Fleuve Cauca, Colombie

Le risque d’effondrement de la centrale hydroélectrique d’Hidroituango, en raison de défaillances structurelles et de l’augmentation du débit du fleuve Cauca qui l’alimente (en raison des fortes pluies) menace toujours les habitants, ainsi près de 24 000 personnes ont été préventivement évacuées de trois villages. Le projet hydroélectrique, considéré comme le plus grand de l’histoire de la Colombie, est situé dans le département d’Antioquia et sa construction a commencé en 2010, il vise à générer 2 400 mégawatts, soit 17% de la demande en électricité du pays sud-américain.

Environ 200 000 personnes vivant dans plus de 12 villages et hameaux (dans les départements d’Antioquia, Bolívar, Córdoba et Sucre) pourraient être touchées par une inondation engendrée par la possible rupture de la digue d’Hidroituango.

Près de 1600 ouvriers sont à l’oeuvre 24h sur 24 pour éviter cette catastrophe au péril de leur vie, leur objectif est de relever une digue de contention à hauteur minimum de 410 mètres et plus, afin que le surplus d’eau puisse être évacué par la conduite latérale d’évacuation des crues. En cas d’échec, tout pourrait s’effondrer, un scénario catastrophe que les autorités cherchent à éviter à tout prix.

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Une mission de quatre experts du Bureau de l’environnement des Nations Unies (ONU) accompagne l’intervention d’urgence à la centrale hydroélectrique :

« Nous avons demandé aux Nations Unies de nous soutenir avec ce groupe d’experts en intégrité géotechnique pour tout ce qui a trait à la condition géologique; et aussi, avec des experts en sécurité des barrages », a détaillé le ministre de l’Environnement, Luis Gilberto Murillo.

Les experts de l’ONU doivent procéder à une évaluation qui permettra de déterminer la marche à suivre une fois que la situation d’urgence liée à la crue soudaine de la rivière Cauca, deuxième fleuve du pays, appartiendra au passé. La mission internationale se déroulera du mardi 22 mai au 3 juin.

« Sur la base de cette analyse, les experts fourniront une série de recommandations qui pourront être prises en compte dans les processus de stabilisation du projet. Ils sont spécialistes en barrages, en conceptions hydroélectriques, en gestion des ressources en eau et, fondamentalement en questions environnementales », a expliqué Jairton Díez Díaz, directeur de la gestion intégrale des ressources en eau du ministère.

Les services publics de Medellín (EPM), la société en charge du projet, ont déclaré que le débit est «modéré», mais que la quantité d’eau est suffisante pour que le fleuve Cauca atteigne des niveaux dangereux.

L’Unité nationale de gestion des risques et des catastrophes (UNGRD) a ordonné l’évacuation de Puerto Valdivia, Puerto Antioquia, et les municipalités de Caceres et Tarazá, qui seraient noyées en 10 minutes à deux heures selon les lieux.

Comme l’a assuré le gérant d’Empresas Públicas de Medellín (EPM), Jorge Londoño, ce mardi, en conversation avec le président de la République, Juan Manuel Santos, qui s’est rendu dans la région, et avec le directeur de l’Unité nationale de gestion des risques et catastrophes, Carlos Iván Márquez, une fois le niveau 410 atteint, l’alerte pesant sur les municipalités les plus proches pourrait passer du rouge à l’orange.

Pour sa part, Londoño a aussi déclaré que le plus important en atteignant cet objectif consiste en la protection des communautés, car elle réduit tout risque que le réservoir dépasse le niveau du barrage, avec des conséquences catastrophiques.

Des dizaines de victimes de la catastrophe environnementale causée par le projet hydroélectrique Hidroituango, de Empresas Públicas de Medellín, Colombie (EPM) ont dénoncé mercredi la situation d’hygiène précaire au sein des abris temporaires installés dans des zones de sécurité. De nombreuses communautés s’opposent à ce projet de barrage, elles font entendre leur voix avec le mouvement écologiste Rios Vivos qui dénoncent les ravages de cette construction sur l’environnement.

Au cours des dernières heures, 14 nouveaux refuges ont été ouverts dans les municipalités de Valdivia et Tarazá pour accueillir toute la population évacuée. De cette manière, il existe déjà 28 refuges coordonnés par les entités du système, dont 13 à Valdivia, 14 à Tarazá et un dans la municipalité de Cáceres.

« Comme les conditions météorologiques s’améliorent au cours de la journée, la tâche principale sera d’atteindre l’objectif de 410 mètres sur toute la longueur, environ 480 mètres. Il est important de se rappeler que le niveau de 410 est le minimum requis pour mettre en fonction les déversoirs et contrôler la gestion de l’eau dans le barrage », a déclaré l’entité.

Des spécialistes émettent l’hypothèse que des erreurs d’ingénierie et de planification ont été commises, ils évoquent aussi une probable politique de moindre coût dans la réalisation de l’ouvrage, ce qui expliquerait cette situation critique. Mais à l’heure actuelle, les causes précises de ce chantier en péril ne sont pas pleinement identifiées.

( Vidéo du 22/05/2018)