Colombie, vue de Bogotá

Au moins dix travailleurs ont péri lundi 15 janvier en Colombie après l’effondrement d’un pont sur la route qui relie Bogotá à la ville de Villavicencio.
La structure s’est effondrée soudainement alors que 20 ouvriers se trouvaient sur la structure en plein travail, a indiqué à l’AFP Juan Carlos Guzmán, coordinateur de l’Unité nationale de gestion des risques et catastrophes (UNGRD).

Les victimes étaient des soudeurs qui se trouvaient dans la partie inférieure du viaduc, situé à 65 km de la capitale de la Colombie, Bogotá.
Huit autres travailleurs ont été blessés et ont reçu des soins en milieu hospitalier. Au moment de la tragédie, des dizaines d’autres travailleurs étaient fort heureusement en pause à l’heure du déjeuner, ce qui a permis d’éviter un bilan plus lourd encore.
Le colonel Jorge Díaz, de la défense civile, a déclaré qu’au total il y a eu au total « 10 morts », dont l’un est mort à l’hôpital.

(Vidéo du 16/01/2018)

Le ministre des Transports, Germán Cardona, s’est rendu dans les lieux du drame après l’accident, il a alors affirmé après son passage : « Il y a un mois, j’étais avec le président Santos qui avait fait le déplacement pour voir ce projet, il s’agit d’un pont à haubans de 460 mètres de long, il manquait seulement 20 mètres pour qu’il soit achevé « . Les autorités n’ont pas encore établi les causes de l’accident, le pont s’élevait à 280 m d’altitude et le chantier devait être bouclé en mars.
L’accident est survenu dans le secteur connu sous le nom Chirajara, une région montagneuse où la double voie de la route Bogotá-Villavicencio a été construite, elle comprend des dizaines de viaducs et tunnels le long de 120 kilomètres pour surmonter le terrain accidenté de la région.

« Dix corps ont été retrouvés et nous en cherchons un de plus avec des experts en sauvetage parmi les structures effondrées et espaces confinés, et nous espérons pouvoir retrouver des personnes disparues », déclarait le colonel Jorge Díaz de la protection civile dans le Meta le jour même du drame, un corps a bien été retrouvé le lendemain après 27h de recherches acharnées parmi les décombres, toutes les victimes ont été conduites à l’Institut médico-légal.

Les proches des travailleurs tués lors de la chute du pont de Chirajara ont demandé à l’entreprise de construction de mener une enquête « sérieuse, claire et honnête » pour établir les causes réelles de l’effondrement de la structure.

(vidéo du 16/01/2018)

Le bureau du procureur général a nommé deux procureurs spécialisés pour déterminer les causes de cette tragédie humaine. Une équipe composée de topographes, d’ingénieurs et d’architectes ont été dépêchés sur place pour tenter de déterminer les causes de l’accident.
« Nous progressons dans la collecte de toutes les preuves qui nous aident à poursuivre l’enquête que nous avons commencée », a déclaré à la presse locale Isabel Cristina León, la directrice du bureau du procureur à Meta.

Pour sa part, le président colombien, Juan Manuel Santos, a regretté l’accident et a exprimé ses condoléances aux familles des victimes, il a demandé à ce que la procédure d’enquête aille vite afin d’obtenir des réponses rapidement.

Pour sa part, le président de l’ANI, Dimitri Zaninovich, a déclaré à Radio Caracol que, pour l’instant, il est impossible de calculer le temps de retard des travaux de l’autoroute Bogota-Villavicencio, car après l’accident de nouvelles études devront être réalisées.
Le responsable a également assuré qu’il existe toutes les polices d’assurance légales pour garantir les coûts engendrés par l’effondrement du pont, qui a également fait huit blessés.

Le pont de Chirajara, situé dans une zone montagneuse, est un ouvrage compris dans l’ambitieux programme gouvernemental d’infrastructures «Vías 4G» (routes de quatrième génération), qui vise à construire au moins 8 000 kilomètres de routes en Colombie.

Le projet comprend la construction de 1 370 kilomètres de routes à double voie et de 159 tunnels sur l’ensemble du territoire colombien, dont l’objectif principal est d’améliorer la compétitivité du pays en réduisant les coûts et les délais de transport des personnes et des marchandises.