Au Guatemala, le volcan de Feu, situé à environ 50 kilomètres de la capitale du pays centre-américain et s’élevant à 3763 m, a connu une nouvelle phase éruptive, la huitième cette année, deux sources de lave situées sur le cratère ont ainsi alimenté des flux magmatiques.

Selon un bulletin spécial publié par l’Institut national de sismologie, volcanologie, météorologie et hydrologie (Insivumeh), l’un des flux de lave de 1 000 mètres de long prend la direction du canyon de Ash et le deuxième se dirige vers la gorge de Seca, à Santa Teresa.

Ce processus éruptif a généré des explosions « constantes » qui ont provoqué une colonne de cendres nuisant à la visibilité.

Des retombées de fines particules ont déjà été répertoriées dans des zones proches des communautés de Panimaché I, Morelia, Santa Sofia, El Porvenir, Sangre de Cristo, San Pedro Yepocapa et Chimaltenango.

L’éruption a débuté samedi, elle a été marquée par une série d’explosions, des colonnes de fumée et des cendres atteignant 6000 mètres au-dessus du niveau de la mer, elles ont parcouru plus de 20 km à l’ouest et au sud-ouest du colosse.

Le Guatemala possède également deux autres volcans particulièrement actifs, le Santiaguito (ouest) et le Pacaya (sud) sur les 32 qui jonchent le territoire guatémaltèque.

Le corps scientifique a prévenu que, selon l’activité sismique, les explosions pourraient se maintenir, de sorte qu’« il existe une possibilité » que la phase d’éruption strombolienne passe en vulcanienne.

L’institut a recommandé à la Direction générale de l’aviation civile de prendre des précautions avec le trafic aérien en raison de la colonne de cendres et a pris contact avec les agences de tourisme locales pour informer les visiteurs sur les risques éventuels.

Le volcan nicaraguayen San Cristóbal connaît lui aussi une phase éruptive

Au Nicaragua, un volcan connait un nouveau regain d’énergie, il s’agit du San Cristóbal, plus de 50 000 citoyens ont été impactés ce vendredi en raison d’une chute de cendres expulsées par le volcan, des informations données par les autorités locales.

Un rapport préliminaire du parti gouvernemental, le Front de libération nationale Sandinista (FSLN), a indiqué que les cendres ont atteint 86 localités à Chinandega et 92 à El Viejo, pour atteindre 178 quartiers et communautés. Les habitants ont signalé la forte odeur sulfurique émanant du volcan.

La Comupred a recommandé aux habitants de porter des masques pour se protéger la bouche et les yeux des cendres, les autorités de Chinandega insistent aussi sur l’importance de ne pas se frotter les yeux, d’utiliser des serviettes humides, de porter des chemises à manches longues, de nettoyer les toits des maisons, de garder l’eau et les aliments couverts, entre autres mesures de précaution.

Bien qu’une éruption imminente ait été exclue pour le moment, le Système national de prévention des catastrophes (Sinapred) a rappelé que les cendres peuvent causer des problèmes respiratoires et engendrer des problèmes environnementaux.

« Ce type d’activité est périodique, elle se répète une ou deux fois par an à San Cristóbal », a expliqué le volcanologue Armando Saballos, de l’Institut nicaraguayen d’études territoriales (Ineter), lors d’une conférence de presse.

« De petites explosions peuvent apparaître et des émanations de cendres plus importantes peuvent se produire, mais elles vont diminuer », a-t-il ajouté.

Le San Cristóbal, situé à 1 745 mètres de haut, est le plus haut volcan au Nicaragua et appartient à la « chaîne de montagnes volcaniques » locale, composée de 13 cônes et appartenant à la « ceinture du feu du Pacifique », la zone la plus géologique de la Terre. Il constitue l’un des sept volcans actifs au Nicaragua.