Toujours désireux de récupérer un patrimoine culturel sorti du territoire illégalement, le Pérou a une nouvelle fois atteint ses objectifs en rapatriant 1700 biens, dont des pièces archéologiques, en provenance d’Amérique (Argentine, États-Unis, Colombie, et Équateur), mais aussi du Royaume-Uni, de Suisse, de Hollande et de Suède. Des œuvres qui ont finalement regagné leur pays d’origine après de longues procédures, parmi les pièces en question, on peut citer 500 objets archéologiques ayant appartenu à différentes cultures préhispaniques (Nazca, Mochica, Chancay, Huari et Inca, entre autres), des précisions données par le ministre péruvien des Affaires étrangères, Nestor Popolizio, lors de la cérémonie de présentation.

Parmi les pièces les plus marquantes, on peut citer un métier à tisser de la civilisation Moche qui a évolué sur la côte nord du Pérou entre le IIe et VIII siècle, un témoignage du passé précolombien jusque-là conservé au Musée Ethnographique à Leiden (Pays-Bas).

Une autre autre oeuvre majeure a été mentionnée par les autorités péruviennes, il s’agit d’une peinture religieuse nommée « Création d’Ève », une pièce dérobée dans une église de la région centrale de Junin en 1991, un autre tableau, témoignage de l’école picturale de Cuzco pendant la période coloniale, a aussi regagné le pays sud-américain.

Ce lot de pièces rapatriées a été livré hier, 20 septembre, par le ministère des Affaires étrangères au ministère de la Culture, responsable de la conservation de ces biens historiques. Le ministre Popolizio espère que ces pièces pourront être exposées prochainement au nouveau Musée archéologique national en cours de construction dans la capitale du pays, Lima, un édifice spacieux louant le patrimoine national qui émergera en marge de la commémoration du Bicentenaire de l’indépendance du Pérou (28 juillet 1821). « Montrer de manière très concrète notre identité millénariste, multiculturelle et multiethnique », voilà l’objectif  revendiqué par le ministre.

Le président de la République, Martín Vizcarra (avec la ministre Patricia Balbuena, vice-ministre du Patrimoine culturel, Luis Felipe Villacorta; et le vice-ministre des Transports, Carlos Estremadoyro) a justement inspecté fin août la construction du nouveau Musée national d’archéologie du Pérou dans le quartier de Lurin, au sud de Lima .

Ce nouveau musée sera le plus grand et le plus moderne du Pérou et l’un des plus importants d’Amérique latine, il rassemblera environ 500 000 pièces archéologiques du Pérou préhispanique et contemporain. Le célèbre anthropologue et archéologue péruvien Luis Lumbreras a déclaré que le musée contribuera de manière significative à susciter l’intérêt du plus grand nombre pour la culture :« Le tourisme étranger favorise l’entrée de devises et complète ce processus, mais le plus important c’est notre peuple. Valorisez ce que nous sommes. C’est à cela que sert notre projet, pour créer conscience de ce que nous sommes ».

Grâce à ses dimensions, le musée pourra recevoir jusqu’à 15 000 visiteurs par jour et pourra accueillir toutes les collections muséographiques du Pérou », a déclaré la ministre Balbuena, ajoutant ce lieu sera « la principale destination culturelle de ce secteur de la capitale, une grande destination culturelle, éducative, scientifique et touristique ».

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Il convient de mentionner que le Musée national a pour vocation d’être représentatif de la richesse du patrimoine culturel péruvien, berceau de civilisations emblématiques et terre d’une diversité culturelle remarquable.

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Le ministre des Affaires étrangères a rappelé que le Pérou a récupéré depuis 2004 plus de 10 000 biens culturels qui étaient tombés entre les mains du trafic d’art clandestin : « Un travail constant de nos missions à l’étranger est de lutter contre les effets du trafic illicite des biens culturels, un réseau qui fonctionne dans le monde et affecte en particulier les pays de cultures anciennes comme le Pérou. Ces réseaux criminels sont similaires à ceux du trafic de drogue », a commenté Popolizio.

Grâce à ce long combat de restitution, le ministre a évoqué le retour emblématique d’un masque funéraire en or de la civilisation préhispanique Sicán, aussi connu sous le nom de civilisation de Lambayeque, un vestige rapatrié d’Allemagne après deux décennies de procédure judiciaire.