« Le Gouvernement de la République bolivarienne du Venezuela condamne l’agression continue du régime des États-Unis qui a prolongé l’ordre exécutif présentant le Venezuela comme une menace inhabituelle et extraordinaire contre la sécurité des États-Unis », a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué, selon le réseau de télévision Telesur. Une déclaration qui fait suite à la décision de Donald Trump de prolonger le 2 mars « l’urgence nationale » (pour une durée d’un an) instaurée par son prédécesseur, B.Obama, contre le gouvernement de Caracas.

Le gouvernement vénézuélien a dit que le seul but de la décision de Trump est  « de promouvoir et justifier le renversement du gouvernement constitutionnellement élu et légitime du président Nicolas Maduro ».

« Le régime américain a l’intention de se présenter comme une victime alors que le monde entier le reconnaît comme un grand persécuteur. Washington assume l’agression comme raison d’État et a transformé le monde en un lieu de jour de plus en plus précaire, ce qui représente une menace réelle pour la paix et la sécurité internationale », ajoute le communiqué.

Le chef d’État nord-américain Trump a rappelé de son côté que l’administration de Barack Obama avait adopté ce statut « d’urgence nationale », il y a trois ans, pour répondre à  « l’érosion (…) des droits de l’homme », à « la persécution des opposants politiques » et à la « corruption importante au sein du gouvernement vénézuélien ».

Le nouveau président américain a durci le régime des sanctions contre le gouvernement de Maduro et envisage la mise en place d’un embargo sur le commerce du pétrole vénézuélien, en réponse à la décision du gouvernement Maduro d’organiser une élection présidentielle en mai prochain en muselant la participation de l’opposition, une décision qui fragiliserait un peu plus encore l’économie à bout de souffle du pays sud-américain.

https://www.whitehouse.gov/presidential-actions/executive-order-presidents-continuation-national-emergency-respect-venezuela/

Interrogée jeudi dernier sur la possibilité pour Washington d’appliquer un embargo sur le pétrole, la porte-parole du département d’État Heather Nauert a déclaré que le gouvernement Trump évaluait toutes les options.

« Nous examinons toutes les options pour restaurer la démocratie au Venezuela, y compris les sanctions individuelles et potentiellement financières », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse.

Les États-Unis sont le principal client du Venezuela, qui tire 96% de ses revenus du brut et dont l’industrie est confrontée à une forte baisse de la production et à des difficultés financières.

Selon l’Agence américaine de l’énergie, elle a reçu du Venezuela environ 600 000 barils par jour en 2017, ce qui équivaut à un tiers des ventes du pays sud-américain. En cas d’embargo, Washington pourrait avoir le Mexique et le Canada comme « principaux » substituts, d’autant que les importations en provenance du Venezuela sont en baisse. En effet, il y a eu une diminution de 100 000 barils par jour en janvier 2018.

8 % des achats de pétrole brut aux États-Unis proviennent du Venezuela, les sanctions du gouvernement de Donald Trump pourraient se manifester de deux façons selon James Williams, de la WRTG Economics : limiter les achats de pétrole brut ou freiner les ventes de brut léger puisque le Venezuela a importé des États-Unis environ 160 000 barils par jour de brut léger, des barils que le pays sud-américain pourrait obtenir de l’Algérie ou le Nigeria, mais à un coût plus élevé, note l’expert Orlando Ochoa.

Le décret autorise également le Département du Trésor à imposer des sanctions contre ceux qui ont commis des « actions ou politiques malmenant les processus ou les institutions démocratiques » ou ont commis des violations des droits de l’homme lors des manifestations au Venezuela.

« Les circonstances décrites dans l’ordre exécutif 13692 et 13808 ne se sont pas améliorées et continuent de présenter une menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale et la politique étrangère américaine », a ajouté D.Trump pour justifier sa prise de position.

La déclaration d’une « urgence nationale » est un outil que le président des États-Unis possède pour appliquer des sanctions contre un pays dans certaines circonstances, ce qui lui permet d’aller au-delà de ce qui a été approuvé par le Congrès.

Le décret a été publié pour la première fois le 8 mars 2015 par le président Barack Obama puis il a été prolongé en 2016 et 2017, le 24 août 2017, le président Donald Trump a pris des mesures supplémentaires concernant cette déclaration d’urgence nationale. Trump a soutenu le renouvellement de l’ordre exécutif en raison d’une exacerbation des circonstances qui ont conduit à la première déclaration, y compris « les violations graves contre les droits de l’homme et les libertés fondamentales, l’aggravation de la crise humanitaire, l’installation d’une Assemblée nationale constituante illégitime (ANC), la corruption publique illimitée, la répression et persécution des dissidents ».