La Fondation Bill & Melinda Gates a mentionné que le Pérou constituait un bel exemple au niveau mondial en matière de lutte efficace contre la malnutrition chronique des enfants, un élément essentiel afin de protéger la santé des plus jeunes.

Selon l’organisation philanthropique, les progrès au Pérou sont «étonnants», ces avancées ont été mises en avant dans un récent article publié par la BBC, qui passe en revue les stratégies politiques qui ont permis de contribuer à réduire la malnutrition chronique chez les enfants de moins de 5 ans, ce taux est ainsi passé de 28 % à 13 % entre 2006 et 2016.

Selon le site Web de la BBC, l’administration du président péruvien, Pedro Pablo Kuczynski, a pour nouveau défi de réduire la malnutrition chronique des enfants à 6,4 % d’ici l’année 2021, pour atteindre cet objectif, « Le plan national contre l’anémie et la malnutrition infantile chronique 2017-2021 » a été lancé en avril.

La BBC souligne que les agences internationales telles que L’UNICEF et la Banque mondiale ont également souligné le travail réalisé au Pérou : «En 2005, il présentait l’un des taux les plus élevés de malnutrition chronique en Amérique latine».

Pour Bill et Melinda Gates, la malnutrition infantile est l’une des maladies les plus complexes de santé globale, selon le premier rapport annuel sur les progrès « extraordinaires » relatifs à la pauvreté et à la maladie dans le monde.

« L’histoire du Pérou est impressionnante », ont déclaré les époux Bill et Melinda Gates à la tête d’une fortune colossale affirmant que le Pérou « a trouvé sa propre méthode basée sur des preuves scientifiques et combinant les efforts de la société civile et du gouvernement » pour aller de l’avant. Dans le rapport, on peut lire : « Le Pérou a montré que le retard de croissance est un problème soluble lorsque les dirigeants s’engagent à prendre acte des faits ».

L’une des conséquences de l’anémie infantile est le retard de croissance, il ne s’agit pas seulement d’un souci de taille corporelle, mais cela peut aussi engendrer un problème de développement physique, cognitif et émotionnel.

« Le retard de croissance est un tueur silencieux. Il prive les enfants de leur droit à grandir, à se développer et à prospérer », a souligné le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, dans le rapport « Giving the Size » de l’organisation publié cette année.

L’Institut national de statistique et d’informatique (INEI) a signalé qu’au cours de la dernière année, la malnutrition chronique chez la population de moins de cinq ans est passée de 14,4 % à 13,1 %, diminuant de fait d’1,3 %, c’est-à-dire que 39 300 enfants sont sortis de l’état de malnutrition dans lequel ils vivaient.

Au cours de ces cinq dernières années, la malnutrition chronique a diminué de 6,4 %, passant de 19,5 % à 13,1 %, soit 201 100 individus âgés de moins de cinq ans qui ont pu être sauvés de la malnutrition. Selon la zone de résidence, cette évolution est plus ou moins rapide, au cours de ces 5 dernières années, elle a diminué de 10,5 % en zone rurale et de 2,2 % en zone urbaine.

La dénutrition chronique chez les enfants de moins de cinq ans a principalement touché les départements les plus pauvres du pays, comme Huancavelica, Cajamarca, Ucayali, Pasco et Loreto, avec des taux de malnutrition chronique supérieurs à 23,0 %. Au cours de la dernière année, la malnutrition chronique a diminué dans 16 régions du pays, dont Huánuco et Piura.

L’anémie a affecté 53,4 % des enfants en zone rurale (202 000 garçons et filles) et 39,9 % en zone urbaine (479 000 filles et garçons). En 2016, les problèmes d’anémie ont concerné en particulier les enfants des régions de Puno, Loreto et Pasco avec des pourcentages supérieurs à 60 %.

Il convient de noter que le Plan national pour la réduction et le contrôle de l’anémie infantile et de la malnutrition chronique au Pérou 2017-2021, du ministère de la Santé (Minsa), vise à réduire l’anémie chez les enfants de moins de 3 ans à 19 % et la malnutrition chronique chez les enfants de moins de 5 ans à 6,4 %.

Selon le plan, la lutte contre l’anémie avec des investissements publics misant sur le capital humain permettra le progrès économique et social de tous les Péruviens, avec une meilleure inclusion sociale et une plus grande équité.