Au moins 226 000 enfants restent directement impactés par le terrible séisme du 19 septembre qui a secoué le Mexique et ces conditions de vie précaires menacent les plus vulnérables un mois après la catastrophe selon l’organisation qui défend les droits de l’enfant à travers le mondeSave the Children.

«En situation d’urgence, les enfants deviennent vulnérables à la maltraitance, à l’exploitation, à la violence ou à la négligence. Il est impératif de mettre en place tous les mécanismes permettant de protéger les enfants», a expliqué María Menéndez de Save the Children.

Plus de 226 000 enfants se trouvent actuellement dans des abris et des camps de fortune, ou encore à la rue selon une enquête de Save the Children.
La représentante exécutive de l’ONG au Mexique, María Menéndez, a averti que le chiffre estimé est peut-être plus élevé encore parce qu’il n’y a pas de recensement officiel du nombre de personnes sans-abri après la terrible catastrophe qui a frappé la population.

La représentante estime que les autorités mexicaines n’ont pas appliqué les protocoles usuels dans ce genre de situation afin d’assurer la sécurité, la protection des mineurs et des familles touchées (plus de 250 000 personnes privées d’un toit sur la tête) après le tremblement de terre.

Ces familles ont été forcées d’abandonner les abris qui sont pour la plupart des tentes de fortune dans le but de se réinstaller dans leurs maisons endommagées de peur d’être dépouillées de leurs biens. Une situation qui les expose à des risques plus importants en raison de la détérioration des zones où ils résident.

L’enquête de l’ONG a également montré que la plupart des écoles sont restées fermées et qu’il n’y a pas de contrôle des allers et venues dans les refuges, ce qui oblige beaucoup d’enfants à rester dans la rue toute la journée.
Save the Children a détecté l’absence de dossiers concernant le recensement des enfants sinistrés, et le fait qu’ils peuvent passer de longues périodes sans la présence d’un adulte.

Le séisme de magnitude 7,1 qui a frappé le Mexique le 19 septembre a fait 369 morts et 214 blessés et a endommagé plus de 1 500 bâtiments, selon les chiffres des autorités mexicaines.

(Vidéo du 19/10/2017)

Les sinistrés désabusés dénoncent les actions du gouvernement d’Enrique Peña Nieto qui ne suffisent pas à combler le manque de logements, les dégâts sont estimés à plus de 8 milliards de pesos (550 millions de dollars environ) seulement dans le centre historique de la capitale.

Save the Children affirme dans son rapport: « Nous devons réduire les risques encourus par les enfants dès que possible. Pour cette raison, Save the Children cherche à travailler main dans la main avec les autorités et les communautés où nous opérons pour nous assurer que tous les refuges suivent les protocoles pour la protection des enfants ».

(Vidéo du 18/10/2017)

Selon les données du gouvernement, plus de 86 657 ménages ont subi des dommages totaux ou partiels dus aux secousses telluriques obligeant les familles à déménager dans des foyers gérés par les autorités, dans des camps organisés par les membres mêmes de la communauté ou dans des foyers familiaux.
L’organisation travaille avec 2 270 enfants et adolescents dans 35 abris ou camps, dans les zones affectées de Puebla, Mexico, Oaxaca et Morelos, transformées en espaces d’échange où les enfants reçoivent un soutien psychosocial et matériel pour couvrir leurs besoins fondamentaux.

Selon un récent rapport publié par le Bureau des Nations Unies, les tremblements de terre qui ont dévasté le Mexique en septembre dernier ont causé la mort d’au moins 400 personnes, endommagé plus de 150 000 maisons, 12 000 écoles et 1 500 monuments historiques.
L’équipe des Nations Unies chargée de l’évaluation et de la coordination des catastrophes (Undac) a été mobilisée pour travailler avec l’équipe mexicaine de protection civile. Elle a également appuyé le lien entre la réponse nationale de l’ONU et celle de la communauté internationale. Alors que le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a fourni un soutien psychosocial aux mineurs pour qu’ils soient préparés émotionnellement à de possibles scénarios futurs.

Dans l’ensemble, l’OCHA a également mentionné que l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) a mené des évaluations dans les centres hospitaliers et les centres d’hébergement, tout en veillant à la prévention des maladies.
L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a soutenu les communautés affectées en faisant don de tentes.
La Banque mondiale a estimé que le coût de la reconstruction au Mexique atteindrait 2 milliards de dollars avec un impact de 0,2 à 0,3% sur le produit intérieur brut (PIB) du pays.