On les appelle « indigènes isolés » ou encore « indiens non contactés », ils peuplent la forêt amazonienne loin de tout et de tous et ignorent volontairement le monde extérieur, ce sont des images capturées par un drone de la célèbre FUNAI qui viennent de réaffirmer leur existence aux yeux du monde.

La fondation gouvernementale brésilienne (Fondation nationale de l’Indien), qui élabore et applique les politiques relatives aux peuples indigènes, a localisé l’une des dernières tribus indigènes isolées dans les profondeurs de la forêt amazonienne, c’est un petit village au sein duquel vivent environ 16 personnes, dont les ethnologues ignorent même la langue avec laquelle ils échangent entre eux.

Les membres de la fondation ont dû parcourir à pied plus de 120 kilomètres à travers une végétation dense et inhospitalière, après avoir effectué 180 km (essentiellement par voie navigable), pour parvenir à localiser ces natifs, sur les images divulguées on y voit les membres d’une communauté isolée marchant à travers une vaste clairière dans la vallée de la rivière Javary, près de la frontière avec le Pérou.

Aucune des personnes détectées par le drone ne semble remarquer cet objet volant au-dessus des arbres qui les entourent. La vidéo a été enregistrée en 2017, mais elle vient seulement d’être diffusée par la FUNAI, alors que l’organisation a pénétré une zone d’accès difficile dans le sud-ouest amazonien où l’on répertorie plusieurs tribus isolées.

L’expédition, qui vise à « protéger les Indiens isolés », a été assistée par des membres du peuple Kanamari, qui connaissent très bien la région.

En plus de la vidéo, la Funai a également partagé des photographies dévoilant différents objets construits par les natifs tels que des pirogues et des huttes.

Au cours de son exploration, la FUNAI a également confirmé avoir trouvé des preuves que la région est fréquentée par des chasseurs et des propriétaires de fermes qui envahissent en toute illégalité des territoires réservés aux peuples autochtones.

Il incombe aux autorités de garantir aux peuples isolés le plein exercice de leur liberté et de leurs activités traditionnelles, en prenant les mesures nécessaires pour protéger ces peuples, par exemple ces communautés pourraient être entièrement décimées par des maladies occidentales contre lesquelles ils ne possèdent aucune immunité, c’est pourquoi tout contact peut avoir des conséquences dramatiques.

« La surveillance et le contrôle devraient être intensifiés dans la région pour empêcher l’action des délinquants et assurer la pleine possession du territoire par les populations autochtones », a déclaré Vitor Góis, coordinateur du travail de la Funai.

Ce même organisme a révélé le mois dernier des images de celui qui serait le seul survivant d’un village dévasté en Amazonie brésilienne. L’homme vit sur Tierra Indígena Tanaru, dans l’état de Rondonia (à la frontière avec la Bolivie), il a sans doute passé 22 ans errant seul dans la forêt après que son peuple ait succombé à des assauts de violence menés par les éleveurs et les exploitants forestiers.

Dans la vidéo en question, on découvre un homme à moitié nu, âgé d’une cinquantaine d’années, apparemment en bonne santé, essayant d’abattre un arbre vigoureusement. Cette scène aussi bouleversante qu’insolite a été enregistrée en 2011, mais n’avait pas encore été diffusée.

En raison de preuves retrouvées cette année, les autorités pensent que cet individu est toujours en vie. Altair Algayer, chef de l’équipe de la FUNAI, a déclaré au sujet de cet individu : « Cet homme, qu’aucun de nous ne connaît et qui a presque tout perdu, y compris le reste de son peuple, prouve qu’il est possible de survivre et de résister au contact. Je pense qu’il se porte mieux ainsi que s’il avait établi un contact. »

La situation de ces populations isolées inquiète les spécialistes qui mettent en garde contre les attaques et les pressions exercées par l’industrie agroalimentaire et minière pour s’approprier les terres ancestrales, une déforestation dramatique pour l’environnement et des natifs démunis devant ces agressions extérieures qui n’ont pas lieu d’être.

Plus de 800 000 autochtones appartenant 305 groupes ethniques vivent au Brésil, un pays de plus de 208 millions d’habitants, selon les données officielles.

Les membres des ces tribus se cachent de la société actuelle en raison d’attaques qu’ils ont subies lorsqu’ils ont été contactés dans le passé.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a également déclaré : « Les peuples non contactés ne sont pas les reliques primitives d’un passé révolu. Ils vivent ici et maintenant. Ils sont nos contemporains et représentent une part essentielle de la diversité de l’humanité, mais courent à la catastrophe, à moins que leurs territoires ne soient protégés ».