Wikipédia
Pico de Orizaba

Une découverte fascinante a été rapportée par les archéologues de l’Institut national d’anthropologie et d’histoire du Mexique (INAH), des traces d’une présence humaine remontant à l’époque pré-hispanique ont été mises au jour sur les hauteurs du volcan mexicain appelé Pico de Orizaba, la plus haute montagne du pays surplombant la vallée de Puebla-Tlaxcala. Ce lieu difficile d’accès pourrait correspondre selon les experts à un ancien centre cérémoniel.

L’INAH a rapporté que des céramiques décorées et des objets en pierre ont été trouvés ainsi que des restes d’ardoise, de petits couteaux et des pointes de flèches en obsidienne grise.

Dans un communiqué, les scientifiques font mention du « site cérémoniel le plus grand de ce point culminant » et il pourrait remonter à une période classique ou classique tardive de la Méso-Amérique, soit une datation comprise entre l’année 200 et 900 après Jésus-Christ.
L’enceinte quadrangulaire retrouvée à cet endroit qualifié de « Poyauhtlan » par fray Bernardino de Sahagún (1500-1590), le célèbre missionnaire franciscain espagnol, (ce qui en langue native nahuatl signifie “lieu où les nuages deviennent légers”), s’étend sur une superficie générale de 1188 mètres carrés et l’on distingue des murs de 35 m de long en moyenne, un lieu oublié et perché à 4 230 m au-dessus du niveau de la mer, les vestiges sont situés sur la pente ouest du volcan, entre les États de Veracruz et Puebla.

Cet espace aurait été utilisé pour les rituels adressés à la divinité de la pluie à l’instar du site cérémoniel situé au sommet du mont Tlaloc.
En 2005, grâce à une photographie aérienne, l’archéologue et spéléologue, Ismael Arturo Montero García, membre du projet de recherche sur « l’Axe, l’étude, la conservation et la restauration du patrimoine culturel et écologique des volcans » a d’identifié une structure sur le versant occidental du Pico de Orizaba.

L’INAH a expliqué que cette structure mise au jour « pourrait correspondre à un temple préhispanique avec un possible usage d’observation astronomique et une fonction rituelle appelée tetzacualco, aussi présente à Iztaccihuatl, Popocatepetl et au mont Tlaloc ». L’Iztaccihuatl est la troisième montagne la plus haute du Mexique après le pic d’Orizaba (5 636 m ) et le Popocatépetl (5 452 m ).

Le spécialiste Arturo Montero García a conclu que si les chercheurs parvenaient à distinguer au moins la présence d’un Tetzacualco (instrument architectural d’observation astronomique) au Pico de Orizaba, la fonction théologique de la montagne serait plus pertinente
Ce n’est qu’en 2017 que les chercheurs ont escaladé le volcan d’Orizaba, situé dans la cordillère néovolcanique, il est connu aussi sous le nom nahuatl de Citlaltépetl (faisant référence à la neige recouvrant le sommet et qui est visible toute l’année à des kilomètres à la ronde) pour vérifier l’image satellite prise quelques années plus tôt, c’est alors qu’a été découvert ce site archéologique, dont les investigations sont toujours en cours.
« Le système constructif est basé sur des rangées de pierres de basalte et de tezontle [roche rouge d’origine volcanique], qui à première vue n’ont que la terre comme ciment », ont déclaré les chercheurs.

Au cours de l’exploration, de nombreux matériaux céramiques ont été trouvés à la surface, avec des formes similaires à celles des phases Xolalpan (350 – 550 après J.C), Metepec et de type Coyotlatelco. En ce qui concerne les objets lithiques, des restes d’ardoise, de petits couteaux et de flèches d’obsidienne (roche volcanique foncée) grise ont été trouvés, certaines ont subi tant d’intempéries au cours des siècles qu’elles offrent une tonalité presque blanche.
Ce site ne se situe pas sur le parcours habituel des randonneurs et des alpinistes qui visitent la région attirée par l’imposant pic de neige du Pico de Orizaba situé dans une zone naturelle protégée.

Les représentants de la culture Toltèque se sont établis entre 650 et 700 apr. J.-C. dans la région où se trouve le Pico de Orizaba et ont vraisemblablement eu recours aux montagnes comme lieux de culte.