Pérou, côte Lima

Au moins 48 personnes ont péri mardi lorsqu’un bus transportant des passagers a chuté dans un ravin situé au bord de l’océan Pacifique, un accident tragique survenu sur une route dangereuse située au nord de la capitale péruvienne, Lima, des informations données par les pompiers et la police péruvienne.

L’accident s’est produit alors que le bus, qui se dirigeait vers Lima, a été heurté par un camion et est alors tombé d’une falaise dans la région de Pasamayo, au kilomètre 48 de la Panamericana Norte de Perú.

Lewis Mejía Prada, membre des sapeurs-pompiers, a déclaré à la presse qu’au moins 48 personnes ont perdu la vie dans cette chute vertigineuse de plus de 100 mètres alors que six autres personnes ont été blessées dont quatre grièvement, un premier bilan émis par le ministère de la Santé faisait mention via Twitter d’un bilan de 36 tués, de nombreux sauveteurs ont été dépêchés pour répondre à l’urgence.

Concernant le nombre exact de personnes qui se trouvaient à bord du véhicule, les informations sont discordantes, mais on estime qu’il y avait entre 47 et 54 passagers.

Le président du Pérou, Pedro Pablo Kuczynski, a aussitôt exprimé ses sa tristesse et a présenté ses condoléances aux familles des victimes. « Dès le premier instant, j’ai fourni tout le soutien immédiat pour venir en aide aux victimes dans cette situation d’urgence », a déclaré le président sur Twitter.

La section de la route de Pasamayo, au bord de l’océan Pacifique, est réputée dangereuse comme en témoigne son terrible surnom de « virage du diable », elle a déjà été le théâtre d’accidents similaires dans le passé, elle se caractérise par de nombreux virages serrés qui compliquent les opérations menées par les secouristes. Ce secteur est l’un des plus risqués du pays pour le transit des véhicules et, par ailleurs, à cette époque de l’année le brouillard le transforme en une section à faible visibilité, ce qui augmente encore le danger. La route se caractérise par 52 virages, l’absence de garde-corps en métal et un brouillard épais qui frappe souvent dans la région, des paramètres qui en font l’une des routes les plus meurtrières du pays.

Les médias locaux ont rapporté que les corps sans vie ainsi que les blessés ont été transportés vers les hôpitaux voisins.

(vidéo du 03/01/2018)

Les accidents de la route sont fréquents au Pérou, où de nombreux véhicules en mauvais état circulent sur des routes précaires, sans compter la formation des chauffeurs souvent jugée inadaptée, les circonstances de ce nouvel accident vont faire l’objet d’une enquête.

Il est d’ores et déjà à noter que, selon le ministre des Transports et des Communications, Bruno Giuffra, la cause de l’accident survenu mardi serait liée à la vitesse des véhicules impliqués dans cette collision, un élément obtenu par les autorités après consultation des données GPS des deux véhicules.

Plus de 2 600 personnes ont péri sur les routes du pays sud-américain en 2016 et 2 965 en 2015. En général, accidents de la route impliquent des Péruviens pauvres qui vivent dans des zones reculées et qui n’ont pas d’autres moyens de transport.

Plus de 20 personnes sont mortes en novembre lorsqu’un autobus est tombé d’un pont dans une rivière des Andes. L’accident de la route le plus meurtrier de l’histoire récente du pays a eu lieu en 2013 lorsque 51 paysans sont morts à Cusco après que le camion qui les ramenait vers leur village ait chuté dans une rivière.

Dans la zone du «virage du diable», il y a eu de nombreux accidents au cours des dernières décennies, ce tronçon source de tragédies humaines faisant même l’objet de références dans des œuvres littéraires connues parmi lesquelles « Los cachorros » de Mario Vargas Llosa.

Miguel Sidia, expert péruvien dans les transports, a déclaré que, malgré l’amélioration des conditions routières dans la nation andine ces dernières années, le manque d’éducation à la sécurité routière et le manque d’application de la réglementation routière continuent de causer de nombreux décès chaque année.

(vidéo du 03/01/2018)