latino-américaine, il espère ainsi analyser la situation avec ses partenaires, l’objectif étant d’adopter « une série de sanctions économiques et diplomatiques » qui rejoindraient les 12 mesures déjà imposées par les États-Unis contre le leader vénézuélien et son cercle le plus proche . « Je suis ici pour construire une alliance sans précédent pour isoler le Venezuela », a-t-il déclaré sans détour.

« Comme l’a dit le président Trump, les États-Unis ne vont pas rester placides face à la création d’une dictature dans notre hémisphère, précisant que les conséquences de cette instabilité étaient catastrophiques. Une situation d’échec au Venezuela signifie une plus grande immigration illégale, cela affecte nos économies, et favorise le trafic de drogue », a ajouté Mike Pence.

« Ce que nous faisons, nous le ferons ensemble, nous vivons tous dans une même région », a assuré le vice-président.
La Colombie, l’Argentine, le Chili et le Panama font partie du groupe de 12 pays à avoir signé cette semaine la Déclaration de Lima, dans laquelle ils affirment ne reconnaître aucune décision de l’Assemblée constituante du Venezuela et rappelant seulement la légitimité de l’Assemblée législative jusque-là dominée par l’opposition au pouvoir incarné par Nicolas Maduro. Les États-Unis n’ont pas signé la déclaration, mais ont suivi chaque étape des négociations et ont accueilli positivement le résultat.

Outre le sujet épineux de la situation tendue au Vénézuéla, le chef d’État colombien et le bras droit de Donald Trump, ont évoqué la lutte commune contre le trafic de drogue, et ont mentionné l’augmentation des cultures illicites au cours des dernières années sur le territoire colombien en ajoutant que la lutte contre ce fléau est une responsabilité partagée.« C’est une tâche herculéenne, mais nous réussirons », a déclaré Santos, qui a précisé que le suivi de l’éradication des cultures illicites est soutenu par l’ambassade des États-Unis en Colombie.

Pence a également parlé du processus de paix en Colombie et de la préoccupation des États-Unis concernant l’augmentation des surfaces dédiées à la culture illégale de coca, estimée à 180 000 hectares l’an dernier si l’on en croit des estimations données par la Maison Blanche. « Monsieur le Président, vous avez mis fin à un conflit. Le défi est maintenant de consolider la paix en Colombie » en précisant que les deux pays « travaillent ensemble pour lutter contre la production de drogue ».

Lors d’une audience récente, le secrétaire d’État adjoint aux questions liées au trafic de drogue, William Brownfield, a critiqué le plan conçu par le gouvernement Santos pour résoudre le problème, avec ainsi l’impossibilité de répondre à l’objectif qui visait l’éradication de 100 000 hectares d’ici la fin de l’année. Au Congrès, il y a des voix qui ont commencé à s’élever pour critiquer les résultats obtenus menaçant de revoir l’aide au pays s’il ne parvient pas à contrôler la croissance des cultures de coca.

Interrogé sur la possibilité de reprendre les pulvérisations aériennes contre les cultures illicites, le Président Santos a dit qu’il a parlé avec Mike Pence à ce sujet. « Nous pensons que le plan que nous avons en ce moment, pour la première fois, va apporter une solution structurelle à long terme ».

La tournée de Pence doit se poursuivre jusqu’à vendredi (18 août) et le fonctionnaire rencontrera à cette occasion les dirigeants des pays concernés, des visites qui témoignent de l’engagement du Président Trump à approfondir les relations bilatérales dans le secteur commercial et à accentuer les investissements dans la région, un objectif clairement affirmé dans un communiqué publié par la Maison-Blanche fin juin.