Río Pilcomayo

En Bolivie, ces dernières semaines, des pluies particulièrement intenses et dévastatrices ont fait des milliers de sinistrés, 8203 familles dans sept départements ont été impactées par les inondations selon le dernier rapport du ministère de la Défense.

Plusieurs municipalités ont été placées en état d’alerte pour prévenir la population sur les dangers liés aux précipitations intenses, les départements de La Paz, de Cochabamba, de Santa Cruz et du Beni sont en effet menacés par des crues éventuelles pouvant causer des dégâts majeurs.

Le Beni est le département plus affecté par les intempéries, selon des chiffres officiels dans le département du Beni 3 134 familles ont été affectées, les municipalités placées en alerte orange sont celles de San Javier, de Santa Rosa, de Reyes, de San Ignacio de Moxos, de Santa Rosa, de Santa Ana del Yacuma et de Trinidad.

La ministre de la Santé, Ariana Campero, a rapporté hier que 3 247 consultations médicales ont été données aux personnes touchées par les pluies et les inondations dans quatre régions du pays. Le gouvernement national a par ailleurs alloué 238 488 bolivianos pour la fourniture de médicaments.

En début de semaine, quelque 10 000 personnes ont dû être évacuées de toute urgence à plusieurs endroits sur les rives du Pilcomayo, la «rivière des perroquets» (après avoir quitté la Bolivie, le Río Pilcomayo délimite la frontière entre l’Argentine  et le Paraguay, tout au long de son cours inférieur, où il traverse le Gran Chaco), les zones les plus touchées par cette période pluvieuse sont celles qui bordent le Paraguay et l’Argentine.

(Vidéo du 02/02/2018)

Le gouvernement du Chili s’est dit disposé «à aider» la Bolivie face aux graves inondations qui touchent plus de 50 000 personnes dans diverses régions du pays, obligeant les secouristes à intervenir à de nombreuses occasions.

Le ministre chilien des Affaires étrangères, Heraldo Muñoz, a exprimé sa solidarité via son compte Twitter :

« Des inondations graves dans plusieurs départements de Bolivie et des milliers de victimes, un gouvernement prêt à répondre aux urgences […] ».

En Argentine, quelque 20 000 personnes sont touchées dans le nord du pays, près de la frontière avec la Bolivie par les inondations causées par le débordement de la rivière Pilcomayo. « Nous avons pris toutes les mesures pour faire face à cette catastrophe, en donnant la priorité à la protection des vies humaines dans la région. Mais il y a encore des communautés isolées », a déclaré Cristian Bolado, responsable de la gestion des situations d’urgence de la Croix-Rouge argentine.

Tout au long du week-end, au moins 8 500 personnes ont été évacuées de leurs maisons après le débordement du Pilcomayo jusqu’à la ville provinciale de Santa Victoria Este, à environ 1600 km au nord de Buenos Aires. Pendant ce temps, 1 000 autres personnes attendaient lundi d’être secourues dans les endroits les plus éloignés de la ville, isolés par les eaux.

Le secrétaire de la Défense civile, Néstor Ruiz de los Llanos, a déclaré que la rivière Pilcomayo a atteint le niveau de 7,28 mètres, établissant un record historique.

Le gouverneur de Salta, Juan Manuel Urtubey, et la ministre de la Sécurité de la Nation, Patricia Bullrich, ont visité la région touchée par les inondations pendant le week-end. Les personnes évacuées ont été installées dans des écoles, des gymnases et des tentes situées dans des zones éloignées de la zone inondée, où elles ont été assistées par des équipes médicales de Salta et des volontaires de la Croix-Rouge.

L’ensemble de la zone frontalière nord-ouest et nord-est du pays, limitrophe à la Bolivie, au Paraguay et au Brésil, souffre d’inondations et affronte de réelles situations d’urgence engendrées par la crue d’énormes cours d’eau comme le Pilcomayo. Depuis deux semaines, l’extrême nord-ouest de Salta subit une crue record de la rivière Pilcomayo causant de sévères inondations en particulier à Santa Victoria, où vivent environ 10 000 personnes.

La Croix-Rouge argentine a averti que «la situation humanitaire est très complexe» dans la ville de Santa Victoria Este, à Salta, et dans d’autres communautés voisines.

Présent sur les lieux depuis le début de l’urgence, l’organisation de la Croix rouge a informé dans un communiqué que les évacués ont été déplacés à Tartagal, Aguaray, Campo Durán et vers un refuge situé sur la route 54.

Le gouvernement du président Mauricio Macri a déclaré mardi qu’il continuait à travailler avec la province de Salta pour venir en aide milliers de personnes touchées par les inondations, et a commencé ces dernières heures à distribuer du sérum antivenin dans les différentes zones touchées. Ces médicaments doivent permettre aux citoyens de se soigner contre d’éventuelles morsures de serpents venimeux, qui à Salta, après une inondation, envahissent généralement les centres urbains.

Des biens de première nécessité comme des matelas, des couvertures, des kits d’hygiène et de la nourriture ont d’ores et déjà été fournis par le ministère du Développement social.