Cuba, Cienfuegos

Les fortes pluies et les inondations associées au passage de la tempête subtropicale Alberto ont fait quatre morts mardi sur l’île de Cuba, ainsi que des milliers de personnes évacuées, les intempéries ont également provoqué l’effondrement d’un pont et l’arrêt d’une raffinerie.

La tempête, dont l’œil a pris la direction du sud-est des États-Unis, s’est formée vendredi dans les Caraïbes, avant qu’une saison agitée, communément qualifiée « de saison des ouragans », ne débute le 1er juin dans la région. Les pluies ont principalement frappé le centre et l’ouest de Cuba. Selon les autorités, dans les provinces centrales de Cienfuegos, Sancti Spíritus et Villa Clara, plus de 40 000 personnes ont été évacuées par mesure de précaution, mais une amélioration des conditions météorologiques est en cours.

À Villa Clara, plus de 24 000 personnes ont été déplacées en lieux sûrs; à Cienfuegos, 9 000 résidents ont été évacués; à Sancti Spiritus et Matanzas ce sont respectivement 15 000 et 6 000 qui ont quitté leur foyer pour se mettre à l’abri.

Plusieurs rivières de Cienfuegos ont débordé. Certains quartiers côtiers ont été atteints par l’eau, les réservoirs de la province ont même dépassé leur capacité.

De source officielle, parmi les victimes; on déplore le décès d’un agriculteur de 77 ans, qui a tenté de traverser la rivière en crue, Río Caña, dans la ville de Trinidad, se trouvant dans la province de Sancti Spíritus (centre du pays). « Nous déplorons quatre morts, tous pour imprudence », a déclaré mardi le ministre de l’Intérieur, Julio César Gandarilla, lors d’une réunion organisée par le président Miguel Díaz-Canel pour évaluer les dégâts et prendre les décisions adéquates pour répondre aux besoins.

« Il faut travailler, encourager la population, sortir de tout cela. La vie nous dit qu’avec les problèmes liés au changement climatique, ces phénomènes seront de plus en plus fréquents, nous devons donc nous préparer et avoir les moyens d’y répondre », a affirmé Diaz-Canel.

Bien que les chiffres définitifs ne soient pas encore connus, des dégâts ont été signalés dans 544 foyers des zones impactées par la tempête, dont 84 sont en état d’effondrement total, près de 44 000 foyers ont été privés d’électricité et il y a eu des interruptions sur le réseau téléphonique. L’eau a affecté environ 7 000 hectares de cultures dans les provinces du centre, où une grande partie de la production de fruits et légumes de l’île est concentrée ( les cultures de maïs, manioc, haricot, riz et pommes de terre sont parmi les plus endommagées). 600 hectares de tabac ont aussi été altérés dans un pays où l’exportation de cigares constitue un secteur majeur de l’économie nationale.

Le chef d’État, Miguel Díaz-Canel et ses ministres « ont analysé une situation complexe » et pris des mesures pour venir en aide aux habitants des zones endommagées. Seulement à Sancti Espíritus plus d’un millier de maisons ont été affectées.

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De fortes pluies sont tombées sur La Havane, mais visiblement aucun dégât à déplorer selon un bulletin officiel.

Bien que les fortes pluies se soient apaisées ces dernières heures, il reste des rivières, des ruisseaux, des canaux et des ravines dangereuses, a déclaré Rolando Escobar, président du Conseil de défense de Trinidad. Certains barrages ont dépassé leur niveau de stockage et ont dû rejeter de l’eau, à Sancti Spíritus, le puissant courant de la rivière Zaza a effondré un pont construit en 1984.

La raffinerie de pétrole de Cienfuegos, fleuron de l’économie cubaine, a interrompu ses travaux en raison de l’inondation de son bassin de traitement des déchets. En 2017, 8 millions de barils de pétrole ont été traités sur ces lieux, selon les chiffres officiels. « L’arrivée d’eau a été tellement importante, que cela a surpassé les murs de la piscine de résidus et celles du basin d’eau propre, au point qu’elles se mélangeaient », a expliqué Hemenegildo Montalvo, directeur général de la raffinerie.

Au moins 12 000 mètres cubes d’«eau huileuse» se sont échappés du réservoir vers la baie, selon des informations cubaines. Le ministre de l’Énergie et des Mines, Alfredo Lopez, a rapporté qu’à l’heure actuelle les piscines ne sont plus déversées dans la baie.

Par ailleurs, après 48 heures de suspension des communications avec le reste du pays, le transit le long de la route nationale, qui dessert les provinces centrales, a été rétabli « après un examen technique exhaustif » et un « abaissement du niveau de l’eau », des propos tenus par Heriberto López, responsable du réseau routier de Villa Clara cité par le journal d’État Granma.

La semaine dernière, l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) a annoncé qu’il y aura entre 10 à 16 tempêtes cette année (la première d’entre elles, Alberto), dont 5 à 9 d’entre elles qui pourraient devenir des ouragans. Certains pourraient dépasser la catégorie 3 (avec des vents de plus de 180 kilomètres par heure), sur une échelle de maximum 5.

En 2017, une série d’ouragans dévastateurs connus sous les noms d’ Harvey, Irma et Maria ont dévasté la région ôtant la vie à des centaines de personnes et engendrant des milliards de dollars de dégâts dans les Caraïbes et dans le sud-est des États-Unis.