L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) aidera la Bolivie à obtenir des ressources du Fonds vert pour le climat afin d’améliorer la résilience de l’agriculture aux changements climatiques dans le bassin de la rivière Yapacaní.

La volonté affichée est de fournir les moyens aux producteurs agricoles d’atténuer l’impact du changement climatique dans le bassin de la rivière Yapacaní, située dans le département du Santa Cruz, une région où l’agriculture règne.

Lors d’une réunion au siège de l’organisation à Rome, le directeur général de la FAO, José Graziano da Silva, et le président sud-américain, Evo Morales, ont avancé dans le développement d’un projet commun qui sera présenté à la fin de l’année au Fonds vert, le but est d’obtenir une enveloppe de 250 millions de dollars pour faire face aux effets du changement climatique sur le territoire national en développant l’irrigation.

Les pays touchés par le changement climatique peuvent accéder à leurs fonds sous forme de dons pour des projets sociaux tels que la construction de puits ou de citernes, ou de prêts dans le cas de projets plus complexes tels que des systèmes d’irrigation  des financements qui peuvent être directs ou accordés par des organismes d’exécution accrédités.
Evo Morales a également fait part au Directeur général de la FAO de sa volonté de lancer un programme de bourses d’études sur le terrain afin que les jeunes Boliviens puissent être formés aux techniques complexes de l’irrigation.

Morales a remercié Graziano da Silva et l’équipe de la FAO pour leur «vision visant à garantir de la nourriture pour les peuples du monde».

Le Fonds vert pour le climat est un mécanisme de financement de l’Organisation des Nations unies, rattaché à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Son but est de permettre le transfert de fonds des pays les plus avancés à destination des pays les plus vulnérables afin de mettre en place des projets pour lutter contre les effets dévastateurs du changement climatique, c’est en décembre 2009 que les États réunis à Copenhague ont pris l’initiative d’ un « Fonds climatique vert de Copenhague » destiné à soutenir différents projets comme la lutte contre la déforestation et l’adoption de mesures d’adaptation aux conséquences du changement climatique.

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Morales a souligné les efforts de Graziano et a souligné sa volonté de continuer à travailler pour réduire la pauvreté en Bolivie en garantissant, entre autres, la production alimentaire avec des projets d’irrigation « l’irrigation c’est l’eau et l’eau, c’est plus de terre avec une production de nourriture suffisante pour les gens et c’est pourquoi (nous exigeons) ces projets », a-t-il soutenu.

Dans le passé, le président d’origine Aymara avait alerté sur le fait que les hauts plateaux boliviens étaient victimes du réchauffement climatique en évoquant l’assèchement spectaculaire du lac Popoo qui avait marqué les esprits l’année 2017.

La Bolivie est considérée comme le deuxième pays le plus vulnérable d’Amérique du Sud et le cinquième pays le moins préparé à combattre les dommages causés par le changement climatique alors qu’il est l’un des pays les plus exposés au phénomène du réchauffement climatique.
Un rapport publié par l’Union européenne des géologues, basé sur des études menées par le Service géologique des États-Unis et la NASA, révèle qu’entre 1986 et 2014, les glaciers boliviens ont été réduits d’au moins 530 kilomètres, soit une perte de 43%. Ces données confirment la situation d’urgence vécue par les Boliviens.

Le président Evo Morales ne cesse de clamer que le changement climatique est un problème mondial et que les investissements dans les projets éoliens, les barrages et le forage de puits sont fondamentaux.

Des moyens ingénieux ont déjà attiré l’attention pour faire face aux aléas du climat comme les Walipinis, des sortes de serres qui passent inaperçues dans le climat extrême de l’Altiplano bolivien, mais, sous terre, elles cachent des jardins nourriciers, des petits paradis verdoyants au cœur d’un paysage désolé. Ces constructions conçues il y a environ 25 ans par travailleur humanitaire suisse, Peter Iselli, parviennent à créer à l’intérieur une bulle de température douce et constante pour planter des fruits et légumes. Ses murs de terre souterrains aident à retenir la chaleur et l’humidité, ce qui minimise la consommation d’eau, une ressource très rare dans cette région du monde.

Des exemples qui témoignent que certaines alternatives sont possibles pour s’adapter et faire face à une Nature qui se rebelle et qui ne permet plus une exploitation irraisonnée.