Ekeko, dieu de l’abondance ( Oruro, Bolivie) Wikipédia

Aujourd’hui, 24 janvier, la Bolivie, lance les festivités liées à la Foire des Alasitas, à cette occasion plus de 100 exposants de miniatures représentant la Bonne Fortune associée au dieu Ekeko, incarnation de la fertilité et de la prospérité, se sont installés sur la Plaza San Antonio de la ville de Cochabamba. Le directeur régional des Cultures, Uvaldo Romero a expliqué que cet événement doit être inauguré avec une célébration faite à la Pachamama, la Terre-Mère nourricière que les peuples andins vénèrent depuis la nuit des temps en lui rendant hommage avec des offrandes.

Dans ce pays sud-américain, la célébration des Alasitas est événement culturel emblématique qui est d’ailleurs inscrit depuis décembre 2017 au patrimoine immatériel de l’humanité de l’UNESCO. Pour cette première édition depuis la nomination de l’UNESCO, la ville de La Paz a réuni plus de 4 700 exposants dans le Campo Ferial du Bicentenaire, et au parc urbain central.

La pratique traditionnelle de cette foire aurait commencé en 1781, lorsque le gouverneur ou le maire de La Paz, en Bolivie, José Sebastian de Segurola, a ordonné de tenir un festival annuel en l’honneur de la divinité appelée Ekeko, dieu de la richesse pour la remercier d’avoir libéré la ville du siège indigène de Tupac Katari.

Cette année, cet événement aura lieu seulement pour une journée à Cochambamba parce que ce sera le préambule d’un cycle d’événements régionaux similaires qui se tiendront conjointement avec diverses célébrations patronales : « Ensuite, nous aurons des foires réparties tout au long de l’année à l’occasion, quasiment, de toutes les festivités religieuses, en particulier pour la fête de la Vierge d’Urkupiña », a-t-il ajouté.

Les commerçants ont invité la population à assister en nombre à la Foire des Alasitas et ont assuré que la vente des miniatures se ferait à des prix raisonnables et donc accessibles, la Foire des Alasitas est un événement artisanal qui a pour objectif l’achat de miniatures représentant des maisons, des voitures, de l’argent, ou encore de l’électroménager, ainsi les acheteurs émettent des vœux pour que l’acquisition de ces petits objets devienne réelle.

La ministre de la Culture a annoncé en ce début d’année la promotion internationale de la féria des Alasitas, ainsi les ambassadeurs de Bolivie en Colombie, au Mexique, en Espagne, en Uruguay et en Allemagne, mènent une opération de séduction lancée par le biais d’expositions, de la diffusion audiovisuelle et du travail réalisé par les artisans, ceci dans le but « de partager les traditions » du pays.

La fête des Alasitas (« achetez-moi », en Aymara), commence tous les 24 janvier. Pendant environ un mois, des milliers de Boliviens achètent toute sorte de miniatures fabriquées par des artisans avec le désir les voir se matérialiser dans leur vie.

La fête se déroule principalement dans les villes andines de La Paz et El Alto, bien qu’elle se soit répandue dans tout le pays depuis des décennies. Le culte est également pratiqué, quoique à plus petite échelle, dans le sud du Pérou et le nord du Chili et de l’Argentine.

La tradition indigène associe aussi le dieu de l’abondance Ekeko à la période des semis et des récoltes, des figures lithiques anthropomorphes ont également été retrouvées, le personnage est alors représenté avec un membre viril surdimensionné, un symbole de fertilité. En fait, la physionomie d’Ekeko a beaucoup changé au fil du temps, à l’époque préhispanique il s’agissait d’un petit bonhomme bossu et nu au phallus disproportionné, il a fait place aujourd’hui à un personnage aux traits hispaniques, moustachu, qui assume pleinement ses signes extérieurs de richesse. Chez les kallawayas, il existe toujours une figurine représentant un bossu dénudé.

La représentation de ce « dieu de l’abondance », la plupart du temps réalisée en plâtre, présente par ailleurs une bouche ouverte, où on lui introduit des cigarettes allumées lors des rites qui lui sont consacrés, il reçoit également des offrandes de coca (feuille emblématique des Andes à valeur rituelle) et d’alcool.

Lors de l’inscription de la féria en décembre 2017 par le comité de l’UNESCO, le président Evo Morales, a salué la déclaration et a affirmé que cette reconnaissance internationale avait été rendue possible « grâce à un travail ardu mené par l’équipe qui a effectué la présentation du festival à l’organisation internationale » ajoutant « C’est une reconnaissance majeure pour les habitants de la Paz, mais aussi pour le peuple bolivien ».