Pérou, Loreto

Le gouvernement du Pérou a déclaré depuis le 8 février une urgence sanitaire pour une période de 90 jours civils (par le décret suprême n° 001-2018-SA, publié dans le Bulletin des règles juridiques de la Gazette officielle El Peruano) afin de protéger 31 communautés autochtones situées dans les districts de Urarinas et Parinari dans la région de Loreto, la plus septentrionale du pays sud-américain.

La déclaration d’urgence sanitaire a été décrétée par l’État péruvien pour répondre au rapport de la Direction générale de la sécurité sanitaire, de l’alimentation et de l’environnement (DIGESA) indiquant que la consommation d’eau présentant des coliformes (ou entérobactéries) constituait un risque pour la santé de la population.

L’institution en question a fait savoir que la consommation de cette eau contaminée (eau des rivières et fleuves) pourrait entraîner l’émergence d’épidémies au sein de 31 communautés autochtones, or le rapport conclut que les habitants en question ne disposent pas de systèmes d’approvisionnement en eau pour la consommation humaine ou bien qu’ils sont en mauvais état ou ne fonctionnent tout simplement pas, il y a un risque élevé d’apparition d’épidémies résultant de la consommation d’une eau impropre.

Les districts d’Urarinas et Parinari sont touchés par cette mesure, outre les risques imputés par une eau souillée, comme une parasitose pouvant induire un risque d’anémie et de malnutrition infantile chronique, le DIGESA rapporte d’autres risques concomitants que constituent le paludisme, la diarrhée infectieuse, des maladies particulièrement menaçantes dans la région du Loreto. Le paludisme peut même engendrer la mort chez certains sujets. Un ensemble de paramètres qui doit être pris en considération pour assurer la santé de cette population vulnérable.

Le ministère de la Santé a indiqué qu’il avait donc décidé d’augmenter la surveillance sanitaire des systèmes d’approvisionnement en eau en coordination avec le gouvernement régional du Loreto, et qu’il prévoyait de mettre en œuvre un plan d’action pour approvisionner le précieux liquide dans les zones touchées.

Le comité technique de Minsa a publié un rapport faisant mention de « l’existence d’un risque élevé d’épidémies ou de maladies transmissibles telles que les maladies diarrhéiques aiguës, le paludisme, les infections respiratoires aiguës, ainsi que la persistance d’un risque élevé due à la consommation de l’eau impropre à la consommation humaine au sein de 31 communautés autochtones, prioritairement dans les districts de Parinari et Urarinas, de la province de Loreto et de la région éponyme ».

Le décret suprême porte la signature du président de la République, Pedro Pablo Kuczynski; et il est approuvé par le ministre de la Santé, Jorge Salinas Rivas. Les 31 communautés autochtones mentionnées représentent une population de plus de 20 000 habitants.

Autre source de préoccupation sanitaire actuelle, il s’agit des maladies transmises par les piqûres de moustiques, à savoir le paludisme, la dengue et Zika, et qui menacent les régions de la selva tropicale du pays.

Seulement au cours du premier mois de 2018, il y a eu 2729 cas de paludisme, 1550 de dengue et 297 cas de Zika, selon le dernier bulletin du Centre national d’épidémiologie, de contrôle des maladies et de la prévention du ministère de la Santé (MoH).

La dengue, transmise par le moustique Aedes aegypti, a fait deux morts cette année. La dernière victime était un garçon de 11 ans vivant à Madre de Dios, une région où les villageois réclament plus d’actions de santé de la part des autorités.

Plus de 80 % des cas de dengue sont concentrés dans 5 régions du pays: Ucayali (362), Madre de Dios (281), Loreto (242), Amazonas (224) et Piura (135).

57 % des cas de Zika sont concentrés dans la région amazonienne, concernant le paludisme, sur les 2 729 cas signalés, le Loreto est la région la plus touchée, enregistrant 97 % des patients répertoriés. Le paludisme se transmet par la piqûre du moustique anophèle, les parasites du paludisme (le Plasmodium, un genre de protozoaires parasites) pénètrent dans la circulation sanguine et infectent les globules rouges.

Bien qu’il n’y ait pas de vaccin contre la dengue, le chef du Minsa, Abel Salinas, a déclaré que les travaux de fumigation et les campagnes de sensibilisation auprès de la population sont renforcés afin qu’ils puissent adopter des mesures d’hygiène efficaces.