Sa couleur orangée semble se confondre avec celle des fleurs de cempazúchitl qui ont accompagné en ce début novembre la célébration de la traditionnelle Fête des morts au Mexique. C’est en cette période festive de la Toussaint que le papillon monarque a enfin atteint sa destination après avoir parcouru 4000 kilomètres depuis le Canada et les États-Unis pour passer l’hiver sous des températures clémentes.

Les autorités mexicaines ont annoncé l’arrivée des premiers groupes de lépidoptères migrateurs sur le territoire, elle coïncide au Mexique avec l’époque de la récolte du maïs. Pour les cultures indigènes installées dans la région, le retour de ces papillons symbolisent l’âme de leurs défunts qui viennent leur rendre visite en cette période du souvenir, des croyances vivaces en particulier parmi les communautés natives mazahua et purépecha.

(Vidéo du 29/10/2017)

« Les premiers groupes de papillons monarques de la saison 2017-2018 atteignent actuellement les forêts sanctuaires des États du Mexique et du Michoacán, ils ont été identifiés lors d’une tournée de reconnaissance, ils s’établiront par la suite en colonies au cours des mois de novembre 2017 à mars 2018 « , a annoncé le ministère de l’Environnement.

Ces magnifiques papillons orange avec des lignes noires et des points blancs commencent leur voyage vers le centre du Mexique en août, où ils se réfugient dans les forêts d’oyamel (un conifère de taille imposante de la famille des Pinacées) et de pins atteignant plus de 3000 mètres de haut.

Les premiers à traverser la frontière avec les États-Unis ont été repérés cette année à Matamoros, dans le nord-est du Mexique, le 5 octobre, et de là, ils ont continué leur périple vers leurs sites refuges. Au printemps, ils feront le voyage de retour; au cours de la saison 2016-2017, la présence de papillons monarques au Mexique a diminué de 27,43 pour cent par rapport aux 4,1 hectares qu’ils avaient occupés la saison précédente, un fait qui a été attribué aux phénomènes météorologiques extrêmes.

À la mi-décembre de l’année dernière, la Commission nationale des aires protégées du Mexique comptait 13 colonies de papillons monarques reparties sur dans un total de 2,9 hectares de forêts dans l’État de Mexico (centre) et Michoacán (ouest).

D’autres facteurs affectent sa population comme l’utilisation de pesticides aux États-Unis ou encore la déforestation illégale au Mexique les privant de leur habitat naturel.

La réserve de biosphère du papillon monarque, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, est une aire protégée du Mexique située dans le Michoacán et l’État de México qui a pour vocation de protéger sept importantes zones d’hivernage du Monarque. C’est sur une chaîne de montagnes à environ 100 km au nord-ouest de Mexico que la réserve de biosphère du papillon monarque s’étend sur 56 259 ha, chaque automne, des millions, voire un milliard, de spécimens provenant des vastes étendues nord-américaines se regroupent sur de petites parcelles forestières de la réserve, donnant des tonalités chaudes et puissantes aux arbres et éprouvant la solidité des branches sous leur poids .

Après cette halte hivernale sur les terres mexicaines, ces papillons reprendront au printemps une migration de 8 mois, vers l’est du Canada avant de revenir sur les terres aztèques, une épopée cyclique toujours très attendue. Durant cette période, quatre générations successives viendront à la vie et disparaîtront, à ce jour les spécialistes ne connaissent toujours pas les mécanismes leur permettant de retrouver leur chemin vers le site d’hivernage.

Au cours de ce voyage, les Monarques consomment de l’eau et se nourrissent principalement de la fleur d’Asclepia curassavica,  ils se reposent parmi une grande diversité d’arbres et de buissons qu’ils rencontrent sur leur passage.

Le phénomène migratoire des papillons monarques, en raison de sa «valeur universelle exceptionnelle», a été désigné en 2008 comme patrimoine mondial de l’humanité.

Au cours des trois dernières années, le Réseau national de surveillance du papillon monarque a fait des progrès dans la production d’informations concernant le parcours migratoire de l’insecte,  ainsi 22 États de la République, 44 aires naturelles protégées fédérales et 29 aires protégées d’État participent ( ainsi que 10 organisations de la société civile, 12 institutions académiques, 100 gardes du parc et plus de 10 000 personnes)  à établir le tracé de la route migratoire au Mexique.

La réserve de la biosphère du papillon monarque dispose d’un déploiement de la Mission Environnement de la Gendarmerie pour assurer l’arrivée des papillons.

Le Secrétariat à l’Environnement et aux  Ressources Naturelles (Semarnat) demande de respecter les règles de la réserve et souligne que les responsables eux-mêmes donneront des recommandations pertinentes pour garantir le parfait bien-être des papillons.

Cette année, au moins 140 millions de papillons monarques sont attendus sur les sanctuaires de Michoacán de El Rosario, Sierra Chincua et Senguio, leur présence devrait se prolonger jusqu’en mars 2018.