La Bolivie, pays d’Amérique du Sud abritant une partie de la forêt amazonienne (48,6% de la surface bolivienne est couverte par la forêt et 70% de celle-ci se trouve dans la zone des plaines), connaît un taux élevé de déforestation, et selon les spécialistes en questions environnementales, l’élevage et l’agriculture sont les principales causes de ce phénomène préoccupant avec le changement climatique.

L’usage de la technique de culture sur brûlis (système agraire pour lequel les champs sont défrichés par le feu) menace la pérennité de la forêt, c’est ce que constatent les écologistes boliviens.

Pablo Solón, environnementaliste, a affirmé : « Parmi les pays qui possèdent des forêts, la Bolivie est l’un des plus déboisés. En ce qui concerne la déforestation par habitant, nous figurons parmi les dix premiers pays déforestés au monde. Et la principale cause de déforestation est l’élevage ». Pablo Solón estime que la décision récente du gouvernement d’autoriser la libre exportation de viande ne fera qu’empirer la situation « En libérant des exportations de viande en Bolivie l’année dernière, le gouvernement va influer sur un taux de déforestation déjà assez élevé ».

Autre point de vue inquiétant sur la déforestation, le chercheur Lykke Andersen, membre de l’Institut des hautes études en Développement (INESAD) et auteur d’une enquête sur la question, a estimé dans une interview accordée à la presse qu’ « il n’y a que trois pays dans le monde avec plus de déforestation par habitant que la Bolivie: le Botswana, le Paraguay et la Namibie « , des informations que l’on peut retrouver sur le site www.scidev.net.

En fait, depuis l’année 2010, la Bolivie perdrait annuellement environ 350 000 hectares de forêts en raison d’activités légales, mais aussi clandestines, des chiffres avancés dans l’étude de la Fondation allemande Friedrich Ebert Stiftung. Ces 350 milliers d’hectares représentent une perte d’environ 320 mètres carrés de forêt par personne et par an, l’un des chiffres les plus élevés au monde et représente, selon la FES, environ 20 fois plus que la moyenne mondiale ( estimée à 16 mètres carrés par personne).

À ce rythme, si ce phénomène n’est pas réduit, les forêts de Bolivie pourraient disparaître d’ici l’an 2100.

Ce taux de perte de forêt par habitant est presque trois fois supérieur à celui du Brésil, autre pays sud-américain très impacté par la déforestation (125 mètres carrés de couverture forestière par an). Une étude de la FAO indique que la déforestation en Bolivie est encore plus élevée avec un chiffre estimé de 400 mètres carrés par habitant et par an. Cela signifie que la couverture forestière en Bolivie est passé de 58% en 1990 à 51% en 2015.

L’ancien ministre de l’Environnement et de l’eau, Alexandra Moreira, a déclaré dans un rapport en 2016 qu’  « entre 1976 et 2000, la Bolivie a souffert de la perte de 3,7 millions d’hectares de forêts et aujourd’hui, nous perdons une moyenne de 219 000 hectares par an », c’est-à-dire une estimation plus optimiste que les précédentes, mais tout aussi inquiétante.

Les départements de Pando et Santa Cruz ont été identifiés comme responsables de la plus grande déforestation subie par le pays, une situation qui est principalement concentrée dans la zone des basses-terres où il y a une couverture forestière.

Une étude menée par des experts Lykke E. Andersen, Anna Sophia Doyle et Martha Kornacka fait remarquer que, même si le département de Santa Cruz est responsable de 75% de la déforestation sur la période 1990-2010 en raison de la production de soja et la récente l’expansion de l’activité d’élevage, la déforestation par habitant (par personne) est beaucoup plus élevée dans le département de Pando.

L’Autorité forestière (ABT) a signalé qu’en Bolivie, 33% de l’augmentation de la déforestation dans le département de Santa Cruz a été enregistrée en 2016, ce qui représente actuellement 84% de la superficie déboisée.

Environ un tiers de la surface de la planète est couverte de forêts. Ce pourcentage diminue lentement, notamment en raison de la déforestation des forêts tropicales.

Parmi les pays qui déboisent le plus dans le monde, on trouve le Brésil, qui a perdu 53 millions d’hectares au cours de la période 1990-2015; l’Indonésie (28 millions d’ha); Le Nigeria, le Myanmar et la Tanzanie, 10 millions d’hectares chacun; ainsi que la Bolivie et l’Argentine (8 millions d’hectares chacun sur cette période)