Dans un pays meurtri, elle est devenue une petite héroïne porteuse d’espoir et de vie, une lueur à laquelle s’accrochent des habitants frappés par la tragédie. Elle s’appelle Frida, et avec ses lunettes de protection adaptées et ses bottes tout terrain protégeant ses quatre pattes, cette chienne labrador est devenue, comme les hommes et les femmes qui s’acharnent à localiser le moindre souffle de vie, un symbole de courage.

Ce labrador couleur crème, à l’instar de nombreux secouristes qui se démènent depuis le séisme meurtrier qui a secoué le pays, recherche des survivants (un séisme de 7,1 sur l’échelle de Richter qui a frappé le centre du Mexique mardi dernier), elle est devenue une icône de l’héroïsme au Mexique, elle est aussi appréciée par les sauveteurs que par les utilisateurs de réseaux sociaux qui ont fait de sa frimousse une icône nationale.

Les photos de Frida circulent sur le Net, un témoignage de la volonté acharnée de ne pas laisser une vie s’échapper, ainsi près de deux douzaines de chiens formés à ce type d’opérations ont été déployées sur le terrain.

Frida, élément clé de l’unité canine de l’Armée de la Marine, a été affectée à la délicate mission de sauvetage sur l’un des lieux les plus marquants de la catastrophe, là où s’est effondrée l’école Enrique Rebsamen, une école primaire du sud de la ville de Mexico qui s’est effondrée sous la violence des secousses emportant plusieurs existences d’enfants.

« Frida est spécialiste de la détection des personnes qui survivent sous les décombres », et après le  tremblement de terre du 7 septembre dernier (8,2) , elle est parvenue à sauver 12 vies, ainsi qu’à détecter 40 corps qui se trouvaient sous les décombres des bâtiments de Juchitán, à Oaxaca.

La chienne de 7 ans a sauvé au cours de sa carrière la vie de 52 personnes, y compris lors du tremblement de terre dévastateur survenu en Équateur l’année dernière, des informations données par le troisième maître de Marine, Israël Arauz.

Au-delà de son flair renommé, Frida a également le mérite de redonner des sourires sur des visages fatigués, crispés et attristés par l’ampleur de la catastrophe.

«Cela nous donne de la joie, de la tendresse et de l’espoir, et les civils la saluent et l’applaudissent dans la rue», a ainsi révélé un militaire souhaitant garder l’anonymat.

Au-delà de cette petite boule de poils à l’accoutrement attendrissant, c’est bien la solidarité avec laquelle les Mexicains ont fait face à la tragédie qui suscite l’admiration de la communauté internationale, la générosité s’est organisée avec des dons de nourriture et de médicaments, alors que de nombreux habitants ont prêté main-forte de façon spontanée aux secouristes pour les opérations de déblaiement.

Un dernier bilan humain révélé par les autorités fait mention de 318 décès, 180 victimes ont été signalées à Mexico -119 femmes et 61 hommes-, 73 dans l’état de Morelos, 45 à Puebla, 13 dans l’État du Mexique, 6 à Guerrero et une à Oaxaca. Le président Enrique Peña Nieto a appelé la population à rester calme alors que de nombreuses répliques ont été enregistrées depuis ce tremblement de terre dévastateur. D’autre part, 217 personnes ont été secourues, le Mexique vit son sixième jour d’opérations de secours alors que l’espoir de retrouver des survivants parmi les bâtiments effondrés diminue.

Le travail de secours parmi les décombres s’est poursuivi dimanche avec l’aide d’experts d’autres pays comme Israël, le Japon, l’Espagne et le Chili craignant que la possibilité de retrouver des personnes vivantes ne soit épuisée.

Dans une interview accordée à Univision News, Joel León, chef des sauveteurs vénézuéliens, a expliqué que lors de précédents tremblements de terre, on a retrouvé des personnes vivantes jusqu’à 7 jours après la catastrophe, mais tout dépend de l’état physique de l’individu en question et de la situation dans laquelle il se trouve.

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Les trois tremblements de terre enregistrés au cours de ces trois dernières semaines au Mexique ont causé jusqu’à présent 421 décès, ce qui représente le plus grand nombre de victimes depuis le tremblement de terre tragique de 1985 à Mexico avec un bilan de 20 000 morts.

Le service national de sismologie a signalé samedi l’enregistrement de 39 répliques au tremblement de terre du 19 septembre,  et plus de 4000 répliques sont survenues dans la zone du séisme du 7 septembre.