Suite à la décision du président nord-américain de renforcer la sécurité à la frontière avec le Mexique, l’État américain du Texas a déployé des membres de la Garde nationale, ainsi le secrétaire à la Défense, James Mattis, a affirmé dans une déclaration conjointe vendredi avec la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kirstjen Nielsen : « Ce soir, les troupes de la garde nationale sont déployées pour soutenir les missions de sécurité frontalière ».
Nielsen a fait part de la volonté du leader américain de « contrôler les entrées illégales dans le pays » afin de veiller au « respect la souveraineté nationale » des États-Unis.

Ce sont 250 hommes qui ont été envoyés pour patrouiller dans la région, a précisé un porte-parole de la Garde nationale alors que l’Arizona prévoit également de déployer 150 soldats la semaine prochaine. Le lieutenant-colonel Travis Walters a déclaré que les 250 soldats «représentent seulement un premier flot, avant de pouvoir envoyer rapidement des renforts ».

Le gouverneur d’Arizona, Doug Ducey, comme celui du Texas, Greg Abbott, ont salué la décision de Trump en évoquant une mesure « nécessaire » pour arrêter le « flux massif » de migrants illégaux dans le pays et « maintenir la sécurité de leurs communautés ».
Les États du Nouveau-Mexique et de Californie ont été invités à prendre des mesures similaires à celles du Texas et de l’Arizona, mais n’ont pas encore manifesté leur choix sur la question.

(Vidéo du 04/04/2018)

Le gouverneur de Californie, Jerry Brown, le seul démocrate parmi les quatre gouverneurs des entités frontalières du Mexique, pourrait avoir une position différente de celle de ses homologues républicains.
L’opinion des gouverneurs est importante, car le corps de volontaires de la Garde nationale est sous le contrôle des états, bien que le président puisse les placer sous son commandement dans des situations exceptionnelles.

Ce déploiement répond à la volonté de Donald Trump exprimé mardi dernier, selon laquelle il annonçait l’envoi de 4 000 soldats pour sécuriser la frontière avec le Mexique jusqu’à ce que le mur, source de polémique et projet phare de la campagne présidentielle du chef d’État américain, soit érigé.

Donald Trump annonce qu’il enverra des militaires américains pour garder la frontière avec le Mexique jusqu’à ce qu’un « grand et magnifique mur » soit levé, par ailleurs le président a également menacé le Mexique ces derniers jours, en affirmant que l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA ou ALENA) serait remis en question à moins que le mouvement des migrants de l’autre côté de la frontière ne soit stoppé.

Parmi les sources de discorde motivant sa prise de position, Trump a fait mention il y a quelques jours de la « Caravane des réfugiés 2018 », une mobilisation de plus de 1200 migrants d’Amérique centrale se dirigeant vers le nord du Mexique pour faire part de la condition tragique des migrants avec le but d’arriver à  la frontière avec les USA. Organisé par une association humanitaire appelée Pueblos sin fronteras, le mouvement parti du Guatemala a finalement renoncé à sa destination finale.

(Vidéo du 04/04/2018)

C’est néanmoins cette démarche qui a motivé Trump à militariser la frontière avec le Mexique : « Jusqu’à ce que nous puissions avoir un mur et une sécurité adéquate, nous allons protéger la frontière avec l’armée », a déclaré M. Trump à la Maison Blanche mardi dernier, déplorant ce qu’il appelle « d’horribles » lois américaines qui laissent la frontière sud sans protection.
Mercredi, Trump a déclaré sur Twitter: « Nos lois frontalières sont très faibles alors que celles du Mexique et du Canada sont très fortes, le Congrès doit changer ces lois et d’autres de l’ère Obama MAINTENANT. »

Pour sa part, le président du Mexique, Enrique Peña Nieto, a condamné les déclarations de Donald Trump en évoquant la frustration de son homologue concernant sa politique intérieure et son besoin de rejeter la faute sur son pays ajoutant qu’il ne tolérerait pas « un manque de respect » du pays voisin.

Trump n’est pas le premier président américain à envoyer des renforts à la frontière avec le Mexique: en 2006, George W. Bush avait ordonné le déploiement d’environ 6 000 membres de la Garde nationale, et Barack Obama avait à son tour envoyé, en 2010, 1200 soldats du même corps pour accroître la surveillance à la frontière.

La loi américaine interdit l’utilisation de l’armée pour des tâches de sécurité et d’ordre public au niveau national, de sorte que la garde nationale aura un rôle limité et ne sera pas en mesure d’arrêter les immigrants arrivant dans la zone frontalière.

La Garde nationale devrait aider les agents des frontières dans leurs tâches de «détection aérienne, transport, réparation du mur frontalier et soutien logistique», a déclaré le Bureau des douanes et de la protection des frontières (CBP) à l’agence Efe.